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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 12:19

Par Jean Christophe Bataille

 

Immeuble-parisien.jpg

 

Ne tenez pas compte d'un indice officiel des prix qui vous donne pourtant près de 2 % d'inflation en pleine récession et qui estime que vous mangez tous les mois et achetez un écran plat tous les jours. N'oubliez pas que nous sommes en stagflation et que votre argent perd dans la réalité au moins 4 % de sa valeur par an. En cumulant ces pertes annuelles et en les composant sur une calculette financière, nous obtenons 33 % de dévalorisation de notre monnaie sur 10 ans. Ca devrait faire réfléchir les adorateurs de Friggit et ceux qui guettent des baisses immobilières qui finalement sont peu importantes et mettent beaucoup de temps à se manifester. La réalité est plutot un blocage du marché du fait de la crainte de l'érosion monétaire et de l'aggravation de la fiscalité des plus values qui dissuadent les vendeurs de se séparer de leurs biens. Vendre de l'immobilier pour détenir quoi ? Du cash ? C'est - 33 % assuré en 10 ans. De l'or ? Oui mais il a déjà beaucoup grimpé et il ne sert à rien (ca ne m'empeche pas d'en détenir pour 20 % de mon patrimoine depuis longtemps). Des actions ? Oui mais dans la perspective d'une stagnation durable de l'économie occidentale, on ne peut pas consacrer 100 % de ses avoirs en actions. Et pour ceux qui logent dans leur bien, quand la famille s'agrandit il faut bien acheter plus grand et le plus souvent plus cher. Cela explique parfaitement pourquoi l'immobilier ne s'effondrera pas. Je rappelle que les prix de l'immobilier sont aujourd'hui supérieurs à ceux de 2008 en France et que ceux qui n'ont pas investi dans la pierre ont déjà perdu 4 ans d'amortissement. Si la récession induite pas la politique fiscale de François Hollande arrive à faire baisser l'immobilier, il est loin d'être évident qu'on descende plus bas qu'en 2008. Autrement dit, tout ceux qui n'ont pas investi ces dernières années auront perdu une décennie d'amortissement.

Penser qu'en 2017, les prix immobiliers seront plus bas qu'aujourd'hui a bien peu de sens. Les injections monétaires ne font que reflater le prix des biens et, croyez moi sur parole, la monétisation et les taux bas vont perdurer encore longtemps ...

 

Bonne semaine !

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 17:40

Par Jean Christophe Bataille

 

http://graphics8.nytimes.com/images/2012/07/19/business/ECON/ECON-articleLarge.jpg

 

La récente hausse de 15 % des mises en chantier aux Etats-Unis est un indicateur indubitable du démarrage d'un nouveau cycle immobilier. Le deleveraging est terminé et l'activité dans ce secteur est à nouveau sur des rails. Ce n'est pas étonnant quand on connait la réactivité et le pragmatisme du pays. Les prix dans l'immobilier ancien sont en train de grimper et parler de déflation aux USA aujourd'hui n'a aucun sens. Le seul pays encore en déflation d'actifs dans le monde est l'Espagne qui a usé du refinancement hypothèquaire bien au delà de la raison alors qu'il dispose de peu de relais de croissance.

Le risque majeur en Amérique est désormais le fiscal cliff et le développement d'un sentiment d'insolvabilité de la dette souveraine si des mesures budgétaires comme celles qu'ont prises tous les pays d'Europe (à part peut être la France socialiste qui rechigne à couper dans ses dépenses publiques) ne sont pas votées. Le résultat pourrait être un affaiblissement du dollar contre beaucoup de monnaies dont l'euro.

L'issue de la période électorale US risque d'etre agitée sur les marchés obligataires et nous gardons précieusement nos lignes short sur le 20 ans américain qui constituent pour nous une assurance contre la hausse des taux.

Pour le reste nous restons positionnés sur les actions à hauteur de 15 % à 20 % du patrimoine en insistant sur les émergents, sur les matières premières et désormais un peu plus sur l'Europe qui est largement sous évaluée par rapport aux USA. Un recul est possible lorsque le VIX atteindra 14 mais il est impératif de posséder des actions dans l'environnement stagflationniste monétaire actuel.

L'immobilier à crédit et l'or constituent respectivement 50 % et 20 % du patrimoine. Les 10 % restants étant alloués à divers investissements comme, entre autre, les obligations émergentes en monnaie locale.

D'une façon générale, la croissance va rester lente et les monnaies vont continuer à se dévaloriser. Le Yuan a d'ailleurs atteint cette semaine un sommet contre dollar et euro. Ce mouvement a été anticipé sur Futures il y a déjà deux ans. Il ne peut que se poursuivre.

Bonne fin de semaine !

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 18:45

Par Jean Christophe Bataille.

 

 

http://i.telegraph.co.uk/multimedia/archive/02338/dollarprint_2338984b.jpg

 

 

Je lis souvent sur ObjectifEco ou dans La chronique Agora que les dettes sont en train d'augmenter avec la monétisation et qu'il s'agit d'une fuite en avant. Il n'y a pourtant rien de plus faux.

La monétisation est avant tout de la création de monnaie ex-nihilo sans aucune augmentation de l'activité économique puisqu'elle n'est pas issue de l'octroi de nouveaux crédits. Elle consiste à racheter des dettes sur le marché secondaire : obligations souveraines par la BCE dans le cadre de l'OMT, et rachat de crédits privés titrisés, dans le cas du QE3 de la FED.

Dire que ces opérations augmentent l'endettement n'a tout simplement pas de sens car le simple fait de créer de la monnaie à partir de rien augmente la masse monétaire de la devise concernée dans tous les rouages de l'économie. Cela dévalorise donc la monnaie et les dettes à taux fixe dans la stricte proportion de la création monétaire. On comprend parfaitement que plus il y a de monnaie pour évaluer la même quantité de biens ou la même quantité de dettes, moins cette monnaie a de la valeur. Il s'agit donc d'un désendettement en monnaie constante, et certainement pas d'une fuite en avant de l'endettement.

C'est tout le jeu des banques centrales de créer de l'inflation monétaire pour noyer la dette. Il ne s'agit en aucune façon de l'augmenter. Mais comme il y a toujours un payeur, ce désendettement se fait, il faut le rappeler, au détriment des créanciers.

La monétisation a un deuxième avantage pour l'économie, elle permet de maintenir les taux au plancher.  Les investisseurs rassurés par des banques centrales créancières en dernier ressort mais non prioritaires, n'hésitent plus à racheter de la dette primaire puisque le risque de défaut de paiement disparait. Cette baisse des taux évite la diminution trop forte de l'activité due au désendettement et augmente la capacité à rembourser des emprunteurs.

En revanche, noyer l'endettement avec de la création de monnaie n'a d'intérêt que si les emprunteurs font des efforts pour ne pas aggraver leur endettement. Pour les états, cela consiste à maitriser les déficits budgétaires par une rigueur indispensable. On me dira que c'est récessif mais on ne peut pas se désendetter en faisant de la croissance ! Ce serait trop facile. Les initiatives de Mario Draghi sont en la matière excellentes puisqu'elles subordonnent le rachat d'obligations et l'émission de monnaie à un contrôle strict du budget des pays concernés à travers le mécanisme du MES. De la même manière, les agences de notation américaines sont en train de menacer fortement les candidats à la présidence américaine de dégradation afin que ceux-ci mettent en place une vraie politique de rigueur budgétaire. Cette dernière associée à la monétisation a un objectif de désendettement inflationniste évident que les pouvoirs publics masqueront le plus longtemps possible par des indices des prix qui ne traduisent en aucune façon la réalité.


A l'inverse, les solutions prônées par les gens qui dénoncent une hypothétique fuite en avant consisteraient à ne pas intervenir. L'insolvabilité et la faillite des états en seraient la seule issue. Le deleveraging augmenterait la valeur de la monnaie et ne serait pas contré par de l'émission de monnaie. Les dettes se renchériraient. Les prix et les revenus baisseraient du fait de la diminution de la masse monétaire mettant rapidement les emprunteurs dans l'incapacité de rembourser leurs dettes. Cette stratégie ne marche pas et ceux qui parlent de fuite en avant souhaitent une déflation monétaire et une contraction de l'économie qui n'a absolument aucun sens.

Bonne semaine !

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 08:15

Par Jean Christophe Bataille.


http://www.monde-du-voyage.com/allemagne/voyage-allemagne-1.jpg

 

Contrairement à ce qu'il avait promis, Francois Hollande a annoncé hier soir un plan d'austérité de 10 milliards d'euros dans la fonction publique et a souhaité trouver 20 milliards d'euros de recettes supplémentaires dans les hausses d'impôt. Cela fait beaucoup plus de pression fiscale que d'économie dans les dépenses de l'état, mais ces mesures ont tout de même pour effet de rendre crédible le budget de la France et un possible retour à l'équilibre budgétaire en 2014. La différence entre le discours électoral de Francois Hollande et la réalité de ses actes d'aujourd'hui tient à une personne : Angela Merckel. Les théories électorales du nouveau président sur l'intêret des relances par le budget en situation d'endettement ont totalement disparues depuis qu'il a compris qu'en cas de dérapage budgétaire, la France pourrait perdre la confiance des investisseurs et son AAA. Dans cette éventualité, l'aide des fonds de soutien commme le MES et les nouvelles mesures de monétisation dont est désormais capable la BCE seraient assorties d'une perte totale de souveraineté de la France avec un contrôle direct des finances publiques françaises par l'Allemagne et la BCE . En deux mots la France se trouverait rapidement dans la situation de l'Italie et de l'Espagne. Les Allemands ne se sont pas privés de le faire savoir au nouveau président.

Ce virage à 180 ° est salutaire pour notre crédibilité internationale et vient conforter la place de l'euro dans le monde après les nouveaux pouvoirs donnés à la BCE avec l'OMT. Je crois que l'euro est, en tout cas pour un temps, amené à s'apprécier, et il pourrait être intéressant de prendre des positions à la hausse sur l'euro sur repli. J'avoue être très heureux de ce leadership allemand dans le cadre d'une Europe dont l'unité politique s'accroit d'années en années. Les dirigeants allemands parviennent à mélanger rigueur et pragmatisme avec beaucoup de brio : oui à une monétisation potentiellement inflationniste mais garante de conditions de financement intéressantes et d'un désendettement accéléré, non aux dérapages budgétaires. Je garde tout mon optimisme sur l'évolution du continent à long terme.

Moins heureuse était la sortie du président sur Bernard Arnault au cours de laquelle il est apparu embrouillé et menaçant, donnant le sentiment que la France partage le triste privilège avec Cuba et la Corée du Nord d'être un pays dont on ne peut pas partir si on estime qu'il ne nous convient plus. Ce travers des socialistes français à des relents de cryptocommunisme toujours aussi insupportables.

 

Bonne semaine !

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 08:40

Par Jean Christophe Bataille.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c6/Europe_(orthographic_projection).svg/280px-Europe_(orthographic_projection).svg.png

 

 

Le couple franco allemand s'achemine désormais vers un consensus entre le keynésianisme français et le monétarisme libéral allemand. Nous devrions assister à une monétisation des obligations des pays en difficulté en échange d'un contrôle strict des budgets nationaux par l'Europe via un droit de veto et d'un contrôle des banques européennes par la BCE. Ce modèle devrait être très efficace et répond parfaitement au pragmatisme allemand. Je disais il y a un an que l'euro serait à terme une monnaie plus forte que le dollar sous la tutelle de l'Allemagne. Je continue à le croire car les américains, contrairement aux allemands, ne se sont jamais préoccupés de la valeur de leur dollar et ont toujours utilisé leur monnaie comme une variable d'ajustement économique. Pour les allemands, une monnaie forte est un symbole de puissance, de saine gestion et, dans ce pays industriel exportateur, le gage de prix bas pour l'achat des matières premières. Dans le contexte des futures pénuries de ressources, cette approche pourrait bien être la meilleure.
Il est évident que le contrôle budgétaire strict des pays de la zone euro, même s'il est récessif, est le meilleur moyen d'asseoir la crédibilité de l'euro. Mais l'Allemagne doit accepter la monétisation des obligations des pays actuellement rejetés par les marchés et s'accommoder, comme en 2011, d'une cible d'inflation officielle supérieure à 2 % pendant un temps, cela permet de diluer la dette et de rassurer les investisseurs sur la solvabilité de cette dette puisque la BCE joue le rôle de prêteur en dernier ressort. La monétisation est vécue par les acheteurs obligataires comme une restructuration douce, étalée dans le temps et à minima, qui garantit le paiement du principal. C'est pour moi le meilleur moyen de sortir de la crise.
Les européens auraient tout à perdre dans une disparition de l'euro car elle impliquerait une faillite des pays du sud. En effet qui accepterait de les financer alors qu'ils ont déjà des problèmes de solvabilité au sein de l'Eurozone malgré tous les dispositifs de sauvetage ? L'Allemagne qui souffre elle aussi de la récession coulerait nécessairement avec l'ensemble du navire européen car la plus grande partie de ses échanges commerciaux se fait sur notre continent et sa consommation intérieure n'est pas des plus brillantes. Enfin, le chancelier qui déciderait la fin de l'euro porterait la lourde responsabilité de la disparition de l'Europe et serait comptable aux yeux de l'histoire d'une faute géopolitique majeure dans un monde où seuls pèsent les grands blocs continentaux. Je n'y crois pas une seconde.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 11:47

Jean Christophe Bataille.

 

http://static.lexpansion.com/medias/13/salaires_291.jpg

 

Les prix de l'or et de l'argent ont grimpé comme prévu. Le pétrole, qui était pourtant en situation de surachat, continue, lui aussi, à s'apprécier. Il ne s'agit ni de reprise économique, ni de spéculation sur les matières premières. La raison de cette ascension des prix est simple, les investisseurs anticipent une nouvelle phase d'inflation monétaire via le dollar et probablement l'euro. Le prix des biens tangibles commence à traduire ce mouvement stagflationiste. Encore une fois, on ne sortira pas de la crise de la dette sans la noyer dans la création monétaire. C'est une issue inéluctable et les allemands eux-même commencent à se rallier à cette analyse. Pour en avoir la preuve, il suffit d'observer le clash entre le président de la Banque Centrale d'Allemagne et Angela Merckel.

