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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 23:10

Par Jean Christophe Bataille


http://www.arb.ca.gov/cc/oil-gas/images/oil%20pump%20sunset.jpg

 

L'inflation chez les émergents ne fait plus aucun doute. Elle est due à la surchauffe des économies émergentes, à l'expansion monétaire occidentale et aux sous-capacités de production dans le domaine des matières premières. Cette inflation est importée chez nous par le commerce mondial. Nous achetons des produits manufacturés, de l'energie et des matières premières en hausse. Pour que cette inflation ne gagne pas les salaires chez nous, il faudrait prendre des mesures monétaires qui nous plongeraient très vite dans une dépression économique profonde. La seule question à se poser est "les banques centrales préfèreront-elles l'inflation ou une dépression ?" La réponse ne fait aucun doute ! Nous aurons l'inflation ! Et malgrès cela, au mieux, la croissance stagnera.

Mais ce scenario pourrait être retardé par le prix du pétrole. Que celui-ci reste au dessus de 120 dollars au delà de 6 mois et le choc sera trop grand : l'économie freinera partout dans le monde, y compris chez les émergents, en réduisant aussi temporairement l'inflation. Le timing dépend donc actuellement du monde arabe. Une guerre civile en Algérie ou pire en Arabie Saoudite impacterait lourdement la situation tant au niveau du pétrole que du gaz. Dans tous les cas, l'économie repartira ensuite, portant encore plus haut les prix. Les salaires finiront par monter, indiciblement, avec les indices des prix. Et les porteurs obligataires occidentaux à taux fixe resteront les dindons de la partie.

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 12:10

Par Jean Christophe Bataille


http://www.totalmortgage.com/blog/wp-content/uploads/2010/10/quantitative-easing.jpg

 

Certains analystes voient dans l'introduction du quantitative easing une fuite en avant extrêmement dangereuse conduisant à coup sûr à une situation apocalyptique. J'ai déjà dit de nombreuses fois dans ce blog que ma conviction est que si cette méthode n'avait pas été utilisée, nous aurions eu à coup sur une situation épouvantable. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Arrêter le quantitative easing et ne pas soutenir la liquidité aboutirait à une rechute de la croissance et créerait un environnement à nouveau déflationniste. Pour autant, la survenue d'un cataclysme économique mondial avec une augmentation très forte de la masse monétaire est-il possible ? Je crois de plus en plus que non. Les différents acteurs de la planète s'accommodent très bien de cette pléthore de monnaie qui donne aux économies plus de souplesse évolutive. Le monde va voir son barycentre se déplacer progressivement vers les émergents. L'évolution de nos actifs et de nos économies sera tout simplement à l'image de ce que nous sommes, des sociétés en fin d'évolution, hyperprotectrices, soit en terme juridique (USA), soit en termes de couverture sociale (France), des sociétés désindustrialisés incapables de produire des produits manufacturés de base et pour l'Europe, des sociétés peu riches en matières premières. L'évolution à la hausse de LVMH témoigne parfaitement du fait que la seule chose que la France ait vraiment à vendre est l'image de son prestige passé. Nos placements domestiques ne feront pas d'étincelles quelle que soit la politique monétaire choisie. Ce sont désormais les émergents qui ont le flambeau et notre influence sur la planète, notre dynamisme ne pourront que diminuer progressivement. Nous sommes condamnés à émettre de la monnaie pour noyer la dette que nos pays ont contractée en renflouant le système bancaire. Ce faisant, on flouera les épargnants obligataires par l'inflation monétaire qui se propage actuellement dans l'économie mondiale comme l'eau s'infiltre lentement dans la roche. Fallait-il laisser tomber les banques ? Je ne le crois pas car l'effondrement du système bancaire des années 30 a produit beaucoup plus de misère que l'évolution actuelle. En cela Bernanke a réussit son pari. Il fallait toutefois, pour plus de justice, les renflouer en évaluant les actifs toxiques à leur vraie valeur et les nationaliser en contrepartie de l'argent injecté.

Ma conviction reste que la monnaie n'est qu'un moyen et qu'elle ne doit pas être sacralisée aux dépends de l'économie. Ce qui est en train de s'établir est un compromis où les créanciers émergents de l'occident voient l'épargne qu'ils ont constituée perdre de sa valeur mais qui permet à ces mêmes créanciers de conserver leurs clients. Il ne faut jamais perdre de vue que c'est l'accès des émergents à la croissance qui a tué notre industrie. C'est donc un juste retour des choses. Ce qui est en train de s'établir également, c'est un compromis dans lequel les créanciers occidentaux de l'occident voient se déliter leur épargne accumulée sur une croissance à crédit. La encore c'est un juste retour des choses.

