Par Jean Christophe Bataille - Novembre 2009
Futures défend l'idée que la croissance économique des pays developpés sera faible pendant de nombreuses années et qu'elle pourra éventuellement être à
nouveau négative pendant quelques trimestres. Nous sommes convaincu que l'occident vit une dépression économique prolongée et que nous allons assister à une transition majeure
faisant basculer le centre de gravité de l'activité mondiale, des pays développés vers les pays émergents.
Cette crise est, pour nous, par nature avant tout monétaire. Elle prend ses racines dans le maintien depuis 1998 de distorsions paritaires entre
les monnaies émergentes et les monnaies occidentales qui ont conduit à une désindustrialisation progressive et une croissance essentiellement basée sur le crédit en occident. Songeons que la
Chine est l'an prochain la deuxième puissance économique mondiale et que sa monnaie, le yuan, est totalement dévalorisée, à parité fixe avec le dollar, et qu'elle n'appartient pas encore au
système de change flottant.
L'acmé de cette crise a été matérialisée aux Etats-Unis par l'effondrement de la valorisation des titres de créances de type subprime et de leurs dérivés pris
massivement en défaut. L'action du deleveraging qui en a découlé aurait dû produire comme en 1930 aux USA ou en 1990 au Japon, une puissante poussée déflationniste revalorisant les monnaies des
pays endettés, abaissant le prix des actifs tangibles et faisant diminuer progressivement les prix à la consommation et les salaires. L'intervention massive et immédiate des banques centrales
après une baisse brutale des indices actions et une montée de l'aversion au risque a permis de reflater les actifs et de stabiliser IPC et salaires au prix d'une dévalorisation des monnaies
occidentales. Nous ne doutons pas que le désendettement des acteurs privés, la hausse de la fiscalité destinée à réduire les déficits accumulés pendant la crise entrainera les indices actions à
nouveau à la baisse en revalorisant temporairement les monnaies. Toutefois, il nous parait vraisemblable que l'expansion gigantesque des masses monétaires engagées dans la lutte contre les
pressions déflationnistes vont créer à l'occasion du découplage futur des pays émergents une inflation sans croissance ou stagflation alimentée par une hausse des matières
premières probablement plus importante que celle qui sévissait déjà avant la crise. Il nous semble en effet que le sous-investissement dans ce secteur s'est fortement aggravé durant la crise, que
certaines ressources non renouvelables ont atteint plus tôt que prévu leur pic de production et que la reprise des émergents à venir sera à l'origine d'une pénurie en particulier en matière
énergétique susceptible de génerer une forte inflation par les coûts.
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