Mais la montée des prix ne suffira pas à tuer la dette. Seule une augmentation équivalente des salaires en monnaie courante est capable d'accélérer le désendettement global des pays occidentaux. Si un deuxième tour salarial ne se manifeste pas, le prix des biens augmentera par l'inflation monétaire mais les acteurs économiques n'auront ni les moyens suffisants pour les acheter, ni l'argent nécessaire pour assumer une fiscalité en forte augmentation. Le cas des grecs est significatif en la matière, il faudrait que la monnaie dans laquelle ils doivent de l'argent se déprécie fortement et que leurs salaires grimpent d'autant pour que leur dette diminue vraiment. Nous devrons toutefois attendre quelques années et la reprise chez les émergents pour que les produits fabriqués à bas coût chez les émergents augmentent significativement car seule la montée de nos indices des prix, dans lesquels leurs produits sont surpondérés, autorisera une accélération des salaires en occident. Cette justification par les indices viendra appuyer des revendications sociales qui ne peuvent que croitre avec l'évolution de la crise actuelle. L'ensemble des acteurs du monde économique et politique aboutira au même constat : si la compétitivité sur les salaires permet de donner un avantage concurentiel aux pays qui la pratiquent, elle revient à mettre en place un jeu à somme nulle lorsqu'il est pratiqué par tout le monde. La montée des salaires devient mon anticipation principale pour les prochaines années et ce, malgré un chômage élevé.

 

Bonne semaine !

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 07:01

 

Par Jean Christophe Bataille

 

http://photo.europe1.fr/finances/economie/impot-declaration-sur-le-revenu-pretexte-maxppp-930620-273493/3700508-1-fre-FR/impot-declaration-sur-le-revenu-pretexte-maxppp-930620_scalewidth_630.jpg

 

Une situation budgétaire dangereuse

Les socialistes au pouvoir ont mis en place une stratégie budgétaire qui est dans la droite ligne de leur idéologie : augmenter fortement le taux de prélèvements obligatoires et conserver un niveau de dépense publique élevé. Cela répond à un impératif de justice sociale et d'égalitarisme. Est-ce efficace ? Personnellement je ne le crois pas.

La masse salariale pléthorique du secteur public et le manque de productivité de l'appareil administratif, les dépenses incontrôlées des collectivités territoriales pour beaucoup passées à gauche ont conduit notre pays à un niveau record d'étatisme. Je suis loin d'être un ultralibéral. J'ai toujours pensé qu'un filet social efficace, raisonnable était un facteur de croissance économique et qu'un état plutôt fort pouvait être une des conditions du bonheur collectif. Le curseur de l'interventionnisme a toutefois largement dépassé son objectif en France et explique en grande partie la faible croissance économique que nous connaissons depuis 30 ans. Les interventions socialistes des années Mitterrand, Jospin-Aubry, sans vrai retour à plus de raison lors des mandats de droite aboutit à cet étonnant paradoxe : nous avons beaucoup plus de fonctionnaires que dans les années 80 alors que la productivité a considérablement augmenté dans tous les secteurs d'activité grâce à l'informatique et l'internet.

Sans vouloir asséner des chiffres trop complexes, l'état a une véritable propension à la dépense non productive avec une mention spéciale pour l'enseignement qui monopolise la moitié de nos dépenses en masse salariale.  Ce secteur, noyauté par de puissants syndicats fermés à toute évolution, affiche un niveau de productivité dans l'enseignement secondaire qui n'a fait que s'aggraver avec le temps. Les résultats obtenus par notre système scolaire ne sont bien sur pas à la hauteur de l'argent investi par le contribuable, en particulier dans les zones difficiles, véritables déserts culturels qui émaillent désormais tout le territoire :

 

Repartition-des-1-934-490-emplois-de-l-Etat.JPG

 

La masse salariale qui est depuis longtemps un facteur d'aggravation des comptes de la nation ne représente toutefois que 41.3 % des dépenses : 

Analyse-par-nature-des-charges-budgetaires-de-l-Etat.JPG

 

 

Les dépenses d'intervention en particulier dans le domaine social qui sont un des piliers de notre état providence ont largement contribué l'aggravation de notre endettement malgré une pression fiscale considérée comme une des plus fortes du monde. Rappelons que cet état providence est parvenu a démotiver une partie de la population à travailler, les revenus du travail étant parfois inférieurs à ceux de l'aide sociale bien comprise et constatons que la classe moyenne souffre d'une baisse de pouvoir d'achat sans aucune contrepartie.

Enfin la charge de la dette qui représente désormais 15.5% de nos dépenses exigerait que nous ne vivions plus au dessus de nos moyens, précepte manifestement ignoré par nos nouveaux dirigeants.

 

Des réponses politiques inadaptées

Ce rapide panorama montre que les socialistes au pouvoir vont démotiver et faire chuter le pouvoir d'achats des  populations les plus actives par une pression fiscale en forte hausse à laquelle il faudra rajouter le financement d'un système social pléthorique avec une augmentation très significative de la CSG. Ils n'ont aucun projet de baisse drastique des dépenses de l'état. Le principe du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite est en train de disparaitre. Cette philosophie n'aboutira qu'à un étouffement de l'économie.

Les français qui ont un patrimoine important et qu'on peut logiquement qualifier de productifs en terme d'emploi et de création de richesse pour le pays vont être lourdement sanctionnés au nom d'un égalitarisme d'un autre siècle après une communication électorale savamment orchestrée par l'ensemble de la gauche.

A un niveau de patrimoine dépassant le plafond estimé par la nomenclatura, votre fiscalité va beaucoup s'alourdir. Tout d'abord comme pour tous les français : augmentation de la CSG, nouvelle tranche d'imposition, augmentation des droits de successions etc .. Vous allez aussi avoir droit à un traitement particulier qui apportera peu en termes d’impôts pour l'état mais qui permettra aux socialistes au pouvoir de faire accepter à la classe moyenne française sa nouvelle politique de spoliation fiscale généralisée sans réduire le train de vie de l'état. Il s'agit tout simplement de dire "vous payez, mais les riches vont payer beaucoup plus !" Nouvelle doctrine, la richophobie est la potion qui permet de faire passer toutes les pilules fiscales à destination du grand public. Les barèmes de l'ISF, cette quadruple taxe qui n'existe nulle part ailleurs et qui vous est imposée si vous avez eu le malheur de créer de la richesse et de faire croitre l'économie, reviennent à leur ancien niveau. Nicolas Sarkozy qui a beaucoup manqué de courage durant son mandat pour abolir cet impôt marxisant, avait réussi toutefois à l'alléger.

Notons que quand l'ISF a été créé en 81, les taux obligataires étaient à 10 %. Un prélèvement fiscal de 1 % n'avait pas nécessairement de caractère confiscatoire. Aujourd'hui les progressions de patrimoines bien gérés dynamiquement ne dépassent pas 2.5 ou 3 % après impôt sur les revenus et les plus values. Les prélèvements de 0,75% entre 1,3 et 2,5 millions d'euros, 1% entre 2,5 et 4 millions, 1,3% entre 4 et 7,6 millions, 1,65% entre 7,6 et 16,5 millions ont vite un caractère confiscatoire. Si on tient compte d'une inflation officielle à près de 3 % l'an dernier, probablement plus officieusement, le gouvernement en rétablissant les anciens barèmes parvient à son but : faire régresser en euros constants la taille des patrimoines des plus gros financeurs de l’économie. Or il est une évidence de l'histoire que lorsque les capitaux ne sont plus rémunérés, ils fuient d'une façon ou d'une autre ...

 

Après ce préambule plutôt politique, ce qui nous intéresse sur Futures est de savoir comment réagir à cette attaque en règle contre l'investissement productif des épargnants qui possèdent un peu ou beaucoup de patrimoine.

 

Comment réagir ?

La réponse est complexe car elle dépend de la situation patrimoniale et personnelle de chacun :

Pour un patrimoine supérieur à 10 millions d'euros :

 

http://www.valentin-gwladys.fr/wp-content/uploads/2011/07/avion-decollage.jpg


1. Si vous avez un patrimoine supérieur à 10 millions d'euros et que vous ne ressentez pas /plus un attachement particulier à la France, il est préférable de délocaliser votre patrimoine. Les destinations sont nombreuses :

1. La Belgique pour les patrimoines très importants car il n'existe pas d'ISF et les plus values/revenus sont peu taxées.

2. La Suisse pour les hauts revenus car l'imposition de ceux-ci y est beaucoup plus acceptable qu'en France. Elle repose sur le régime du forfait fiscal. Le contribuable va négocier avec l’administration fiscale son assiette fiscale auquel sera appliqué le taux normal de l’impôt suisse. L’intérêt du forfait fiscal est qu’il ne tient ni compte des revenus, ni du patrimoine du contribuable. Il est basé sur son niveau de vie et ses dépenses.

3. La Lettonie qui est en train de devenir un paradis fiscal européen qui a l'avantage de n'imposer aucune condition de résidence. C'est le statut de résident fiscal par l'investissement. Il suffit d'y investir entre 150000 et 300000 euros.

Si vous parlez parfaitement une autre langue anglais, allemand, etc ... vous pouvez aller partout dans le monde, peu de pays infligent une pression fiscale aussi forte que celle de la France.

4. Singapour est une délocalisation particulière très intéressante pour les entrepreneurs grâce à un programme spécifique pour les résidents non habituels (NOR): il permet de ne pas être imposé sur la partie de ses revenus qui correspond à la période passée en dehors de Singapour au cours de l’année d’imposition. Cette période devant être de 90 jours au moins. Le taux d’imposition sur les revenus compris entre 0 et 20% et il n'y a pas d’imposition sur les plus-values et sur les dividendes. Pour vos affaires, l'impôt sur les sociétés est de 17%.

5. En dehors du monde de l'offshore, l'Angleterre, le Canada, les Etats-Unis, l'Australie ou même l'Allemagne et de nombreux pays présentent l'intérêt pour une population jeune n'ayant pas encore cotisé lourdement en France pendant de nombreuses années, de pouvoir développer leur activité ou leur entreprise dans un contexte plus dynamique et moins fiscalisé. Cette question se pose en dehors de toute idée de défiscalisation pour des gens qui n'ont pas un gros patrimoine mais qui sont tout simplement en désaccord avec le socialisme à la française.

Pour les patrimoines compris entre 1.3 et 10 millions d'euros

Pour un patrimoine compris entre 1.3 et 5 millions d'euros quitter le pays est très difficile, faute de moyens suffisants. Les frais de mise en place de ce départ sont importants.

Entre 5 et 10 millions, la décision de l'exil fiscal est une question d'âge et de projets personnels. A partir d'un certain âge, vous avez cotisé dans un système social français extrêmement coûteux mais généreux. Il est difficile de partir vers un pays ou les prélèvements sont très bas mais dans lequel vous ne bénéficierez d'aucune des prestations pour lesquelles vous avez cotisé une vie durant. Quitter un pays tard dans la vie n’est pas non plus facile. Les facultés d’adaptation sont moindres et les préoccupations deviennent plus successorales que fiscales. L’exil vers la Lettonie est à étudier de près car il n’impose pas de condition de résidence. Si vous êtres intéressé, contactez une société spécialisée dans la fiscalité internationale.

Que faire lorsqu'on reste en France ?

 

http://www.votremaison-iledere.com/votremaison/images/stories/calculette.jpg


L'optimisation fiscale n'est pas simple car le législateur prévoit tout pour que le contribuable ne puisse pas échapper à l'impôt. Il reste tout de même quelques mesures à prendre et quelques orientations à suivre.

Il faut tout d’abord prendre une mesure de rétorsion : ne plus financer la dette française. C'était une précaution salutaire, cela devient une question de principe. Je suis favorable à la vente de tous les supports en euros des contrats d'assurance vie. Ces supports truffés d'OAT iront trouver preneurs ailleurs, chez les bobos du 6e arrondissement. Les allocations d'actifs obligataires doivent être recentrées sur les dettes émergentes en monnaie locale ou la dette américaine via des fonds de placements mixtes comme Carmignac Patrimoine, Carmignac Portf Emerging Patrimoine A ou pures comme Amundi Fds Bd Global Emerging AU-C ou Pictet-Emerging Local Currency Debt. Il ne faut plus avoir que très peu d'actions françaises : quelques valeurs de rendement et un PEA de parapétrolières.

En ces temps de dévalorisation monétaire, l'or doit toujours tenir une part très importante dans l'allocation des actifs. La fiscalité ne s'est pas aggravée sur l’or physique.

L'assurance vie reste une enveloppe fiscale privilégiée pour loger les FCP malgré tous les prélèvements qui se sont greffés au fil du temps sous la droite comme sous la gauche. Le seul risque est celui des difficultés que pourraient connaitre certains assureurs. Le garde fou de Solvency 2 devrait nous prémunir de faillites. Je crois de plus qu’il sera peut etre plus facile de sortir des unités de compte que des support en euros en cas de blocage des rachats. Les restrictions contractuelles de sortie portent généralement sur les supports en euros. Et même en cas de blocage, la progression des unités de compte devraient etre bien meilleure que celle des supports en euros. Il suffit alors de laisser porter son investissement qui reste une dette de la compagnie envers son souscripteur.

La Suisse est à la mode et placer dans une banque helvétique une partie de son patrimoine sans le délocaliser est possible mais expose au contrecoup d'un franc suisse qui a beaucoup grimpé. Vous subiriez de toute façon dans ce cas la fiscalité française. Le seul intérêt pourrait être d'avoir beaucoup plus de liberté en termes de gestion monétaire en cas de crise systémique et d'instauration d'un contrôle des changes. Ce scénario n'est pas pour moi le plus probable.

Côté immobilier, fuyez l'investissement dans les appartements en revenu foncier. La fiscalité s'est aggravée avec Nicolas Sarkozy et va se dégrader encore avec la gauche. La notion d'amortissement du bien a totalement disparue des revenus fonciers et les propriétaires deviennent la vache à lait de l'état. Pour favoriser la construction, on a réservé les avantages fiscaux au neuf en ne faisant qu'enfler les prix, sans augmenter les rendements locatifs. Le Scellier est un piège que je dénonce depuis des années car un appartement neuf surévalué devient vite un appartement ancien trop cher à la vente. L'avantage fiscal est donc déjà intégré dans le prix et les emplacements de qualité sont très rares.