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 07:00

Par Jean Christophe Bataille

 

http://bercy.blog.lemonde.fr/files/2010/06/inflation-2010.1276235846.jpg

 

Une stagflation est une stagnation de l'activité dans un contexte inflationniste. Celle de 73 était liée à deux causes : la montée excessive du prix de matières premières en particulier énergétiques (choc pétrolier) et un usage immodéré de la planche à billet. Les banques centrales ont jusqu'à présent imprimé beaucoup de monnaie pour éviter une nouvelle poussée de déflation. Elles n'arrêteront pas de le faire avant un moment. La BCE a ramassé l'équivalent de 10 milliards d'euros de dettes souveraines du 10 au 15 janvier... C'est-à-dire la quasi-totalité du papier mis aux enchères par les PIGS la semaine dernière. Et quand la banque centrale manque d'appétit, les pays d'Asie prennent le relais car ils n'ont aucun intérêt à ce que l'euro s'effondre ou que l'Europe tombe en récession. Les déficits bancaires sont ainsi systématiquement comblés par les états qui s'endettent auprès de créanciers consentants, obligés ou fictifs. Les gouvernements y compris européens socialisent donc les pertes bancaires depuis 2008 et n'ont pas d'autre solution que de créer de la monnaie en abondance pour ce faire. Ils y ont d'autant plus intérêt que si l'inflation targetting monte à 4 ou 5 %, la dette globale se résorbera plus vite.

Ce qui différencie le plus la déflation japonaise de la crise actuelle n'est pas que la dette est souscrite par des créanciers domestiques car les porteurs chinois ou arabes d'obligations occidentales sont aussi piégés que les épargnants japonais. Pousser les grands pays à faire défaut serait suicidaire pour tout le monde. C'est pour cela que l’hyperinflation n'est pas mon scénario central : personne n'y a intérêt. Ce qui différencie le plus la déflation japonaise de la crise actuelle, c'est que la printing press fait ce coup-ci exploser le prix des matières premières et que nous sommes majoritairement des pays importateurs. Nous avons donc tous les ingrédients pour subir une inflation importée ou stagflation. La crise actuelle à deux caractéristiques de plus que celle des années 70 : le Yuan, monnaie de l'usine du monde, sous évaluée, devrait fortement s'apprécier et les salaires des pays émergents devraient augmenter rapidement. Ce sont deux leviers supplémentaires qui n'existaient pas dans les années 70 et qui vont aggraver l'inflation. Je vais en rajouter un troisième : pour stopper une inflation importée, l'arme des taux courts est beaucoup moins efficace que dans une surchauffe et son utilisation serait très récessive. Seuls les émergents peuvent l'utiliser mais avec beaucoup de précautions pour ne pas faire retomber l'économie mondiale en récession. Elle devrait donc être évitée pendant longtemps en occident quoiqu'en dise Jean Claude Trichet. Il manque un dernier levier qui serait le protectionnisme. Fort heureusement, les pays du monde entier ne sont pas allés dans cette direction et se sont contentés de s'affronter sur leurs monnaies.

Cette inflation va s'accompagner d'une baisse ou d'une stagnation de l'activité économique liée au différentiel prix à la consommation / salaires. L'intensité de cette baisse sera directement corrélée aux prix des matières premières. Plus ceux-ci seront élevés, plus l'économie subira un frein important. L'inconnue est de savoir à quels prix des matières premières l'économie sera freinée. Pour qu'il y ait stagflation, il faut que les prix soient contaminés avant qu'il y ait récession. Ce sera très certainement le cas car les émergents, vecteurs de la montée des prix, sont en pleine surchauffe. Les prix vont donc monter longtemps avant que les économies ralentissent chez eux même si nos économies sont poussives.

Au bout de deux ans, les salaires monteront en occident (ils augmentent déjà chez les émergents) par l'effet conjoint de la planche à billet et de l'indexation sur l'indice des prix à la consommation. Je connais bien l'argument de ceux qui pensent que le chômage permet aux employeurs de ne pas augmenter leurs salariés autant que ne le fait l'indice des prix par le le jeu de la concurrence sur les salaires. Je leur réponds que seuls les gens qui n'emploient personne peuvent penser que l'on peut augmenter de 2% ses employés quand l'indice des prix gagne 6 %. Dans la réalité, ça ne tient pas au delà de deux ans. Et encore ...


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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 00:16

Par Jean Christophe Bataille

 

 

Dans la recherche d'actifs délaissés susceptibles de superformer dans les dix années qui viennent, le gaz semble être un actif intéressant. Si les énergies renouvelables ont un grand avenir à long terme, les acteurs économiques vont probablement donner la priorité au gaz qui devient, depuis l'apparition des shale gaz, beaucoup plus abondant que le pétrole, tout restant assez facile d'emploi.

 

Voici la courbe du prix du gaz en USD depuis 5 ans :

 

 

Positionner la souris sur la durée désirée

Et voici celui du pétrole :


Positionner la souris sur la durée désirée

 

Que constatons nous ? Le pétrole qui a touché 150 euros en 2008 est aujourd'hui à plus de la moitié de son record.

Le gaz a touché 15 $ à son plus haut et ne vaut aujourd'hui que 3.83 $. Il n'est qu'au quart de son sommet.

On ne peut pourtant trouver au gaz que des qualiltés :

- Tout d'abord, il n'aggraverait pas l'effet de serre. Les pays consommateurs devraient abandonner en partie le charbon et le pétrole pour développer leur politique environnementale.

- Pour les compagnies pétrolières, il est plus facile et moins couteux à extraire. L'augmentation progressive des coûts de production du pétrole devrait conduire à une utilisation de plus en plus importante du gaz naturel. Les techniques de liquéfaction GNL en permettent le transport en l'absence de gazoduc. 

- La découverte des gaz non conventionnels fait entrer des pays sans ressources en matières premières dans le camp des producteurs d'énergie : Pologne par exemple. Elle permet de revoir fortement à la hausse les réserves de gaz devenues plus abondantes que celle du pétrole.

De nombreuses activités humaines, chauffage, transport, production pourrait ainsi se convertir à l'utilisation du gaz. Le développement de son utilisation impacterait de nombreux secteurs :

- Les infrastructures de stockage et de distribution seraient développées, en Chine en particulier.

- La production dans les pays possédant du gaz non conventionnel devrait également solliciter de nombreuses sociétés spécialisées.

- Le prix du gaz lui-même qui n'a probablement pas encore intégré cette mutation devrait progressivement s'apprécier.

Un point négatif pourtant. Si la migration vers le gaz devrait être facile pour les activités de chauffage, elle devrait demander du temps dans de nombreux secteurs comme celui du transport. La flambée du gaz se fera lentement. Mais le rôle des marchés étant d'anticiper, quand le gaz sera partout, il sera trop tard.

 

Je n'irais pas plus loin dans cet article et laisse les lecteurs de Futures, dont certains connaissent bien le marché des matières premières, commenter ce texte et suggérer des véhicules d'investissement.

Il faut que tout le monde travaille un peu :-) ...

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 10:25

Par Jean Christophe Bataille.

 

Forecast image type

 

Sortons de l'actualité irlandaise et intéressons-nous aux Etats-unis. Pourquoi les taux longs américains ne montent pas malgré la multiplication des mesures monétaires expansionnistes par la FED ? La baisse historique des rendements obligataires est-elle durable ou cette tendance peut-elle s'inverser brutalement ?

La principale argumentation des déflationnistes a toujours été que si les monnaies étaient émises en excès les taux d'intérêt long terme monteraient et feraient rechuter l'économie.

Dans les faits, les taux longs US ne montent pas pour de nombreuses raisons :

1. Les pays émergents recyclent leurs dollars dans l’achat d’obligations US car c’est le compartiment le plus large d’accès pour les capitaux

2. Pour les émergents, financer la dette US, c’est maintenir leur capacité à exporter en alimentant la croissance des Etats-Unis.

3. Dans cette période d’aversion au risque, les épargnants US préfèrent encore acheter des obligations que les actions qui ont lessivé les portefeuilles pendant la crise de 2008-2009

4. Les banques américaines vendent des obligations américaines à leurs clients car cette distribution est la contrepartie de l’aide que leur a fournie et leur assure la FED.

5. Les caisses de retraites américaines achètent les obligations US car elles n’ont pas vraiment d’autres choix domestiques, entre un compartiment immobilier en pleine déconfiture et un compartiment actions américaines très volatil et au faible potentiel de progression. Seul l'investissement dans les matières premières et les émergents peut diversifier leurs avoirs mais les volumes accessibles en terme de capitalisation ou de dettes de ces compartiments sont pour l’instant encore réduits.