Seule la location en meublé jouit d'une fiscalité et de conditions de location acceptables et logiques. Les statut de LMNP et LMP sont attrayants. 

Privilégier l'immobilier d'entreprise bureau, boutiques. Leurs loyers sont indexés sur la construction et non pas sur l'indice des loyers.

Investissez dans l'immobilier étranger. De réelles opportunités existent dans les pays émergents : Asie, Amérique latine. L'Allemagne et les pays du nord pourraient avoir un attrait si l'on croit à une explosion de la zone euro. Il est préférable cependant d'avoir une connexion avec ces pays pour conduire une opération immobilière sans accroc. Si la Grèce sortait de l'euro nul doute qu'il serait possible pour les français d'y investir à des prix très intéressants dans des biens liés au tourisme.

Il y a bien sur d’autres suggestions à faire … A vos commentaires sur Futures ! 

J'espère que cette analyse et ces quelques conseils alimenteront votre réflexion dans la chaleur de l'été.

Bonnes vacances !

 

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 12:47

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.le-buzz-immobilier.com/wp-content/uploads/2009/09/chambre-de-bonne-fenetres.jpg

 

J'ai déjà dit dans un article précédent sur je ne croyais pas à un effondrement des prix de l'immobilier en France. Le déficit d'offre est quantifié à 800 000 logements dans le pays et il nous faut construire au grand minimum 250 000 nouveaux logements par an pour répondre à la demande selon les évaluations de l'état. Chaque année, 200 000 personnes entrent en France au titre de l'immigration régulière. Le bon niveau de natalité, la décomposition des familles, la régulation sur le prix des loyers, la fin du Scellier, la difficulté qu'auront les collectivités territoriales pour financer des logements sociaux et l'extrême prudence dont font preuve et ont toujours fait preuve les banquiers français, ne vont pas arranger le déficit de production de logements. A titre de comparaison, nos voisins sont beaucoup plus fragiles. Les propriétaires allemands se disputent les locataires tant l'offre est supérieure à la demande. Ne parlons pas de l'Espagne où de nombreux appartements restent vides depuis 2008. Dans la déflation de 2008, l'immobilier français a à peine vacillé et l'heure est aujourd'hui au surendettement souverain et à la dévalorisation par l'inflation monétaire. Autant dire que les prix ne risquent pas de réintégrer le tunnel de Frigitt en euros courants. La réalité, c'est que les français dépensent une proportion plus importante de leurs revenus pour se loger que leur voisins. Il n'est pas question de bulle puisqu'il n'y a eu aucun abus en termes d'attributions du crédit. La France n'a tout simplement pas assez construit de logements par rapport à sa croissance démographique au cours de ces trente dernières années.

Dans les zones très tendues des grandes agglomérations, malgré une forte contraction du nombre de transactions, les prix auraient même tendance à repartir un peu à la hausse sur le dernier mois (premiers arrondissements de Paris).

Ceci posé, profiter de la baisse en cours depuis 2011 est à mon avis intéressant car les baisses de prix de l'immobilier répondent en France au ralentissement économique dans un contexte monétaire qui devient moins inflationniste que l'an dernier. Les prix à la consommation officiels devraient évoluer autour de 2 % cette année puis repartir à la hausse dès le redémarrage des émergents. Les taux restent donc très bas et l'endettement à taux fixe permet de profiter d'une réelle opportunité. Le placement pierre valeur refuge dans ces temps de risque monétaire est un moyen de conserver de la valeur en particulier dans les zones tendues. Ces zones doivent avoir deux particularités :

- Etre l'objet d'une forte demande.

- Un caractère ancien et central qui freine fortement les programmes de nouvelles constructions que les hommes politiques tenteront à nouveaux de faciliter pour pallier la pénurie de logements.

Alors, louer ou acheter ?

Je le dis très clairement : acheter !

Quelle est la différence entre un achat et une location ? 

Une location revient à verser à fonds perdus un loyer à un propriétaire pour une durée illimitée et sans obtenir en échange autre chose que la jouissance de ce bien. Un achat consiste à verser un loyer à un établissement bancaire pour de l'argent prêté qui permet la jouissance d'un bien ET l'obtention progressive de la propriété de ce bien au gré des amortissements.

L'achat coûte plus cher en mensualité de remboursement, me direz-vous ... C'est exact, mais l'obtention de la propriété de sa résidence principale est le premier impératif de la gestion patrimoniale : aucun loyer à payer à la fin du crédit, sécurisation de son habitat en cas de crise, tranquillité à la retraite lorsqu'il y a une baisse des revenus, fiscalité à la revente extrêmement avantageuse, etc ... Considérant cela, il ne faut donc jamais louer et trouver toutes les astuces pour financer son acquisition à hauteur de son budget.

Dès le plus jeune âge, lorsque l'on commence à être solvable et à disposer d'un revenu, il faut acheter. Tous les moyens sont bons : emprunter des fonds à sa famille, choisir une surface plus petite que celle que l'on prendrait en location (pourquoi pas une chambre de bonne), déménager en province ou en deuxième couronne pour les parisiens, ratisser une ville pour trouver un bien à un prix abordable, acheter un bien en mauvais état et le rénover soi-même à bas coût, etc ... Mais il faut acheter. Aucun des fondamentaux économiques de la France n'est en faveur d'une baisse prononcée de l'immobilier. Attendre ne sert qu'à perdre de l'argent en payant un loyer à fonds perdus. 

Bonne semaine !

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 13:43

Par Jean Christophe Bataille.

 

http://www.thisisfreelance.com/wp-content/uploads/cash1.jpg

 

Les intervenants sur le net ont une large propension à confondre les phénomènes monétaires et les évolutions de la croissance. Dès que les marchés baissent, ils parlent de déflation d'actifs et dès qu'ils montent, ils parlent d'inflation. Il s'agit d'une confusion qui n'aurait pas d'importance si elle ne faussait pas l'analyse. Le prix des actifs est dans les faits soumis à deux forces :

- L'une monétaire qui conditionne la valeur de la monnaie par rapport à tous les biens, qu'ils soient durables ou de consommation courante. Dans la déflation, la monnaie prend de la valeur et dans l'inflation, elle en perd. Ce paramètre monétaire est régi au sens de l'école autrichienne par le rapport entre la quantité de monnaie émise et la richesse crée. Interviennent ensuite d'autre parametres secondaires qui vont amender ou accéler ces phénomènes monétaires. Ce sont, entre autres, la solvabilité financière du pays considéré, la vélocité de la monnaie dans ce même pays, les parités monétaires avec d'autres pays, la situation de leur monnaie et les balances commerciales respectives.

- L'autre force est économique, liée essentiellement au niveau d'activité. Il est évident que lorsque l'économie ralentit quelle que soit l'évolution de la monnaie (inflation ou déflation) la valeur des biens diminue ou monte moins puisque la demande décroit. Inversement lorsque la croissance devient trop forte, l'offre de biens ou de produits manufacturés devient inférieure à la demande et les prix montent. Il ne s'agit là, ni d'inflation, ni de déflation, mais d'ajustement économique des prix.

A l'analyse fine, la confusion entre les deux est liée au fait que la croissance augmente la vélocité de la monnaie et potentialise les effets d'une inflation monétaire (récente surchauffe chinoise) et la récession la diminue en accélérant les phénomènes déflationnistes (crise de 29 ou poussée déflationniste de 2008 aux US). Chacun comprend qu'il s'agit de deux phénomènes différents et qu'ils ne doivent pas être confondus. Il est tout à fait possible, comme c'est le cas aujourd'hui, de cumuler récession ou stagnation économique avec inflation monétaire.

En effet, que se passe t-il actuellement ? Nous sommes dans un environnement inflationniste puisque les indices des prix à la consommation, pourtant sous-évalués par une pondération inadaptée de l'échantillon des prix, se sont situés entre 2.5 et 3 % et beaucoup plus dans certains pays émergents durant l'année écoulée. C'est profondément anormal puisque la croissance en France et dans de nombreux pays est à zéro. Cela signifie que même si la vélocité de la monnaie est diminuée nous produisons de l'inflation au delà de la cible que nous nous sommes autorisée durant des années. Cela veut dire que la masse de monnaie en circulation est bien trop élevée. Il ne s'agit pas dans cet article de rappeler pourquoi elle est si abondante mais on comprend parfaitement que les raisons qui conduisent les autorités monétaires, souvent la main forcée, à émettre plus de monnaie que de richesses crées, n'ont pas disparu.

Quand je lis l'article d'un éditorialiste souvent pertinent intitulé "les déflationnistes marquent des points, c’est indéniable", je suis obligé de lui dire qu'il fait une énorme confusion entre valorisation monétaire et croissance.

Pour parler de déflation, il faut que le prix facial des biens et des produits manufacturés baissent non pas parce que l'économie ralentit mais parce que l'argent se renchérit. On voit bien que c'est faux. L'argent perd chaque année un peu plus de sa valeur par rapport à l'or (multiplié par 5 en 12 ans) et à l'immobilier (multiplié par 2 en 12 ans) dans les pays qui ne subissent pas de deleveraging, à situation de croissance, d'offre et de demande relativement constante (cas de la France). Cela signifie qu'en dépit d'une vélocité monétaire réduite, l'inflation progresse à un taux supérieur à celui ciblé par les banques centrales. Si le prix des actions et des matières premières diminue actuellement, c'est parce qu'on anticipe une baisse de l'activité, certainement pas un renchérissement de la monnaie. Ce phénomène n'est pas une déflation : c'est une stagflation. Celle-ci a de fortes chances de se développer plus avant avec le temps.

 

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 00:00

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.vente-achat-or.biz/fond/articles/origine-or/mine-or.jpg

 

Le rapport HUI/GOLD qui évalue les mines d'or par rapport à l'or physique vient d'atteindre 0.24. Pour être plus prosaïque, le ratio a atteint son oblique ascendante inférieure. Il s'agit d'un plancher qui aura du mal à être franchi si l'on tient compte de la panique actuelle sur le marché de l'or. Comme d'habitude, on approche un niveau où tous les vendeurs ont vendu avec pour conséquence un essoufflement à la baisse.

 

http://2.bp.blogspot.com/-f86Fi-SWAes/T7FuPcZk02I/AAAAAAAAA88/LZoMQfhUlms/s1600/HUI-+$gold+ratio.png

 

Le ratio s'approche désormais du plus bas atteint en 2008 lors de la crise déflationniste survenue à la suite de la cascade de défauts des subprimes. La course au cash, les risques de crédit crunch majeur et l'asséchement des liquidités avaient conduit les investisseurs à se débarasser de tous leurs actifs tangibles : métaux précieux, matières premières, actions des sociétés cotées. Les réactions concertées des banques centrales très différentes de celles de la crise de 29 ont fort heureusement restauré une liquidité suffisante pour lutter contre la valorisation monétaire mécaniquement induite par le dégonflement de la bulle immobilière américaine et ont évité une crise mondiale majeure. L'or est aujourd'hui à un niveau bien supérieur à celui de 2008 mais des risques de récession surgissent et l'ensemble des biens tangibles voient à nouveau leurs prix baisser. C'est un phénomène normal à l'approche d'un ralentissement économique. L'énorme différence avec 2008 est que ce phénomène de dépréciation n'est pas monétaire. L'environnement est devenu inflationniste avec des IPC qui s'apprécient partout dans le monde officiellement entre 2,5 à 8 %, officieusement beaucoup plus selon ShadowStats. La baisse de l'or ne durera, à mon avis que le temps de voir arriver la récession redoutée par les marchés si celle-ci se produit. Ensuite, les investisseurs vont rapidement changer d'horizon pour anticiper une reprise et les stimuli monétaires qui lui seront associés.

Les mines d'or ont bien sûr des raisons structurelles de baisser :

- Les gisements sont de moins en moins riches en minerais ce qui rend plus difficile et moins productif leur exploitation.

- Les couts d'extractions augmentent également avec la hausse des prix de l'énergie.

Mais une des raisons fondamentales de la chute du rapport HUI/GOLD est que les mines sont des actions et que traditionnellement, elles ampifient à la hausse comme à la baisse les variations du métal jaune.

Mon avis est que, concernant l'or, vous n'avez encore rien vu. Le métal jaune va s'apprécier considérablement au fur et à mesure d'un délitement monétaire qui est la seule issue plausible de la crise. L'effet de levier des mines devrait naturellement amplifier ce mouvement. Le faible prix des mines est donc une opportunité pour acheter ou renforcer les positions aurifères d'un patrimoine lorsque celles ci sont insuffisantes.

Cette prise de position est soumise à un risque temporaire : le franchissement des 1500 $ l'once à la baisse qui par le jeu des stops positionnés sous ce niveau par les institutionnels précipiterait les cours vers le bas. Je reste toutefois persuadé que dans l'environnement monétaire actuel, les banques centrales émergentes et le smart money n'hésiteront pas à acheter rapidement de l'or à bon compte. L'amérique est en train de prouver que faute d'autres monnaies refuges suffisamment crédibles, la Fed peut émettre une quantité presque illimitée de dollars sans voir monter les taux de sa dette souveraines. Elle ne s'en privera donc pas si son économie restait atone trop longtemps. A l'objection selon laquelle la Fed ne peut augmenter indéfiniment la taille de son bilan, je réponds que celui-ci n'augmente pas en monnaie constante puisque la valeur de la monnaie diminue en proportion de la quantité de monnaie crée. Si les budgets souverains sont suffisamment controlés, la création de monnaie et son injection dans le système bancaire est totalement neutre. Elle noie en revanche la dette souveraine à taux fixe. Ben Bernanke l'a compris depuis longtemps et la seule réserve de valeur fiable restera l'or.

Pour conclure, je voudrais citer Ludwig von Mises (Source 24 H Gold) :

 

Dès que le public comprend que le gouvernement ne cherche pas à arrêter l'inflation, que la quantité de monnaie continue sa croissance sans qu'on puisse en voir la fin, et que les prix monétaires de tous les biens et de tous les services continueront donc à monter sans qu'on puisse les arrêter, tout le monde cherchera à vendre autant que possible et à conserver aussi peu de liquide que nécessaire.

Conserver de l'argent liquide dans ces conditions ne comporte pas seulement les coûts traditionnellement associés à l'intérêt, mais également des pertes considérables dues à la baisse du pouvoir d'achat de la monnaie. Les avantages de l'argent liquide doivent être payés par des sacrifices qui semblent si élevés que les gens renoncent de plus en plus à en conserver. 

Durant les grandes inflations de la Première Guerre Mondiale, on appelait ceci "une fuite vers les valeurs réelles" et la "hausse de panique [crack-up boom]". Le système monétaire est alors au bord de l'effondrement : une panique s'ensuit, et tout finit par une dévaluation complète de la monnaie. On a recours au troc ou à un nouveau type de monnaie. 

On peut trouver des illustrations de ce schéma avec la devise continentale de 1781, les assignats français de 1796 et le mark allemand de 1923.

Cela devrait faire réfléchir tous ceux qui pensent que l'immobilier va s'effondrer ...

 

 

Bonne semaine !

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 19:57

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.centre-affaires-opera-louvre-bfi.com/docs/img_actu/000001/000001.jpg

 

Les prix de l'immobilier sont en grande partie inversement corrélés aux taux. Lorsque les taux baissent, les prix montent puisque les mensualités de crédit diminuent. Or il existe une véritable bulle sur les obligations souveraines. Les taux obligataires n’ont jamais été aussi bas en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis alors qu’il existe une crainte réelle sur la solvabilité de la plupart des pays occidentaux. Dans des conditions normales, les taux devraient monter et faire baisser l'immobilier. Le problème est que dès que les taux montent, les banques centrales produisent de la monnaie en diminuant ainsi la valeur de l'argent et en provoquant la hausse du prix des biens tangibles quels qu’ils soient. Elle souhaitent en effet dans un contexte d’endettement majeur et de perte de compétitivité des pays occidentaux, éviter toute hausse des taux susceptible de se traduire par une récession-déflation avec destruction de l'économie. Cela me conduit à faire le pari que les dirigeants des banques centrales et les élus de tout bord, y compris en Allemagne, ne laisseront pas les taux monter en France. Que font-ils actuellement ? Ils font marcher la planche à billets pour noyer la dette à taux fixe des états dans la production de monnaie. En revanche, ils exigent un strict contrôle des budgets pour que cette dilution de la dette ne soit pas sans fin. Ce qui est tout à fait pertinent. Que fait l'immobilier dans ce contexte : il baisse modérément, mais il ne s'effondre pas car les taux ne montent pas.

La création monétaire pléthorique actuelle devrait justifier également une hausse des salaires qui ferait remonter le pouvoir d'achat immobilier. Or pour l’instant, il n’en est rien. Devant cette quasi-stagnation des revenus, beaucoup d’intervenants, donc Friggit, estiment que les prix de l'immobilier vont baisser pour normaliser le rapport prix sur revenu disponible car ils partent du postulat que les taux vont monter et les revenus stagner. 

En fait, pour que les salaires montent, il faut que les indices des prix montent en proportion de la production de monnaie. On n’augmente pas de 5% les salaires lorsque l’indice progresse de 1 %. Inversement on n’augmente pas de 1% les salariés lorsque l’inflation fait monter les prix de 5% par an. Ca n’est pas tenable plus d’un an ou deux. Or l’homme pris pour modèle dans les indices des prix achète un téléphone portable et une télévision tous les mois, une voiture tous les 6 mois, mange tous les 15 jours et consacre 10 % de ses dépenses à son logement. Autant dire qu’il n’existe pas. D’autant moins qu’avec l’indice Core inflation, il ne mange pas, ne se chauffe pas, ne se déplace pas. Donc pour que les indices montent pour cet homme modèle, il faut que les produits fabriqués aujourd'hui chez les émergents et surpondérés dans les indices des prix deviennent plus chers. J’estime que ce phénomène a déjà commencé aujourd’hui. Les chinois délocalisent leur production à l’ouest de leur pays et désormais vers d’autre pays du sud est asiatique. La fourchette d’appréciation du Yuan s’est élargie. Et surtout les américains relocalisent certaines de leurs productions pour des raisons qui devraient être pérennes : hausses des salaires émergents, augmentation des coûts d’acheminement des marchandises, volonté de faire croitre la réactivité de fabrication.

Un deuxième phénomène est en train de naitre. L’orthodoxie financière apparait comme étant de plus en plus léthale pour l’économie. Les prises de positions électorales récentes des hollandais, des socialistes français et des socialistes allemands sur ces sujets sont sans équivoque. Le keynésianisme risque de faire école chez les européens qui rejoindraient en cela les américains et les anglais. Un économiste de la Bundesbank, a écrit la semaine dernière que "l'Allemagne pourrait, dans le futur, avoir un taux d'inflation plutôt supérieur à la moyenne de la zone euro". Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble s'est par ailleurs prononcé en faveur des hausses de salaires, alors que les demandes se font de plus en plus fortes dans le pays : "il est normal que les salaires augmentent plus fortement chez nous actuellement que dans tous les autres pays de l'Union européenne". Jeudi dernier, il a ajouté que le pays pouvait se permettre une inflation comprise entre 2 et 3%". Alors que la limite défendue par les plus orthodoxes est souvent celle des 2% par an.

Autant dire que si ce phénomène se poursuit les indices des prix ne pourront plus ni dissimuler l’inflation ni rester sous 3%. Que va-t-il se passer alors ? Les revenus, les loyers et les prix à la consommation vont augmenter, les rendements immobiliers vont monter et les prix immobiliers ne vont pas s’effondrer, en tout cas dans les zones ou l’on n’a pas sur-construit en Scellier. Ces prix peuvent éventuellement continuer à baisser encore un peu mais pas nécessairement à Paris dans les premiers arrondissements et certainement pas dans les proportions avancées par certains. Ils devraient stagner ensuite puis monter en valeur faciale. Les rendements locatifs devraient quant à eux s’apprécier. Dans tous les cas, les loyers et la plus value en monnaie courante de l'immobilier préserveront plus de valeur que les obligations ou les supports euros qui sont destinés à être laminés par l’inflation. Et si vous achetez à crédit et à taux fixe, vous avez même de bonnes chances de gagner de l'argent.

Bonne semaine !

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 09:38

 

Par Jean Christophe Bataille

 

http://blogcharentenay.revue-etudes.com/public/Paris/05_Immeuble_1_04-03_bis_bis.JPG

 

L'immobilier français s'est très bien tenu durant la crise 2008-2012 alors que beaucoup annonçaient son effondrement.

Les raisons de l'exception française sont nombreuses :

Première raison à cela : une vraie culture prudentielle dans l'octroi de crédit.

Les ratios prudentiels qui ont conditionné l'octroi de crédit aux particuliers et aux entreprises ont toujours été stricts et la règle des 30 % de revenus maximum consacrés aux mensualités a la plupart du temps été observée. Le refinancement hypothécaire, moteur des bulles anglo-saxonne et espagnole, n'a jamais été pratiqué.

Plusieurs conséquences :

- Il n'y a pas eu de vagues de défauts susceptibles de créer une pression déflationniste sur la monnaie et sur les biens.

- Songez que l'Espagne avant la crise produisait plus de logements que toute l'Europe réunie. Le nombre de logements créés durant les 20 dernières années en France a au contraire été très faible. Selon les statistiques, il manquerait 800 000 logements en France.

Deuxième raison à l'augmentation des prix : des matières premières en forte augmentation.

- Comme partout dans le monde le prix des matières premières a fait flamber l'indice de la construction en France.

Troisième raison : des normes de constructions qui augmentent les coûts

Des normes de constructions plus contraignantes comme la HQE et le BBC ne sont pas propices à la baisse des prix du neuf.

Quatrième raison : la pression foncière.

Les décisions de libération du foncier à la construction dépendent des maires. Le dispositif du plan local d'urbanisme permet aux maires de limiter autant qu'ils le veulent les nouveaux espaces dédiés à la construction. Or développer la construction n'est pas populaire chez les électeurs. Cela explique pourquoi les promoteurs doivent acheter leurs implantations foncières très chères.

Cinquième raison à la hausse de l'immobilier français : le taux de fécondité le plus élevé d'Europe

- La production de logements s'est révélée très insuffisante par rapport à la demande créée par notre croissance démographique. L'Allemagne qui n'a pas, elle non plus, commis d'excès prudentiel durant toutes ces années a conservé longtemps un prix de l'immobilier raisonnable car contrairement à celle de la France, sa population n'est pas en croissance.

Sixième raison : un taux d'immigration élevé.

C'est une des raisons qui a obligé le législateur français à promouvoir la loi SRU obligeant les communes de plus de 5000 habitants à construire 20 % de logements sociaux subventionnés par les collectivités territoriales. En effet, montée des prix et baisse de l'offre en volume ne permettent plus de loger les nouveaux arrivants souvent de condition modeste. La France fidèle à sa tradition étatiste a acheté la paix sociale, mais n'a pas fait baisser les prix dans le secteur privé, bien au contraire.

Septième raison : des familles éclatées.

La hausse du nombre de divorces augmente le nombre de logements nécessaires et en réduit la taille.

Huitième raison : des dispositifs fiscaux incitatifs.

Les dispositifs d'incitations fiscales comme le Scellier et tous ses prédécesseurs ont tenté de lutter contre ce déficit chronique de l'offre versus croissance démographique, sans résultat vraiment probant en volume. En revanche ces dispositifs de subventionnement par l'impôt ont fait flamber les prix en raison d'une hausse de la marge des promoteurs et surtout de celle des entreprises du bâtiment qui n'ont pas manqué d'intégrer une partie de l'avantage fiscal dans leurs prix.

Neuvième raison : des taux très bas.

- Les taux très bas (parfois à 0% avec le PTZ) ont augmenté la capacité d'endettement des ménages en leur permettant d'accéder à la propriété malgré la montée des prix et le déficit de l'offre.

Dixième raison plus psychologique : les français et la pierre.

Les français ont un taux d'épargne élevé et restent fidèle à la pierre, actif tangible au même titre que l'or. Après la stagflation des années 70, ils continuent de penser que, comme le dit le dicton, "qui s'endette s'enrichit" et que la pierre est une valeur sûre. En ces temps de délitement des monnaies, la pierre au même titre que l'or constitue un refuge sécurisant.

Onzième raison, propre à Paris intra-muros : l'attrait de la capitale pour les étrangers.

L'attrait de la ville lumière pour les français mais aussi pour les étrangers du monde entier (première ville touristique au monde) en particulier pour les arrondissements à 1 chiffre a fait littéralement exploser les prix. Dans certains quartiers 80 % des achats sont le fait de riches étrangers qui veulent un pied à terre à Paris.

 

Si une baisse conjoncturelle et temporaire de 5 à 20 % des prix est possible et logique selon les régions, la réintégration dans le tunnel de Friggit, pris comme référence, par une baisse massive des prix est pour moi un mythe.

Il est facile de dire depuis des années que le prix de l'immobilier est sorti très largement par le haut du tunnel de Friggit. Est-ce que cela veut dire qu'ils vont réintégrer ce tunnel dans les mois qui viennent et surtout que ce retour à une norme qui n'est pas nécessairement pérenne se fera par une baisse des prix. Il peut bien évidemment se faire aussi dans quelques années via une hausse des salaires en valeur faciale par le biais de la stagflation et une stagnation ou montée plus lente de l'immobilier avec augmentation progressive des rendements locatifs.

Analysons ces deux hypothèses séparément :

1. Les prix de l'immobilier réintègreraient le tunnel de Friggit rapidement par une baisse des prix rapide et profonde :

Il faudrait dans ce cas que les raisons qui ont poussé et maintenu les prix à la hausse disparaissent :

La pénurie d'offre va-t-elle disparaitre ? : Non. Au contraire ! La fin du Scellier, les restrictions sur le PTZ vont diminuer la production de logements dans le secteur privé. L'endettement des collectivités territoriales et de l'état ne vont pas dans le sens d'une augmentation importante de la production de logements sociaux. Or une hausse majeure de cette production de logement est la seule véritable solution pour faire baisser les prix. L'environnement du crédit, les différentes décisions politiques ne vont pas aujourd'hui dans ce sens. L'idée du surCos de 30 % est inapplicable sauf en dépossédant les maires de leur compétence logement et en l'imposant aux conseils municipaux, ce qui est électoralement suicidaire. Il faut toutefois rester vigilant et éviter d'investir dans les municipalités où les maires construisent à tour de bras.

Le prix des matières premières va t-il baisser ? Non. A court terme, pourquoi pas ! Mais les injections massives de liquidités dans les pays occidentaux, la démographie galopante et l'accès au développement de milliards d'individus chez les émergents ne militent pas dans ce sens à moyen terme.

Les normes de constructions vont elles devenir moins contraignantes ? Non. Avec la montée des prix de l'énergie, et la raréfaction des ressources fossiles, les pouvoirs publics vont au contraire faire monter leurs exigences à la hausse.

Le taux de fécondité va-t-il baisser ? Non. Quel en serait la raison ? Les prestations d'allocations familiales sont sacrées et sanctifiées. Il suffit de voir le tollé lorsqu'un candidat à la présidentielle a proposé de les assujettir aux conditions de ressources !

Le niveau d'immigration vat-il diminuer en France ? Non. C'est le constat que nous faisons depuis trente ans, je ne vois pas ce qui pourrait inverser la tendance quelle que soit l'agitation politique autour de ce sujet.

Le taux de divorce va-t-il diminuer ? Difficile à dire, mais ce n'est pas le cas pour l'instant.

La disparition des dispositifs fiscaux va-t-elle faire baisser les prix ? Non. Elle va faire baisser les volumes d'achat dans le neuf, donc diminuer la production de logements et donc augmenter la pénurie d'habitations disponibles et faire monter les prix dans l'ancien.

Les français vont-ils entrer en désamour avec la pierre ? Non. On observe au contraire des arbitrages dans de gros volumes de l'assurance-vie vers l'immobilier acheté en cash.

Les taux vont-il monter ? C'est l'inconnue et c'est aujourd'hui le seul paramètre qui peut faire baisser les prix.