6. Les taux courts sur le dollar permettent d’emprunter à quelques mois de l’argent presque gratuit et de l'utiliser pour acheter des obligations US qui rapportent près de 3 %. Il suffit de rouler les positions court-terme et d’empocher les différentiels de taux. Il est possible de gagner encore plus d'argent en faisant la même chose avec les obligations des pays émergents et en se couvrant contre le risque de change. La trappe à liquidités fonctionne à plein régime !

7. Dès que les maturités longues ne trouvent plus preneur, la FED les achète dans le cadre de son programme d’assouplissement monétaire réduisant l’offre obligataire, permettant ainsi pour le bon déroulement des nouvelles adjudications à taux très bas.

Qu’est-ce qui pourrait faire monter les taux longs US et éventuellement provoquer un krach obligataire ?

1. L’augmentation en volumes des compartiments obligataires et actions des émergents qui siphonnerait les capitaux occidentaux. Le rythme des émissions et des introductions n’est cependant pas suffisamment élevé pour faire concurrence aux marchés occidentaux.

2. Un découplage complet des émergents qui n’auraient plus besoin d’exporter vers l’occident et commerceraient entre eux sans perte de croissance. On n’en est pas là mais le mouvement est en train de s’amorcer …

3. Une diminution de l’aversion au risque mais dans le contexte financier international, elle devrait se prolonger.

4. Aucun changement n’est à attendre du coté de l’alliance FED et système bancaire. Leur complicité est largement établie.

5. Les caisses de retraites vont être obligées de rester dans la même logique.

6. Les taux courts ne sont pas prêts de monter.

7. Combien de temps les marchés supporteront la monétisation des devises occidentales : probablement plus longtemps qu’on ne le croit grâce à 1, 2, 3, 4, 5, 6 …

Les taux d'intérêt vont-ils augmenter significativement à court terme ? 

D'après ce que je viens d'énoncer, les taux d’intérêt long terme semblent avoir encore une capacité à rester relativement bas pendant un moment en occident. Nouriel Roubini pense, lui, qu'un krach obligataire est imminent et sera déclenché par le rééchelonnement de la dette d'un grand état américain. Pourquoi pas ! Et dans ce cas, on pourrait assister à une véritable fuite devant la monnaie avec hyper inflation ... Mais le Qantitative Easing n'a-t-il pas pour objectif de monétiser également les dettes des collectivités territoriales américaines ? Ensuite, on l'a bien vu avec la Grèce et l'Irlande, une défaillance de la Californie, par exemple, serait-elle suffisante pour faire exploser les taux longs aux USA ? Si ce n'est pas le cas, la bulle sur les émergents et les matières premières pourrait avoir encore du chemin à parcourir. Et son corollaire, l’inflation importée aurait le temps de croitre et embellir avant que l'on ne jette le dollar aux orties. Cette inflation est en tout cas de plus en plus palpable en France. Quand on analyse les prix depuis 10 ans, on comprend très vite que les indices ne veulent plus rien dire ... Si j'avais un conseil à donner à Ben Bernanke pour faire démarrer une spirale inflationniste, je lui dirais de revenir au calcul des IPC de 1980, les salariés se rendraient vite compte que leur pouvoir d'achat est en train de fondre en termes réels. Si cette spirale se déclenchait, nul doute que les taux longs finiraient par monter mais le différentiel de taux avec l'inflation pourrait rester faible pour les raisons citées précédemment.

Sur l’échiquier international, comment peuvent répondre les pays émergents et les pays producteurs de matières premières à l'inflation générée chez eux par l'excès de création monétaire occidentale ? 

1. Une hausse des taux courts.

2. Un renforcement des ratios de solvabilité bancaire et une limitation de l’octroi de crédit.

3. Une augmentation progressive des salaires et du système social pour développer le marché intérieur et les capitalisations boursières locales.

4. Une hausse de leur monnaie.

5. Un contrôle des changes.

6. Une taxation des capitaux étrangers.

Que se passerait-il en occident selon les réactions monétaires des émergents ?

1 et 2. La hausse des taux courts et le contrôle du crédit qui est déjà dans les tuyaux dans un certain nombre de pays ( Australie, Chine, Inde) pourraient occasionner soit :

- Une baisse de la croissance des émergents. Mais si la désinflation est bien conduite dans les BRICS, la croissance économique devrait rester largement suffisante pour tirer l'économie mondiale, être plutôt vertueuse et devenir plus autocentrée. En revanche, cela n’empêcherait pas les prix à l’importation dans nos pays de grimper. La raison est simple : pour que les prix des matières premières et les salaires n'augmentent plus, il faut que le taux de croissance mondiale soit inférieur à 3 %. Or on sait que le dynamisme des pays émergents ne peut laisser durablement la croissance mondiale sous ce niveau.

 - Un effet dépressif pour toutes les économies si la désinflation est mal pilotée dans les BRICS. Le monde occidental pourrait plonger dans la déflation mais, on l'a bien vu en 2008-2009, le dynamisme des émergents n'est que peu altéré par les problèmes occidentaux. Même en période de crise, la consommation de base des USA et de l'Europe leur suffit à assurer le fond de leur croissance et le dynamisme de leur consommation intérieure fait le reste. La croissance chinoise est actuellement beaucoup plus proche des 10 % que de zéro ... Ce n'est donc pas l'hypothèse la plus plausible et dans tous les cas, les émergents préfèreront largement supporter un peu d'inflation que stopper la croissance mondiale.

3 et 4. Ces évolutions qui paraissent inévitables en Chine ou ailleurs exporteront de l'inflation vers nos pays.

5 et 6. Ces mesures déjà prises au Brésil et envisagées par plusieurs autres pays maintiendraient les liquidités émises en occident alimentant la hausse des prix chez nous par inflation monétaire directe.

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 06:17

Par Jean Christophe Bataille

 

Forecast image type

 

Conclusion et stratégie d'investissement


Comme on l'a vu, les incertitudes sont nombreuses sur le devenir de l'économie mondiale que ce soit sur son évolution ou sur le calendrier de cette évolution.

 

La stratégie actuelle de Futures sur les matières premières et les émergents n'élimine pas la survenue d'un krach obligataire mais repose pour l'instant principalement sur l'hypothèse d'une inflation par les coûts et une appréciation de l'euro face au dollar. Elle compte sur la poursuite de la direction prise par les autorités monétaires européennes dans le sens d'une politique de rigueur rendue possible dans les deux pays leaders par un ratio recettes sur dettes plus favorable. La monétisation de la dette long terme pourra encore s'avérer nécessaire lorsque le marché obligataire européen sera attaqué. Le discours de Jean Claude Trichet hier a confirmé que la BCE continuera à en faire usage à la demande, ce qui a d'ailleurs eu pour effet de stopper immédiatement la spéculation à la baisse sur l'euro. Mais la banque centrale en fait une mesure de sauvegarde et pas une mesure de relance. La masse monétaire devrait donc ne pas augmenter dans des proportions démesurées. N'oublions pas que l'Allemagne a totalement évité la dévalorisation du Deutch Mark dans les années 70 et que c'est elle qui va mener la danse en Europe ... Une hyperinflation parait donc peu probable sur l'euro. Cette hypothèse médiane n'exclue toutefois pas totalement la sortie de la zone l'euro de certains pays européens très endettés, ce qui renforcerait fortement la monnaie unique et pourrait limiter la hausse de l'or en euros. La stratégie de Futures n'élimine pas non plus la possibilité d'un krach obligataire dans le monde occidental et veut se doter des outils pour s'en prémunir.

 

La stratégie pour les années à venir est la suivante :

 

1. Position raisonnable sur les matières premières et les émergents aujourd'hui comme prévu au Forecast en continuant à saisir des opportunités à la baisse. Aucune position en dollar. On accumule les positions en dettes à maturité courtes en monnaies émergentes fortes en privilégiant le yuan. En effet, la revalorisation de ces monnaies et la montée des rendements constitueront deux leviers de profitabilité.

2. La part sécuritaire est importante.

L'immobilier reste un pilier du patrimoine. Sans parler de krach obligataire, le risque d'une augmentation des taux longs est important à moyen terme. L'immobilier baisserait dans ce cas mais son rendement resterait constant, les loyers ne baissant qu'en cas de déflation monétaire ou d'augmentation de l'offre physique.

Dans les patrimoines en devenir, une hausse des taux longs serait neutre au début sur l'acquisition d'un bien immobilier à crédit grâce aux effets de levier du crédit à taux fixe mais deviendrait vite très favorable si cette augmentation était associée à une hausse de l'inflation, ce qui est généralement le cas.

Une augmentation des taux longs diminuerait fortement la prime de risque pour les actions et dans le contexte actuel d'aversion au risque, les actions plongeraient au profit des nouvelles obligations émises.