Mais si à chaque fois que les taux longs montent, les banques centrales injectent de la monnaie sur le marché obligataire via le système bancaire et qu'elles maintiennent les taux de refinancement à court terme à un niveau très bas, les taux de base bancaires resteront bas, en autorisant une montée lente de l'inflation qui a pour effet de diluer les dettes et tuer les rentiers obligataires à taux fixe. Dans ce cas, l'immobilier pourrait bien stagner ou même continuer à monter en monnaie courante du fait de la dépréciation monétaire.

Si au contraire, l'Allemagne et les pays du nord refusaient ce système structurellement inflationniste, la pression sociale et la réalité économique dans les pays du sud feraient exploser l'Europe. La situation qu'imposerait une hausse des taux sans montée des prix et des salaires serait insupportable car les états doivent régulièrement se refinancer et les acteurs économiques privés doivent également faire appel au crédit à un taux non confiscatoire (ce qui arriverait à la Grèce sans monétisation de sa dette, sans moratoire, ni aide). Ces pays quitteraient donc la zone euro. Dans ce cas, les monnaies locales dévalueraient et l'inflation voire l'hyperinflation gagnerait tous les pays du sud dont la France avec les mêmes conséquences pour les prix de l'immobilier que dans le cas précédent.

Bien que dans ces deux hypothèses, l'issue paraissent inflationniste au niveau des prix de l'immobilier, posons-nous la question de savoir si l'Allemagne qui profite à plein de l'Europe en termes économiques et politiques dans le concert des nations, a plus intérêt à quitter la zone euro ou à supporter de l'inflation. C'est le dilemme qu'affrontent aujourd'hui ses dirigeants. Mon opinion est qu'ils vont tenter d'obtenir les deux à la fois : rester dans l'Europe et limiter l'inflation. C'est à dire qu’ils supporteront tout de même, et malgré leur volonté, de l'inflation mais protégerons l'euro face au dollar à long terme. Mais dans le domaine de la prévision, rien n'est jamais certain et une crise forte des PIGS avec explosion de l'euro ne peut pas être considérée comme impossible.

Si nous allons vers l'inflation dans les deux cas, il n'y a aucune raison pour que les prix de l'immobilier baissent massivement en France à part la volonté de certains analystes de voir les prix réintégrer une fourchette repérée par Friggit qui n'a plus aucun rapport avec la situation actuelle. Pour des raisons spéculatives, les prix de l'immobilier sont même en train de monter en Allemagne à cause des achats en cash des étrangers du sud. En effet, une explosion de la zone euro rendraient les monnaies du sud plus faibles et l'immobilier allemand permettrait une vraie conservation de la valeur, avec cerise sur le gâteau, une plus value sur les parités monétaires.

Dire que les prix de l'immobilier vont réintégrer le tunnel de Friggit n'a pas plus de sens que de dire que la somme allouée à l'achat des produits alimentaires par rapport au revenu disponible va rebaisser à son niveau d'il y a 20 ans alors qu'on sait que ces prix ont littéralement flambé en 15 ans et qu'il n'existe aucune raison pour qu'ils s'assagissent.

Il faut admettre que pour différentes raisons, dans les allocations de dépenses, la nourriture et le logement représentent aujourd'hui beaucoup plus que l'électronique grand public ou le textile. Cela n'était pas le cas il y a 30 ans et il est possible que le retour aux anciennes allocations n'ait jamais lieu. Cette nouvelle répartition n'a d'ailleurs absolument pas été prise en compte dans la pondération des indices officiels des prix.

 

2. Les salaires vont-ils monter par un effet conjugué d'inflation monétaire et de deuxième tour lié à la montée des tensions sociales pour améliorer, par les revenus, le ratio des prix immobiliers par rapport aux revenus disponibles, ?

J'ai personnellement choisi cette deuxième hypothèse. Des taux de chômage élevés n'empêchent pas une stagflation et quand la planche à billets tourne à fond, les salaires finissent toujours par augmenter avec les prix si la liquidité est maintenue. Ce mouvement est d'ailleurs salutaire car il est extrêmement propice au désendettement. Les hommes politiques et les banquiers centraux le savent pertinemment. Les USA et l'Angleterre appliquent cette stratégie à la lettre. Les pays du sud de l'Europe aurait intérêt à les imiter mais les émergents et les pays du nord de l'Europe qui ont un cash flow suffisant pour faire baisser leur dette tout en gardant une monnaie forte pour acheter des matières premières à bon prix ne l'entendent pas de cette oreille. C'est tout le problème des relations entre l'Allemagne et les pays du sud de l'Europe et des relations internationales entre l'occident et les émergents.

Sur le plan patrimonial.

La question posée de façon plus intuitive est : faut-il posséder un bien immobilier qui rapporte des loyers ? De l'or qui maintient la valeur mais ne produit aucun rendement ? Des actions qui profiteront un jour ou l'autre de la croissance des émergents et de la pénurie des matières premières ? Du cash qui se dévalorise tous les jours ? (Il suffit de faire quelques achats pour s'en rendre compte). Probablement un peu de tout ça car la sagesse conseille de toujours diversifier ses actifs.

Les stratégies du tout ou rien qui prônent de ne pas avoir d'immobilier, d'actions ou de métaux précieux dans l'attente d'une chute violente et massive seront à mon avis perdantes à tous les coups.

La baisse actuelle des prix des logements peut être mise à profit dans certaines villes de province en manque de logements pour acheter des biens de qualité à crédit avec des taux qui restent historiquement bas. Les acheteurs ont bien repris la main et les possibilités de négocier des prix franchement à la baisse se multiplient. Si les taux venaient à monter significativement, les prix baisseraient temporairement un peu plus mais le crédit plus cher rendrait leur acquisition aussi coûteuse à cause de mensualités plus conséquentes. Et cette hausse des taux, si elle se maintenait, serait un signal avancé de l'explosion de l'euro. Elle serait suivie d'une inflation forte en France liée à la fuite devant la monnaie dans un environnement stagflationniste avec hausse faciale des prix de l'immobilier et perte de valeur de la monnaie. Pour les acheteurs en cash, la fenêtre de tir est encore plus courte et il faut se méfier d'un arbitrage vers les biens tangibles des détenteurs de liquidités qui empêcherait l'immobilier de baisser significativement dans le cas d'une hausse des taux qui signifierait plus une insolvabilité de la dette souveraine qu'une hausse sécurisée des rendements. Celle-ci a d'ailleurs déjà commencé.

Bonne semaine !

 

 

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 10:18

Par Jean Christophe Bataille

 

 

http://www.lesoir-echos.com/wp-content/uploads/Page7lun8mars2010.jpg

 

 

L'Allemagne fait aujourd'hui pression sur ses partenaires pour encadrer au mieux les gestions budgétaires européennes. Il n'y a là ni dogmatisme, ni entêtement. C'est avec raison que les allemands exigent ce préalable indispensable à la mutualisation du risque obligataire pour éviter les dérapages excessifs qui pourraient conduire l'Europe à une fuite devant la monnaie et une hyperinflation. Il est vrai que, pendant ce bras de fer politique, une récession européenne se développe car il n'y a aucun stimulus budgétaire ou monétaire. Cette rechute de l'activité n'est cependant pas inhabituelle dans une économie de marché et il n'y a pas lieu de s'en formaliser outre mesure. Après deux trimestres de récession, l'Allemagne le sait, elle n'aura pas d'autre choix : soit elle laisse la zone euro exploser, soit elle autorise la BCE à monétiser largement les dettes irrécouvrables pour redonner du levier à l'économie et faire baisser les taux longs. Elle choisira à mon avis la deuxième solution car elle a tout intérêt à conserver une Europe en croissance ET politiquement unie. Mais elle ne le fera que si une gouvernance économique et budgétaire crédible est gravée dans le marbre. Les pays habituellement dépensiers n'ont, quant à eux, aujourd'hui pas d'autre choix que d'adhérer à ce projet de discipline renforcée car une sortie de l'euro rendrait leur dette en euros impossible à rembourser dans leur nouvelle monnaie moins valorisée et le défaut de paiement qui suivrait leur enlèverait toute crédibilité sur le marché obligataire durant des années. C'est donc l'Allemagne qui mène la danse. Cette séquence va cependant créer dans un premier temps un choc récessif durant lequel tous les pays européens vont devoir s'aligner sur une politique budgétaire commune. Une reprise devrait être ensuite initiée par la BCE grâce à un élargissement de son bilan et une monétisation beaucoup plus forte. Je l'ai déjà dit plusieurs fois, je pense qu'à l'issue de ce cycle, l'euro sera plus fort que le dollar.

 

Une fois n'est pas coutume, je fais un peu de pub pour un livre, "La désillusion" réalisé par Pascal Ordonneau, spécialiste du système bancaire, qui a réalisé un abécédaire de plus de 700 pages permettant de familiariser les lecteurs avec les différentes expressions de la finance internationale et fournissant des définitions et des explications à la fois décalées et critiques sur la crise actuelle. Un bon cadeau pour Noël qui vous permettra peut être de commencer l'année 2012 avec un peu de connaissance en plus. Vous le trouverez en ligne aux éditions Jacques Flament :

 

  Jacques-Flament-editions.jpg

 

Bonne semaine !

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 08:18

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.businessnewstreasure.com/wp-content/uploads/2011/07/INVESTMENT-DIVERSIFICATION-forex-business-news-updates-trade-selling-shares-bonds-stock-debentures-mutual-funds-financial-instruments-capital.jpg

 

La situation actuelle montre une fois de plus l’importance de la diversification en gestion de patrimoine. Les phénomènes monétaires attachés à la crise de liquidité et de solvabilité souveraines, les attentes d’une baisse de la croissance en Europe, d’une meilleure santé américaine et d’un ralentissement de l’activité en Asie, auxquels on peut ajouter la faculté des bourses à anticiper une situation future et à ne pas dépeindre une situation en cours rend extrèmement difficile les prévisions. La preuve : les avis divergent très fortement selon les analystes. Une réalité est pourtant là : des investisseurs ont lâché des actions et d’autres les ont rachetées dans les périodes de panique récentes. Nous faisons partie de la deuxième catégorie. Tout d’abord parce que le délitement des monnaies exclut pour moi une chute très profonde des indices. Ensuite parce que la philosophie de gestion de Futures est que lorsque les acteurs du marché qui vendent jusqu’à la panique ont vendu, il n’y a plus de vendeurs. Cela a donné un répit salutaire quel que soit le sens long terme du marché et cela a permis d’investir long terme à un prix beaucoup plus intéressant qu’il y a un an sur des supports pour lesquels l’analyse macro économique anticipe une belle croissance : énergie, certaines matières premières et émergents. Nous avons renforcé nos actions avec un CAC situé entre 2950 et 2750 avec un objectif maxi de baisse de 2450 qui ne s'est pas réalisé et pris quelques bénéfices à 3250 avec un objectif de hausse de 3450 qui n'a pas non plus été touché.

Je ne m’avancerai pas sur le sens que prendront les marchés actions prochainement, mais je crois que certains intervenants pourraient avoir des surprises. Ce que je sais, c’est qu’au dernier comptage nous sommes investis autour de 17 % du patrimoine en actions de toute nature. Nous pouvons aujourd’hui accumuler des titres en cas de nouvelle baisse des marchés (sous CAC 2750) ou prendre lentement des bénéfices en cas de nouvelle hausse.

Je suis également confiant sur notre allocation immobilière à 42 % qui s’élargira par l’amortissement d’une nouvelle opération dans l'ancien en cours d'acquisition à crédit à taux fixe avec un rendement suffisamment confortable pour donner des différentiels "rendement locatif - taux d'intéret - prévision d'inflation" intéressants. L'ensemble de l'allocation immobilière nous permettrait, en cas de fuite grave devant la monnaie et d'évolution péjorative de la crise, de rester bien à l’abri sur des biens tangibles amortis ou en cours d'amortissement avec des taux d'intérêt suffisamment bas. La possible réintégration des prix de l'immobilier dans le tunnel de Friggit n'aurait aucune importance dans ce type de crise hyperinflationniste.

Nous restons enfin assis sur 22 % d’or physique et minier qui ne peuvent que progresser à moyen terme tant que les taux d’intérêt réels sont négatifs, situation qui devrait perdurer.

L'intérêt majeur de cette diversification est que si certaines allocations peuvent baisser temporairement, d'autres vont mécaniquement s'apprécier. Son rôle est de défendre le patrimoine dans une période économique particulièrement incertaine et dans un contexte fiscal qui en limite la progression. Elle colle à l'analyse macro économique et peut s'adapter à de nombreux scénarii sauf à celui d'une déflation majeure et prolongée à laquelle je ne crois pas.

Le reste de la répartition patrimoniale comporte des placements obligataires opportunistes à haut rendement ou émergents en monnaie locale, selon moi à meilleur potentiel de valorisation sur le long terme que les monnaies occidentales malgré la force factice affichée actuellement par le dollar.

 

Au dernier pointage la répartition du patrimoine de Futures est :

 

 

Or physique 14,00%
Mines d'or 7,50%
Mines d'or moyenne importance 1,00%
Silver 1,00%
Cash 6,00%
Obligations taux fixes 0,00%
Produit monétaires chinois en Yuan 2,00%
Obligations maturité moyenne émergents 3,50%
Obligations monde taux indexées sur l'inflation 1,00%
Obligations High Yield corporate 2,00%
Trackers short sur obligations 1,00%
Actions chinoises compartiment A et B en yuan 1,00%
Actions Emergents 5,00%
Energie matières premieres 5,50%
Actions européennes 5,50%
Avoirs spéculatifs 2,00%
Immobilier 42,00%

 

Précision importante : le ratio immobilier représente, comme dans une déclaration ISF, la partie amortie du bien soit sa valeur vénale inscrite à l'actif otée du capital restant dû inscrit au passif. En cas de nouvelle acquisition, il correspond à l'apport en fond propre mais est amené à croitre avec l'évolution et l'amortissement du crédit.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 11:00

Par Jean Christophe Bataille

 

Faillites bancaires ou production de monnaie ?