La valeur des obligations chuterait en proportion de la hausse des taux et de la maturité des titres de créance détenus. C'est aussi la raison de notre exposition assez importante aux valeurs défensives européennes à haut rendement qui permettent de faire progresser le capital par le réinvestissement des coupons et peuvent constituer un parachute à la baisse en cas de hausse des rendements obligataires.

Le support euro de l'assurance vie exposé pour longtemps à une rémunération très insuffisante aurait l'avantage de préserver le capital. Maigre consolation !

2. Dans les métaux précieux, maintien d'une position aurifère approchant 18 % du patrimoine. 2 % de l'or pourrait éventuellement être arbitré pour du silver, toujours pour répondre aux anticipations de dévalorisation monétaire.

3. Couverture contre une montée rapide des taux longs ou d'un krach obligataire en shortant long terme les T bonds US en CFDs ou en achetant des trackers baissiers en levier 2 sur les Tbonds. Deux produits semblent disponibles :

Pour les obligations américaines :

AMUNDI ETF SHT US7
FR0010892745 - SU7

Notice

Pour les obligations européennes : 

AMUNDI ETF SHT 10

FR0010823385 - S10

Notice

Je n'ai pas encore d'avis tranché sur ces deux produits récents en particulier sur leur érosion dans le temps et leur exposition au roulement des positions sur contango ...

4. Prises de bénéfices sur les matières premières et les émergents dans les hausses en fonction du degré de surachat et rachat dans les creux, car la montée des matières premières et des émergents ne se fera pas d'un trait et pourrait durer longtemps si la création de dollars ex nihilo se prolongeait.

5. Prises de bénéfices beaucoup plus massives sur les actions matières premières et émergents, sur le monétaire émergent pour remonter en cash ou en obligation longues lorsque nous aurons atteint un niveau de prix des matières premières intenable pour l'économie, que le yuan se sera suffisamment apprécié ou que les taux courts occidentaux commenceront à monter significativement.

6. Puis rachats massifs des matières premières, énergie et émergents en euros après leur chute.


L'ensemble de cette analyse est shématique et probablement caricaturale à certains points de vue. De nombreux scénarios équivalents sont plausibles en particulier en terme de calendrier avec toutes les incertitudes sur l'évolution possible des monnaies et surtout des politiques monétaires.

La stratégie proposée est très dépendante d'une très bonne tenue de l'euro par rapport au dollar car si l'euro plonge, les matières premières ne retrouveront plus un niveau d'achat raisonnable en euros. L'arrivée d'Axel Weber à la Banque centrale européennes et le leadership monétaire de l'Allemagne en est le facteur clé .

On peut trader à la hausse pour 2 % du patrimoine Silver, Uranium, Palladium, terres rares, charbon et gaz sur la portion spéculative du patrimoine. Le problème pour ces matières premières est l'identification des meilleurs véhicules pour assurer les plus values à échéance.

 

Les patrimoines types sont actuellement actuellement répartis comme suit :


Pour les patrimoines supérieurs à 1.5 millions d'euros :

 

Or physique 10,00%
Mines d'or 7,00%
Mines d'or moyenne importance 1,00%
Euros 3,00%
Obligations taux fixes 0,00%
Produit monétaires chinois en Yuan 2,00%
Obligations émergents 4,00%
Obligations taux variables 5,00%
Obligations High Yield 2,00%
Actions chinoises compartiment A et B en yuan 1,00%
Actions Emergents 4,00%
Energie matières premieres 5,00%
Actions défensives européennes 4,00%
Avoirs spéculatifs 2,00%
Immobilier 50,00%

 

Pour les patrimoines sités entre 400 000 euros et 1.5 millions d'euros :

 

Or physique 10,00%
Mines d'or 7,00%
Mines d'or moyenne importance 1,00%
Euros 2,00%
Obligations taux fixes 0,00%
Obligations émergents 5,00%
Obligations taux variables 5,00%
Obligations High Yield 2,00%
Actions Emergents 5,00%
Energie matières premieres 5,00%
Actions défensives européennes 3,00%
Avoirs spéculatifs 2,00%
Immobilier 53,00%

 

Pour les patrimoines inférieurs à 400 000 euros :

 

Or physique 11,00%
Mines d'or 9,00%
Mines d'or moyenne importance 1,00%
Euros 23,00%
Obligations taux fixes 0,00%
Obligations émergents 5,00%
Obligations taux variables 5,00%
Obligations High Yield 2,00%
Actions Emergents 5,00%
Energie matières premieres 5,00%
Actions défensives européennes 6,00%
Avoirs spéculatifs 5,00%
Immobilier 23,00%

 

Auquels devraient s'ajouter prochainement des produits de couverture sur la hausse des taux obligataires.

 

Précision importante : le ratio immobilier représente, comme dans une déclaration ISF, la partie amortie du bien soit sa valeur vénale inscrite à l'actif otée du capital restant dû inscrit au passif. En cas de nouvelle acquisition, il correspond à l'apport en fond propre mais est amené à croitre avec l'évolution et l'amortissement du crédit.

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 06:12

Par Jean Christophe Bataille.

 

Forecast image type

 

Nous avons vu dans le premier article que l'occident avait de fortes chances de voir ses monnaies se dévaloriser. Autrement dit nos pays devraient souffrir de l'inflation. Cette inflation pourrait naître plus ou moins tardivement de quatre mécanismes bien différents :


A. Une inflation importée liée, entre autres facteurs, à une montée excessive du prix des matières premières en dollars.

B. Une fuite devant le dollar ou hyperinflation après un krach obligataire aux USA. 

C. Une fuite devant l'euro ou hyperinflation après un krach obligataire européen qui se généraliserait au monde occidental. 

D. L'inflation ne se déclencherait pas rapidement selon A B ou C car la montée des matières premières et la hausse des taux créerait une récession avec double dip mondial avant d'avoir pu relancer les prix. On observerait un cycle déflation-slumpflation.

 

Les interrogations à 5 ans

L'analyse de la situation reste grevée d'incertitude. La prévision économique restant un art difficile, il est fondamental de compléter la réflexion sous forme d'interrogations :

 

1. Une inflation importée est-il imaginable dans un contexte où les prix à la consommation montent très peu selon les indices officiels ? Est-elle possible dans un pays comme les USA qui se désendette et est plutôt en proie à des pressions déflationnistes ?

Tout d'abord, il est toujours difficile d'imaginer qu'une situation va changer quand on est habitué à celle-ci depuis trente ans. L'inflation n'est pas dans les esprits, elle parait donc impossible. Je rappelle que quand l'or a commencé à grimper en 2000, on le qualifiait de relique barbare qui ne rapportait aucun rendement. Sa détention avait fait perdre de l'argent pendant 20 ans de désinflation et il n'avait plus aucun intérêt. Personne n'aurait pensé à l'époque qu'il serait aujourd'hui cinq fois plus cher. Je rappelle également que personne n'imaginait en 1930, alors que les prix chutaient fortement, que l'inflation se développerait en 1936 et que la guerre éclaterait en 1940. Il faut donc se méfier de ne pas sous estimer le potentiel évolutif rapide des situations économiques et politiques.

Je répondrai ensuite que d'une façon globale, le monde est plus inflationniste que ne le révèlent les indices. Comme à chaque fois, je renvoie vers cet article que j'ai écrit l'an dernier : Le monde est inflationniste qui montre que le monde est en inflation depuis que l'or ne joue plus son rôle de monnaie de réserve.

Nous sommes actuellement dans une période de simple ralentissement de l'inflation liée au deleveraging immobilier. Cette baisse de l'inflation ne saurait durer très longtemps pour toutes les raisons déjà évoquées :

- Les émergents vont entrer dans la phase 2 du cycle de Kondratieff, normalement inflationniste.

- Les émergents ont véritablement découplé comme je l'affirmais en 2008 en d'autres lieux et le confirmais sur ce blog en 2009, dans un article sur le découplage des émergents.

- Nous produisons plus de monnaies que de richesses, et dans un monde globalisé, cet argent va s'investir chez les émergents et les producteurs de matières premières alimentant un peu plus leur tendance inflationniste naturelle.

- Nous sommes, à l'exception de l'Allemagne et du Japon, des pays importateurs de biens et souvent de services. Nos balances commerciales sont très déséquilibrées. Nous sommes donc condamnés à importer de l'inflation par les produits et les services importés si celle-ci se développe chez les émergents.

- La dette que nous avons accumulées est récessive et nous oblige à maintenir grand ouvert le robinet des liquidités qui va alimenter le carry trade sur le dollar.

- Nous créons même, artificiellement et par des mesures non conventionnelles, de la monnaie qui s'investit ailleurs par le même mécanisme.