 

http://u4ya.ca/blog/wp-content/uploads/2011/01/081013_krugman.jpg

 

Si les banques centrales restent inactives, une faillite bancaire privée généralisée se produira nécessairement lorsque les investisseurs se rendront compte que le bilan des banques européennes est plombé à hauteur de 4000 milliards d'euros, soit deux fois le PIB de la France. Pensez-vous vraiment que les états vont laisser leurs banques faire faillite avec disparition totale de la liquidité et arrêt complet de l'économie ? Ce serait la cessation brutale de toutes les transactions, de l'octroi de crédit et une panique beaucoup plus épouvantable que celle de 29. C'est impossible ! La BCE ou les banques nationales finiront donc par monétiser les dettes européennes avec un effet inflationniste inévitable. La BCE le fait déjà en coulisse car la dette allemande est, elle aussi, en danger ! Nous rejoindrons donc le statut américain et britannique avec, je l'ai déjà dit, un avantage, nous sommes en retard dans ce processus et l'Allemagne limitera la production de monnaie à la quantité utile. Dans le même temps, l'économie va se contracter et le pouvoir d'achat, obéré par l'inflation et la récession, va décroître. Il ne faut pas rêver, nous ne sortirons pas de la crise de la dette sans souffrir. Mais l'inflation sera un moindre mal et ne sera pas nécessairement à deux chiffres. Cette crise devrait être limitée par la croissance des émergents qui vont continuer à tirer l'économie mondiale. Mais ces pays vont, eux aussi, subir la cyclicité des matières premières et auront donc une croissance plus chaotique.

L'Argentine qui a vécu le pire des scénarios a fait repartir son économie en 2002 lorsqu'elle a décidé de réinjecter de la monnaie pour permettre une reprise de la consommation et de la production. Il n'y a pour moi pas d'autre issue. La BCE devra acheter 1000 Md€ de nouvelles obligations pour répondre aux besoins de refinancement de l’Italie et de l’Espagne sur 2012-2015. Les USA approchent déjà les 3000 milliards de monétisation, leur inflation ne dépasse pour l'instant pas 4% et le dollar se porte beaucoup mieux que l'euro. L'explosion de la masse monétaire va donc se poursuivre. Les rentiers obligataires se feront donc lessiver car si les taux longs peuvent rester artificiellement bas, les biens tangibles vont s'apprécier en valeur faciale et le pouvoir d'achat de la monnaie va diminuer. Possédez beaucoup de biens tangibles et diversifiez ! 

Attention ! Les actions sont des parts de sociétés donc des biens tangibles. Elles vont remonter avec la monétisation. N'attendez pas de baisse majeure en euros courants. Elles pourront rebaisser ensuite avec la récession associée à la stagflation car les résultats ne suivront pas mais la monnaie aura moins de valeur et les actions ne baisseront pas autant qu'on l'imagine en monnaie courante, en tout cas beaucoup moins que ne le pensent les déflationnistes, partisans d'une faillite bancaire généralisée, soit disant organisée, mais non monétisée, donc d'une destruction globale de l'économie, punition suprême pour ces peuples occidentaux qui ont osé s'endetter pour pallier les effets de la mondialisation.

Je réfléchis depuis longtemps sur ce sujet. C'est Krugman, prix Nobel d'économie, pourtant fustigé par tous les déflationnistes, qui propose la bonne stratégie, car il est bien trop tard pour faire autrement.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 08:27

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.productionmyarts.com/arts-et-images/images-animees/pere-noel.jpg

 

A chaque fois qu'une baisse des marchés survient, les déflationnistes nous annoncent une grande vague baissière qui va toucher tous les actifs, porter le CAC à 800 points, le SP 500 à 400 points et l'immobilier à la moitié de sa valeur en France ! On connait la chanson. Nous avons pu, pendant qu'ils shortaient à tout va les indices et stockaient inutilement du cash ces deux dernières années, profiter d'une hausse du CAC à 4200 points.

 

Aujourd'hui, les mesures d'austérité décidées en Europe vont être récessives et non déflationnistes. Elles peuvent faire baisser les actions en direction de 2400 sur le CAC et 800 sur le SP 500 qui est, lui, encore très surévalué. Ces niveaux maximum de baisse sont ceux que je mentionne depuis plusieurs années en cas de crise monétaire majeure. Si l'issue de cette crise devait être défavorable, nous observerions, après une chute transitoire des marchés, comme lors de la crise argentine, une remontée des cours en monnaie courante avec perte de valeur en monnaie constante. Celle-ci serait beaucoup moins importante que la dévalorisation du cash que les déflationnistes veulent garder précieusement jusqu'à des niveaux incongrus car ce cash serait balayé par l'effondrement des monnaies :

 

Indice_boursier_Merval_du_01_01_1998_au_05_10_2004.png

 

Concernant l'immobilier, la France et l'Allemagne sont des pays particuliers qui n'ont pas commis d'excès dans le passé et la valeur des biens s'est contentée de monter avec la baisse des taux. La surévaluation de l'immobilier français est également liée à la pénurie de logements. Celle-ci ne va pas s'arranger avec la disparition de la loi Scellier. En cas de crise majeure, après une baisse temporaire qui devrait rester limitée par les transferts de fonds de l'assurance vie vers les biens tangibles, l'immobilier devrait repartir à la hausse en valeur faciale comme les biens tangibles financiers.

 

Tout cela a finalement peu d'importance. Car notre stratégie d'investissement se moque de ces considérations occidentales. L'économie chinoise ralentit, ce qui était souhaitable pour limiter l'inflation autour de 5 % et freiner la spéculation immobilière dans l'empire du milieu. La croissance chinoise devrait perdre quelques points mais repartir de plus belle ensuite. La Chine développe son marché intérieur et les exportations ne représentent désormais que 14 % de son PIB. C'est dire si les émergents ont des réserves de croissance. Comme nous l'avions déjà annoncé en 2008, le découplage des émergents est une réalité indubitable. Les actions émergentes tournées vers la consommation intérieure repartiront inévitablement à la hausse.


L'énergie, après l'accalmie relative actuelle, va reflamber avec la reprise des émergents car la demande va rapidement à nouveau dépasser l'offre. En cas de crise majeure occidentale, cette hausse aggraverait certainement l'inflation.


Nous profiterons de la baisse actuelle des marchés pour renforcer notre poste actions autour 20 à 22 % du patrimoine sur les thèmes que nous venons d'évoquer en rajoutant des obligations émergentes et un panel d'actions allemandes à la casse.


Enfin, l'or va repartir de l'avant : la situation n'est en aucun cas déflationniste, elle est récessive et stagflationniste. C'est évident, les prix à la consommation ne sont pas à la baisse mais très largement à la hausse.

 

Bonne semaine !

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 09:15

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.atlasinfo.fr/photo/art/default/3292911-4719951.jpg?v=1316696049

 

J'ai dit dans mon dernier article combien la confiance qu'on accordait au dollar était surfaite. Le garde-fou de l'Allemagne contre la dévalorisation monétaire ne peut que faire peser la balance en direction de l'euro. Une crise majeure de la solvabilité des monnaies occidentales est toutefois loin d'être impossible. Elle pourrait dans ce cas aboutir à une inflation nettement plus importante qu'une simple inflation importée. Si cette dernière hypothèse se matérialisait sur l'euro du fait de l'impossibilité de créer une double monnaie en Europe ou de par le refus des acteurs économiques d'accepter la rigueur thatchérienne imposée par Bruxelles, le dollar et le yen couleraient immédiatement avec l'euro par effet de contamination. Les monnaies émergentes serait catapultées vers le haut et la situation obligerait à une dévaluation du dollar, du yen et de l'euro, et une refonte complète de système monétaire international.

Les grands gagnants de ce renouveau monétaire seraient les pays émergents, en particulier les BRICs, et les pays possédant de fortes ressources en matières premières qui verraient s'apprécier leurs monnaies contre les trois grandes devises occidentales. Une nouvelle monnaie de réserve internationale serait créée sur le modèle des droits de tirage spéciaux du FMI, incluant toutes les monnaies des BRICs, probablement l'or, un nouvel euro et un nouveau dollar.

 

Bonne semaine !

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 21:48

Par Jean Christophe Bataille

 

http://dollareuro.fr/wp-content/uploads/euro-dollar-forex-stock-market.jpg

 

Pour expliquer la montée des taux européens et la bonne tenue du marché obligataire américain, on a évoqué le manque de convergence des politiques économiques des pays membres. Cette hétérogénéité est pourtant en train de disparaitre sous la houlette de l’Allemagne et de Bruxelles qui imposent des plans de rigueur drastiques aux pays laxistes. Ces plans s'accompagnent de transferts budgétaires exprimés sous la forme de moratoires partiels sur les dettes absorbés par le secteur bancaire, lui-meme recapitalisé par les états souverains via le FSEF.

La différence des taux attribués par le marché aux USA et aux pays du sud de l’Europe ne peut désormais s’expliquer que par la politique de monétisation de la FED et le statut de monnaie de réserve du dollar.

Les achats de la Réserve fédérale dans le cadre de l’assouplissement quantitatif s’élèvent aujourd'hui à quelques 2000 milliards de dollars, soit 14% du PIB US.

L’Europe aurait pour l’instant acheté pour seulement 70 milliards d’obligations alors que son PIB est supérieur au PIB américain. Ce montant de dettes monétisées est probablement sous-évalué car la BCE poursuit en toute discrétion quelques achats d’obligations dans les pays du sud pour stabiliser les taux. Mais les montants en cause sont sans communes mesures avec les différents plans de quantitative easing américains.

L’Allemagne maintiendra une pression forte sur les états européens qui souhaitent rester dans la zone euro afin qu’ils adoptent une véritable orthodoxie financière. Elle n’acceptera qu'une monétisation réduite au strict minimum de façon à produire le moins d’inflation monétaire possible. En revanche les USA qui jouissent encore de la monnaie de réserve mondiale ne peuvent que poursuivre leur politique de monétisation de la dette et de dévalorisation compétitive sans subir pour l'instant de hausse du loyer de l'argent. Cette politique conduira inéluctablement à une perte de valeur du dollar contre l’euro.

Une fois plus, les catastrophistes qui prévoient une disparition de l’euro seront déçus. Contrairement à l’idée véhiculée aujourd’hui par les médias, je suis certain que l’euro est une monnaie plus sure que le dollar. Les marchés ne s'y trompent pas. La paire EUR/USD a finalement très peu baissé sur le FOREX.

Bonne semaine !

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 09:09

Par Jean Christophe Bataille

 

http://marksayers.files.wordpress.com/2010/09/eu-flag.jpg

 

Contrairement à ce qu'indiquent les marchés, l'Europe actuelle n'a pas de problème de solvabilité mais un problème de gouvernance. La Grèce représente 11 millions d'habitants dans un ensemble de 510 millions, soit beaucoup plus que la population des Etats-Unis. Le problème de la Grèce est donc marginal comparativement à la solvabilité de certains états américains. Si un système d'Eurobonds voyait le jour, il créerait un compartiment obligataire aussi volumineux et aussi liquide que celui des Etats Unis et porterait les taux européens à un niveau très bas. L'euro deviendrait une monnaie de réserve majeure au même titre que le dollar. Le problème est que les pays européens qui ne lèvent pas l'impôt avec efficacité, entretiennent des légions de fonctionnaires à ne rien faire et n'ont pas une politique de développement économique saine doivent être mis sous le giron d'une gouvernance européenne copiée sur le modèle allemand. Cette évolution est inévitable à moyen terme. L'Europe n'explosera pas car nécessité fait loi. Si l'Allemagne quittait l'Europe, sa nouvelle monnaie doublerait de valeur et son économie perdrait une partie du marché européen qui reste aujourd'hui son principal débouché en volume. Si la Grèce quittait l'Europe, sa situation économique et monétaire évoluerait vite vers celle de l'Argentine en 98. Personne n'a intérêt à l'explosion de l'Europe. Les PIGs ne subissent donc pas une politique temporaire de rigueur, ils apprennent simplement à gérer avec pertinence l'économie de leur pays. Je suis personnellement certain que le jour où les bonnes décisions politiques seront prises, le cours des actions européennes repartira fortement à la hausse. Cette évolution prend toutefois  du temps et il convient de ne pas trop trainer. Tout dépend désormais du duo Sarkozy-Merckel et de sa capacité à imposer les réformes nécessaires  à ses partenaires de l'Eurozone .

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 08:11

Par Jean Christophe Bataille.

 

http://img.ehowcdn.com/article-page-main/ehow/images/a08/1m/fq/causes-effects-stagflation-800x800.jpg

 

Les déflationnistes disent souvent pour nier l'évolution inflationniste actuelle que si les taux se mettaient à grimper, l'économie freinerait et l'inflation diminuerait. C'est méconnaitre totalement le mécanisme stagflationniste car la séquence qu'ils décrivent est celle d'une inflation par la demande, pas celle d'une inflation par les coûts. Il ne faut pourtant pas être grand économiste pour comprendre que la séquence réelle est : hausse des coûts à la production, puis appréciation des prix à la consommation, puis hausse des salaires malgré la baisse d'activité pour compenser la hausse des prix dans un contexte d'émission excessive de monnaie. La hausse des taux se produit après cette suite évolutive. C'est d'ailleurs ce qu'on observe en ce moment : la récession couve, les prix montent, le dernier indice des prix à la production US est à la hausse alors que les taux restent bas. Ceux-ci ne monteront que si les salaires s'apprécient. Cette hausse des salaires augmente automatiquement les recettes fiscales à hauteur du taux d'inflation puisque tous les fluxs financiers s'indexent progressivement sur la perte de valeur des monnaies et ne mettent donc pas les états en difficulté. En revanche cette stagflation permet un désendettement plus rapide des états et des acteurs privés lorsque leur dette est à taux fixe ou variable capé. 

La stagflation est inéluctable car tous les ingrédients de celle-ci sont réunis :

- hausse des coûts matières premières,

- hausse des coûts salariaux chez les émergents,

- hausse des devises émergentes,

qui créent progressivement une inflation importée par les coûts et qui s'accompagnent d'une volonté de créer de l'inflation :

- émission excessive de monnaie par les banques centrales occidentales.

Lorsque les indices des prix actuellement surpondérés en produits importés issus des émergents vont commencer à vraiment flamber, les salaires finiront par suivre en occident quel que soit le niveau du chomage (2 ans après la hausse des prix dans les années 70). Penser que les salariés vont accepter des hausses officielles de prix de plus de 5 % sans obtenir d'augmentation de salaire nominal pendant plus de deux ans (soit au minimum une perte de pouvoir d'achat de 10.25 %) est un doux rêve de déflationniste.

Mais ce scénario lent de délitement des monnaies occidentales pourrait s'accélérer si l'Europe ou les Etats Unis voyaient la crédiblité de leur monnaie diminuer. Dans ce cas, les investisseurs pourraient se tourner vers les biens tangibles en faisant grimper leur prix de façon très importante avec pour résultat une hausse des prix à consommation plus forte dans un contexte récessif plus important et une chute du marché obligataire.

Deux possibilités :

- une récession forte avec des taux d'inflation supérieurs à deux chiffres ou hyperinflation.

- une slumpflation avec flambée extrèmement rapide des prix et dépression économique majeure.

Je ne fais pas partie des catastrophistes et cette dernière hypothèse n'est pas du tout mon scénario central.

De façon plus générale, dans le débat déflation inflation, les déflationnistes confondent récession et déflation. Ils utilisent ce dernier mot pour qualifier toute baisse des marchés actions. Or une déflation est un phénomène monétaire qui renchérit la monnaie, ce qui n'est à l'évidence pas le cas. La déflation ne résume pas à la chute des prix d'une classe d'actif.

Le département d'analyse économique de Natexis vient de publier une étude qui va en l'encontre de ses publications de l'an dernier où l'inflation était, selon ses spécialistes, impossible du fait d'un taux de chômage occidental élevé.

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=59552

Les analystes évoluent, les déflationnistes impénitents du net finiront par évoluer aussi ...

Fiez-vous à un indice des marchés qui vous explique que le grand soir déflationniste ne viendra pas mais que l'inflation va progressivement monter : l'or et l'argent grimpent de concert. Cette évolution est impossible dans la déflation.


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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 08:04

 

Par Jean Christophe Bataille

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b7/Flag_of_Europe.svg/800px-Flag_of_Europe.svg.png

 

Le dernier sommet franco-germanique, sous une apparence banale, est un évènement historique car il traduit le début d'une volonté de fédéralisme européen. L'évolution économique mondiale va nécessairement être impactée par les décisions qui vont être prises et les commentateurs n'en mesurent manifestement pas encore toute la portée. Cette ambition fédéraliste a plusieurs conséquences :

- Les gauches française et européenne sont tout simplement prises à contre-pied et c'est une manoeuvre habile des deux dirigeants dans leur propre pays.

- Une gouvernance politique européenne va progressivement se mettre en place au niveau économique.

- L'Allemagne et la France, nations encore dotées d'un triple A, font savoir clairement aux pays du sud qu'elles vont dominer le jeu politique et que les pays qui n'accepteront pas leurs règles n'auront qu'une option : celle de la sortie, avec toutes ses implications bonnes ou mauvaises, défaut de paiement, dévalorisation monétaire etc ...

- Le duo France-Allemagne va imposer une politique de rigueur sans précédent à l'Europe.

- Le potentiel récessif de cette politique est important car elle est d'essence monétariste.

- Incapable de suivre ce mouvement politiquement, économiquement et socialement, des pays quitteront peut être de l'Europe.

- Lorsque le chemin sera tracé, des eurobonds vont voir le jour et progressivement alimenter un budget européen de plus en plus important. Les marchés sont pour l'instant déçus par le sommet car l'argent ne coule pas à flot mais il ne peut pas y avoir véritable augmentation du budget fédéral tant qu'une gouvernance économique européenne au pouvoir politique fort n'est pas en place. On ne peut pas mettre la charrue avant les boeufs.

- Les américains ne voient sûrement pas cette nouvelle gouvernance économique d'un bon oeil car l'Europe va se renforcer politiquement. Dans un contexte plus fédéraliste, la situation économique européenne est meilleure que celle des US.

- Il faut s'attendre à un renforcement de l'euro à long terme ce qui nous prémunirait un peu de l'inflation importée en cours et à venir.

 

Depuis sa création, l'Europe s'est toujours renforcée pendant les crises. Ce sera encore le cas car aucun des pays membres ne peut renoncer à ce bloc politique. Il est le seul moyen de peser dans le concert des nations.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 06:19

Par Olivier

 

http://www.decitre.fr/gi/33/9782915401233FS.gif

 

Un de nos lecteurs habituels, Olivier, qui poste sous un autre pseudo a interviewé par mail le 13 mars 2011 Léonard Sartoni, spécialiste du marché de l'or, de l'argent et des actions minières et investisseur plein temps sur le marché de l'or. Il vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine et l'auteur de « 2008-2015 : pourquoi l'or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter ».

Je le remercie de l’autorisation qu'il a accordée à Olivier de publier la conversation amicale qui suit :

Olivier : Que pensez vous de United Mining Group, une mine d'argent située dans l'Idaho, junior d'exploration. Je l'ai achetée à 0.76 € et je ne comprends pas sa baisse excessive alors que les nouvelles sur le site d'UMG semblent bonnes. A l'instant où je parle, elle vient de perdre 13.68%. D'autre part que pensez-vous du FCP métaux précieux Dynamic Precious Metals Code Isin : LU0357130854 DundeeWealth S.A. ? Mes indicateurs me donnent le sentiment que c'est le moment de l'acheter, comme pour l'or ... 

 Leonard Sartoni : J'ai regardé la composition de Dynamic Precious Metals. Il est investi en moyennes et petites capitalisations, donc son risque est plus élevé que le risque de producteurs d'or qui entrent dans la composition de l'indice HUI. En fait, il s'apparente davantage à un fonds de juniors. Votre potentiel de gain est plus élevé mais la volatilité sera beaucoup plus grande (fluctuations possibles très fortes entre -50% et +100% sur une année). Il ne faut pas s'étonner de creux plus violents qu'escomptés. Vous avez raison de rester prudent! Pourtant, je pense comme vous que le moment est bien choisi pour entrer dans ce fonds. Avec un horizon de placement de 3 à 5 ans, on peut s'attendre à une très belle performance. Mais rappelez-vous qu'en 2008, les mines d'or avaient perdu 75% et qu'en 2009-2010 elles en avaient regagné +300%. Il faut avoir l'estomac solide pour encaisser de telles embardées!!!

 L'action de United Mining Group (UMG) semble bien orientée techniquement, mais il faut savoir qu'en détenant une seule société minière, on s'expose à un risque infiniment plus grand qu'en étant investi dans un fonds commun de placement! Je parle en connaissance de cause. Je ne compte plus le nombre de sociétés minières que je détenais et qui ont mal tourné pour des raisons que je ne pouvais absolument pas deviner : inondation, changement de législation, épuisement du minerai plus rapide que prévu, plainte d'une autre société minière quand à une transaction, mauvaise décision de la direction pour racheter telle autre société, mauvaise décision de la direction pour prendre des couverture sur la production future afin de dégager du cash, problème de métallurgie, etc. A ce jeu-là, vous avez 50% de tomber sur une société qui va grimper avec les autres sociétés du secteur et 50% de la voir faire moins bien, voire même beaucoup moins bien. Ne misez donc que de l'argent "casino" sur de telles sociétés! Avec 1% vous ne risquez pas grand chose, donc OK.

Personnellement, mes plus grosses positions de mines sont aujourd'hui sur ZJG (marché canadien), un ETF canadien qui investit sur un indice de mines d'or juniors, ainsi que sur GDXJ(marché US) un autre ETF qui investit sur un groupe de mines d'or juniors (pas tout à fait les mêmes que l'ETF canadien). L'avantage de l'ETF de mines d'or juniors, c'est que sa gestion est passive, c'est-à-dire que le gérant ne sera pas tenté de remplacer telle mine par une autre au pire moment ou se renforcer sur une mine qui va encore baisser. Mais à voir la performance de votre fonds, le gérant a l'air de bien se débrouiller.

Pour revenir à UMG, je vous conseille de suivre la valeur en termes de dollars canadiens, car toute la liquidité du titre se trouve là-bas!


L'analyse technique doit se faire sur le marché principal au Canada et non en euros.


Ensuite, je vous répondrais que cette valeur ne me semble avoir aucun problème particulier. Elle baisse avec le reste des juniors depuis quelques mois. Nous sommes en mode correctif depuis un certain temps. La volatilité sur ce titre est tout à fait normale. Le prix pourrait encore baisser un peu, mais il pourrait tout aussi bien se trouver près d'un point de retournement majeur. Toutefois, si le prix de l'or et de l'argent entreprennent une correction, le titre aura peu de chance de rebondir durablement. Vous savez, les juniors ont l'habitude de faire des mouvements très violents et parfois le marché peut faire n'importe quoi, comme par exemple grimper beaucoup trop vite ou baisser sans raison pendant trop longtemps à cause des suiveurs de tendance. Les gens vendent parce que ça baisse ou achètent parce que ça monte, et sans autre raison que cela. Le marché étant très peu liquide (peu d'acheteurs et de vendeurs), cela suffit à causer une opportunité d'achat ou une opportunité de vente pour celui qui reste attentif!

Je suis très frileux pour conseiller à un investisseur d'acheter un titre minier spécifique, car la diversification est la clé de la réussite. Il y a tout simplement trop de risques dans cette industrie! Je conseille à la place l'ETF de juniors BMO sur le marché canadien ou GDXJ sur le marché US. Dans ces ETF se trouvent des dizaines de mines juniors d'or et d'argent. Cela répartit avantageusement le risque!

Toronto Stock Exchange (ajout d'Olivier):

BMO Base Metals Commodities Index ETF (symbol : ZCB).

BMO Precious Metals Commodities Index ETF (symbol : ZCP).

BMO Junior Gold Index ETF (symbol : ZJG).

BMO S&P/TSX EW Global Base Metals Hedged to CAD Index ETF (symbol : ZMT).

Personnellement je suis sorti de toutes les valeurs argentifères, car en cas de correction les actions de mines d'argent baissent beaucoup plus que les mines d'or!!! Mais je reste encore investi sur les mines d'or, car nous pourrions encore grimper jusqu'à $1600. Si je me trompe, mon portefeuille perdra moins que si je joue encore l'argent et les mines d'argent, qui ont déjà beaucoup grimpé!

Ce serait un peu dommage de sortir de votre valeur en ce point précis, car nous pourrions nous trouver à un point de retournement. Si vous avez acheté cette valeur pour le long terme, vous ne devriez avoir aucune raison de sortir. Le problème est qu'il faut sans arrêt suivre les progrès de la société pour savoir s'il n'y a pas un problème qui se profile et qui pourrait faire chuter durablement le titre. J'ai consulté les news, et à priori rien de négatif ne transparaît.

En y regardant de plus près, je trouve que la force relative de ce titre par rapport aux autres titres de mines d'argent est faible. Ce n'est pas un bon signe, mais parfois le marché est irrationnel.


Consultez le site
Silverstrategies.Il regroupe la plupart des mines d'argent juniors (même catégorie que la votre) :

Vous cliquez sur le nom de la société et vous obtenez un graphique de sa performance. Vous pouvez ainsi comparer. Une bonne société doit voir son titre grimper aussi vite que celui des autres sociétés du secteur. Sinon, on peut supposer que vous n'avez pas pris le bon cheval...

Regardez par exemple le graphique de ca:fr ou ca:edr ou ca:agq  ca:fvi  ca:aun sur
bigcharts

(ci-dessus ca:fr mais vous pouvez remplacer par les autres mines d'argent ca:edr ou ca:agq ou ca:fvi ou ca:aun)


Vous vous rendrez compte que votre titre ne performe malheureusement pas aussi bien. Il y a sûrement une raison à rechercher du côté du potentiel de cette société (financement, réserves, management,...). Un titre peut traîner durant quelques mois, mais lorsqu'il fait beaucoup moins bien sur une période de 1 année, c'est que c'est un mauvais cheval...

Toujours à propos de votre titre United Mining e
t toujours sur l'excellent site de silverstratégie,vous pouvez consulter la performance de la plupart des mines d'argent junior depuis une date quelconque :

Il vous suffit pour cela de changer les deux premiers chiffres de la case From (depuis), en n'oubliant pas qu'aux USA, le premier chiffre indique le mois et le second le jour (l'inverse de chez nous). Pour consulter la performance de tous les titres depuis le 1er septembre 2010, il faut introduire 09/01/2010 puis cliquer sur "run"

Vous obtenez le meilleur titre
Oremex Resources Inc. avec 466% puis
Great Panther Silver Limitedavec 424% etc. Le moins bon titre fait du -42% suivi de Esperanza Resources Corporationavec +4%. Clairement, le dernier titre a connu des problèmes exceptionnel, car les 14 autres qui se classent en queue tournent autour de +50%, les suivants se situant au-delà de +100%. Et cela en seulement 6 mois! La moyenne doit se situer pour l'ensemble vers les 100 ou 120%. Si votre titre fait moins bien que la moyenne, c'est un mauvais cheval, quoique peuvent en dire les investisseurs sur les forums.

United Mining depuis le 1er septembre fait un peu plus de 50%, donc il se situe dans la queue du peloton (le dernier tiers). Ce n'est pas catastrophique et il peut encore rattraper son retard si une bonne nouvelle tombe sur un résultat de forage, mais cela reste spéculatif et je ne connais absolument pas le projet de cette société.


Tout cela pour vous dire que si vous ne comprenez rien aux avancées de votre société, sur la qualité de son projet, il suffit de regarder la performance de son titre. Tout est dans le prix, mais à la condition de mesurer la performance sur une assez longue durée (de 6 mois à 1 année). Sur le court terme (comme lors de la dernière correction sur le titre), le prix peut faire à peu près n'importe quoi. Si le prix remonte au niveau qu'il avait au tout début de l'année, il se situera à nouveau dans la moyenne de performance du secteur. Donc il vaudrait la peine d'attendre encore jusqu'en avril-mai pour se faire une idée. Le risque est que le prix de l'argent corrige et que le titre plonge encore plus. Dans ce cas, il serait trop tard pour vendre et il faudrait faire le dos rond en oubliant cette valeur pendant quelques mois. Je pense aussi que vous avez accepté ce risque en investissant sur une valeur en particulier : soit vous perdez tout, soit vous gagnez plusieurs centaines de pourcentage de performance. Faire du trading en sortant lorsque le titre plonge, c'est le moyen le plus sûr de se faire éjecter et peut-être de voir le titre grimper à nouveau... sans vous à bord! Que l'investissement est frustrant! C'est 95% psychologique.


J'ai pris la peine de vous répondre longuement, car je sais ce que vous ressentez et ce n'est pas facile de prendre une décision. L'investissement teste nos nerfs durant les corrections. Et elles sont souvent beaucoup plus longues que ce que l'on peut supporter nerveusement. L'égo doit se taire, et il faut rester humble. On ne commet pas vraiment d'erreur. Les titres baissent pour des raisons qui souvent nous échappent. On ne peut pas tout maîtriser. Il faut accepter les pertes. Dans un marché haussier, elles sont 80% du temps temporaires. Les pertes sont surmontées, même s'il faut attendre une année ou deux pour cela. Voyez la chute de l'argent métal de $21 à $8 en 2008. On pouvait tout abandonner en 2008, mais 3 ans plus tard, le prix est passé de $8 à $36!!! La patience est la clé de la réussite. Evidemment il vaut toujours mieux acheter la faiblesse (par exemple acheter un titre après une très grande correction sur le secteur) que d'acheter la force (par exemple acheter un titre après qu'il ait grimpé de 300%). Si vous achetez chaque fois sur la force durant 5 ans de trading, votre performance sera médiocre. Si vous achetez chaque fois sur la faiblesse (correction sur l'argent de 2004, 2006 et 2008), votre fortune est faite! Vous avez remarqué? Nous n'avons plus eu de grande correction sur l'argent métal depuis 2008. Oui, cela n'est pas très engageant pour ouvrir de nouvelles positions sur ce secteur...


Olivier : Croyez-vous à une autre panique boursière comme en 2008 ? Il y a un article sur Gold24H assez incroyable dans lequel la manipulation des cours de l'or est mathématiquement démontrée. Je me demande comment cela doit prendre fin. Pourquoi personne ne dépose-t-il plainte ? Comment mettre ces gens en échec ? Je ne vois aucun obstacle à leur action spéculative étant donnée la désinformation ambiante.

Léonard Sartoni : Je ne crois pas à un nouveau krach 2008. Les gens savent que la Fed est capable de tout pour liquéfier le système. Il y aura sans doute une correction de 15% à 20% sur les marchés, peut-être un peu plus, mais pas autant qu'en 2008. L'argent métal pourrait alors corriger de 30% depuis son sommet...

N'oubliez pas que le marché haussier sur les métaux précieux va encore durer quelques années.


Le marché de l'or était surtout manipulé vers la fin des années 90. C'était très facile en ce temps-là. Depuis 2007, je crois que les manipulateurs ont perdu la main. Les banques centrales asiatiques sont devenues trop puissantes et trop cupides envers l'or. Elles ont l'intention d'en acheter beaucoup plus et poursuivre la manipulation serait comme d'essayer de remplir une boulangerie de pain pour faire croire à une abondance de vivres, tandis que les gens meurent de faim dehors et font la file pour en acheter. Peine perdue! Mais par contre, nous pouvons toujours connaître une correction intermédiaire à cause de la sortie des spéculateurs et des amateurs lorsqu'ils prennent peur. Il faut savoir que depuis 2009-2010, le marché de l'or n'a jamais corrigé sévèrement, et la conséquence est que le marché porte à présent avec lui beaucoup de traders et de spéculateurs qui ont fait de jolis profits et qui attendent la moindre occasion pour sortir et sécuriser leurs gains. Leur but est le profit à court terme et ils détestent perdre ce qu'ils ont gagné (contrairement aux investisseurs de long terme). Une secousse un peu plus forte que les autres, et ils peuvent se mettre à courir dans tous les sens! Le marché doit alors surmonter cette avalanche de ventes et il perd plusieurs mois à consolider avant de repartir à la hausse (voir toutes les corrections passées). Encore une fois, la patience est essentielle. Ce genre de phénomène est tout à fait normal dans un marché haussier : il doit purger régulièrement toutes ces mains faibles. Une fois éjectés du marché, ils reviendront plus tard sur une nouvelle hausse et participeront à nouveau au mouvement.

Vous voyez, c'est difficile de bien vous répondre sans faire long. J'espère vous avoir aidé à mieux comprendre une partie des rouages des marchés
.


Quelques autres mines mentionnées sur ce blog (ajout d'Olivier):

Endeavour Silver Corp.

First Majestic Silver Corp.

Silver Wheaton Corp.

South American Silver Corporation

 

Pour suivre quelques valeurs Silver.

http://stockcharts.com/freecharts/perf.html?$SILVER,UMG.TO,FR.TO,SLW.TO,ORM.V

 

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 06:45

 Par Jean Christophe Bataille.

 

http://www.leblogfinance.com/images/gold-bars-636.jpg

 

Fin juin, la FED devrait donner sa stratégie pour sortir de la crise. La montée de l'or et de l'argent nous montre la direction qui va être suivie et il est probable que la monétisation de la dette va se poursuivre. Si une autre décision était prise, une chute de l'or devrait intervenir et serait mise à profit pour renforcer nos positions Gold et Silver. Mon avis est tranché : il y a eu trop de monnaie émise et l'inflation sera inévitable dans tous les cas. L'or est encore loin de ses sommets. En Europe, la BCE veut donner l'impression de lutter contre l'inflation en haussant ses taux d'intérêt. Elle rencontrera deux écueils :

- Elle est obligée de poursuivre les injections de liquidités dans le système bancaire, ce qui est inflationniste.

- La hausse des taux ne fait que restreindre l'accès au crédit et est essentiellement récessive. En revanche elle n'empêche pas l'inflation importée puisque les prix augmentent pour d'autres raisons que celle d'une surchauffe économique européenne : excès de production monétaire partout dans le monde et surchauffe chez certains émergents comme la Chine qui ne veut pas revaloriser sa monnaie, seule façon rationnelle de ralentir son économie.

Au total, la Chine fait mine de freiner son activité pour juguler l'inflation mais ne le veut pas vraiment et l'Europe fait semblant de lutter contre l'inflation alors que cette dernière est sa seule porte de sortie de crise. Quand à l'Amérique, ses intentions sont très claires. Plus personne n'a de doute.

Nous sommes donc dans un jeu de dupe sur les monnaies. Accumulez les métaux précieux sur chaque repli comme nous le faisons sur Futures.

 

Bonne semaine !

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 07:38

Par Jean Christophe Bataille.

 

http://img.clubic.com/02708472-photo-usa-drapeau.jpg

 

Quelques remarques pêle mêle sur les fondamentaux de l'économie en ce début de mois d'avril. Ces anticipations sont à moyen long terme et n'impactent pas celles formulées dans la file trading pour le mois de mars.

Croissance

La nouvelle fondamentale de cette semaine a été la baisse du chomage américain. L'économie des USA est temporairement repartie avec QE2. Le taux de croissance du PIB américain s'affiche à plus de 3 %. La France, elle-même, devrait s'acheminer vers son trend habituel de 1.5 %. L'idée que nous pouvons développer pour guider nos investissements est que ce cycle va se poursuivre. Il faut cependant garder à l'esprit qu'il durera probablement moins longtemps que les précédents du fait du poids que font peser des dettes souveraines dans tout l'occident. Je reste donc pour l'instant investi en actions dans les proportions du Forecast tout en gardant toute la prudence nécessaire.

Une autre idée est qu'il faudra se méfier très en amont des cours boursiers car lorsqu'une nouvelle récession sera anticipée par les marchés, elle le sera comme toujours longtemps à l'avance. Toutefois, pour prolonger le cycle actuel, la FED n'hésitera pas à injecter de nouvelles quantités de dollars en utilisant les moyens les moins conventionnels. QE3 n'est pas impossible si à l'arrêt de QE2 la croissance donne des signes de faiblesse. Les méthodes non conventionelles se poursuivront car je crois que les autorités américaines recherchent un affaiblissement progressif du dollar. Elles n'ont pas d'autre choix pour piloter l'économie mondiale.

Taux et monnaies

On prédit chez tous les Cassandre une explosion des taux américains. J'ai toujours autant de mal avec l'hypothèse d'un crash obligataire brutal. Je ne le juge pas impossible mais j'anticipe plutot un délitement progressifs des monnaies occidentales et une montée lente mais controlée des taux longs. L'action des banques centrales par la monétisation est clairement efficace. Le compartiment obligataire des émergents est encore très faible. L'argent se réfugie donc dans les obligations de l'OCDE et dans les actifs tangibles du fait d'une poursuite de l'aversion au risque. L'achat d'obligations souveraines par les banques centrales fait le reste. Cette montée lente des taux aura des effets déletères : péjoratifs sur les supports euros de l'assurance vie, plus difficles à prévoir sur l'immobilier au comptant. Elle sera probablement favorable aux emprunteurs à taux fixe. Tout dépendra du niveau de l'inflation. Le garde fou des trackers short obligataires me parait plus que jamais indispensable au portefeuille. A accumuler en baisse ! Les métaux précieux continueront à se renchérir dans nos monnaies et nos dettes à taux fixe à se déprécier. 

La situation est intenable disent certains ! Pas si sûr ! Car si le résultat de cette politique est d'aboutir à un affaiblissement de nos monnaies, est ce une catastrophe ? Non bien sur, car elles sont justement surévaluées. Le meilleur exemple de cela est la distorsion paritaire qui existe entre les monnaies de certains émergents et les notres. Le constat est simple : il y a plus de Porsche Cayenne à Shanghaï qu'à Paris et l'equivalent salaire mensuel d'un ouvrier chinois est à 100 $ alors qu'il est chez nous au minimum à 1200 euros. Rien ne justifie cette différence aujourdhui si ce n'est une parité fixe dollar yuan artificiellement imposée par les anciens accords sino-américains. Les chinois ne veulent pas réevaluer leur monnaie ? Ce sont les notres qui baisseront, le marché finira par reprendre le dessus. Et si le Yuan reste accroché au dollar, les chinois subiront une inflation insupportable de leurs prix importés. Le yuan est donc condamné à s'apprécier pour diminuer le coût des importations en matière premières de l'usine du monde. Dans ce contexte, j'ai donc plutot tendance à soutenir la politique de Ben Bernanke et je l'ai déjà dit plusieurs fois, sans son action et celle de la BCE, nous serions en déflation profonde.

 

A plus long terme

 Ces mouvements monétaires devraient aboutir dans une dizaine ou une vingtaine d'année à un début de relocalisation industrielle en occident, ce qui est hautement souhaitable. En revanche, la montée inéluctable du prix des matières premières même si elle se fait par vagues de hausse et de baisse devraient nous conduire à être beaucoup plus économes en ressources naturelles. Le recyclage devrait se développer fortement et nos modes de consommation devraient se modifier en profondeur. La consommation Kleenex finira par disparaitre. 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 07:13

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2011/03/03/b06147b4-45a2-11e0-a157-b94c20dcdfb9.jpg

 

 

Que faire avec les supports en euros de l'assurance-vie ? Je n'ai qu'une réponse : les vendre progressivement. 

Il est évident que les taux d'intérêt occidentaux vont monter à un moment ou à un autre. Que ce soit à cause de l'inflation importée que je décris à longueurs de page dans ce blog ou à cause de l'exigence grandissante des emprunteurs de compenser par du rendement la dilution monétaire mise en oeuvre par la BCE via la monétisation. Dans ce cas, les obligations détenues par les compagnies d'assurances vont perdre en valeur. Ces compagnies vont alors essayer de garder ces obligations jusqu'à échéance pour ne pas perdre en capital et continuer à servir un rendement conforme à celui qui prévalait à l'émission. Que vont faire les épargnants devant des rendements inférieurs à ceux des nouvelles émissions ? Sortir leur argent des supports euros pour acheter des SICAV obligataires fournissant un rendement supérieur. Deux solutions pour les compagnies : soit elles vendent leur obligations à perte ce qui fera chuter un peu plus les rendements, soit elles refusent les rachats de contrats en se prévalant de certaines clauses écrites en petits caractères ou tout simplement en demandant à l'état de restreindre les possibilités de rachat.

Ce n'est pas tout. Si la dette de certains PIGs est restructurée (c'est à dire promise à n'être que partiellement payées) on comprend que les compagnies d'assurance vont encaisser de nouvelles pertes en capital qui ne pourront être assumées que par les épargnants via le support en euros.

Cela fait donc beaucoup de risques pour des contrats qui rapportent aujourd'hui beaucoup moins que l'inflation réelle.

Vous pouvez remarquer que dans le patrimoine type nous n'avons pas plus  de 1 % de supports en euros et aucune obligation à taux fixe. L'ensemble des titres de créances est concentré sur la dette émergente, le high yield et la dette indexée sur l'inflation. Croyez-moi, ce n'est pas un hasard !

Que faire de l'argent tiré de la vente des support en euros. Il faut pour cela  savoir quels actifs résisteront à une hausse des taux. Voici un tableau résumant l'évolution supposée des différents actifs en monnaie courante en cas de hausse des taux selon qu'elle se déclare en environnement inflationniste ou en environnement stable sur le plan monétaire :

      Qté Sans inflation Avec inflation
       
       
Or physique 10,00% Baisse Forte hausse
Mines d'or 7,00% Baisse Forte hausse
Mines d'or moyenne importance 1,00% Baisse Forte hausse
Silver 1,00% Baisse Forte hausse
Euros 0,00% Forte baisse Forte baisse
Obligations taux fixes 0,00% Forte baisse Forte baisse
Produit monétaires chinois en Yuan 2,00% Hausse Hausse
Obligations émergents 4,00% Neutre Baisse
Obligations taux variables 5,00% Neutre Forte hausse
Obligations High Yield 2,00% Baisse Baisse
Trackers short sur obligations 1,00% Forte hausse Très forte hausse
Actions chinoises compartiment A et B en yuan 1,00% Neutre Hausse
Actions Emergents 5,00% Neutre Hausse
Energie matières premieres 5,00% Baisse Forte hausse
Actions défensives européennes à gros rendement 4,00% Neutre Hausse
Avoirs spéculatifs 2,00% Neutre Neutre
Immobilier 50,00% Baisse Hausse

 

L'évolution monétaire va beaucoup dépendre des événements économiques qui vont faire monter les taux. Le débat reste donc ouvert sur l'évolution de l'ensemble des marchés. J'ai personnellement déjà choisi, l'inflation est l'hypothèse pour moi la plus probable.

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Jean Christophe Bataille

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