- Pour lutter contre l'inflation, les émergents vont monter leurs taux courts, ce qui rendra leurs monnaies encore plus attractives car mieux rémunérées, ce qui asséchera à nouveau les liquidités occidentales, obligeant à une nouvelle création de monnaie.

- En luttant contre l'inflation, les émergents tendent vers une croissance vertueuse qui garantit un développement solide de leur économie et de leurs entreprise. Ces perspectives de développement iront, elles aussi, dans le sens d'une fuite des capitaux occidentaux vers les émergents, ce qui asséchera encore plus les liquidités occidentales obligeant à une création de monnaie supplémentaire.

- La surchauffe des émergents avec une croissance proche de 10 % ne peut qu'inflater le prix des matières premières et des salaires.

- Les émergents seront réticents à resserer totalement l'étau monétaire tant que leur marché intérieur ne sera pas complètement développé, sinon ils réduiraient la croissance de façon excessive chez eux et feraient plonger les économies matures, ce qui risquerait de détruire leur propre potentiel à l'export.

- Le reste de l'histoire est connue, nous ne tiendrons pas longtemps avec une explosion des prix à l'import sans dévaloriser nos monnaies et ni monter nos salaires en monnaie courante. La situation sera intenable et les entreprises exportatrices occidentales seront encouragées à cette hausse car la baisse de nos devises leur permettrait de faire monter les salaires en monnaie courante sans nuire à leur compétitivité. Ce dernier point est important car il répond aux gens qui pensent que les salaires ne peuvent pas monter quand il y a un chômage important. En fait, les salaires ne monteront pas en monnaie constante, ils pourraient même baisser tout en apaisant les revendications syndicales si l'inflation augmentait rapidement ... En revanche, cette dévaluation monétaire sera néfaste sur le prix des matières premières importées puisqu'elle fera perdre en compétitivité sur les coûts matières. Les allemands adeptes de la désinflation compétitive l'ont bien compris, mais leur politique ne fonctionne que si les acteurs économiques publics et privés ne sont pas trop endettés et restent solvables. Si ce n'est pas le cas, l'inflation est le seul recours honorable pour accélérer le désendettement et rétablir l'équilibre bilanciel. Créer de la monnaie est souvent plus facile pour les hommes politiques que d'affronter la rue. Les syndicats ont d'ailleurs commencé à organiser la contestation en Grèce, en Irlande et au Portugal. Les thèmes populistes jetant l'anathème sur les banques, exutoires de politiques monétaires et fiscales inadaptées vont fleurir. Si l'euro n'existait pas et si l'Allemagne ne tenait pas les rennes de l'Europe grâce son importante capacité d'autofinancement de puissance exportatrice, certaines  monnaies nationales auraient déjà perdu la moitié de leur valeur, les prix et les salaires auraient flambé. Je m'inscris donc en faux contre certains analystes lorsqu'ils disent que les salaires ne peuvent pas grimper lorsqu'il y a surcapacité de production. Non seulement les surcapacités sont en train de se résorber très vite sur la planète avec la montée en puissance de la consommation intérieure des émergents mais cette affirmation ne vaut qu'à monnaie constante et ne peut s'appliquer qu'à un système économique occidental solvable et à une inflation par la demande. Ce n'est pas le cas ... En revanche, cette évolution suppose que les monnaies conservent leur crédibilité, ce qui nous amène à la deuxième question :

 

2. Une hyperinflation est-elle possible à brève échéance ?

Ce n'est pas mon scénario central mais elle est possible. Les obligations indexées sur l'inflation sont toutefois en train de consolider dans la crise irlandaise. Ce qui ne va pas pour l'instant dans le sens d'une hyperinflation mais d'un simple ajustement actuariel à la hausse des taux longs. Probablement une nouvelle occasion d'achat pour ce compartiment obligataire si cette baisse se poursuivait ... Quant à la dette de l'Amérique, le Quantitative Easing 2 a été entériné par les marchés comme une évolution nécessaire. Ceux-ci attendront donc probablement au moins une production supplémentaire de monnaie avant de condamner le dollar. Mon impression est que le système actuel risque de tenir encore et que l'inflation pourrait parvenir à se propager par les coûts avant que les monnaies n'aient eu le temps de s'effondrer. Cela n'empêchera pas nécessairement un krach obligataire, mais l'inflation serait dans ce cas plus mesurée.


3. Dans quel délai surgira l'inflation en occident ?

C'est une grande question qui en implique une autre :


4. Jusqu'ou peuvent monter les matières premières sans créer de contre-choc récessif ?

La réponse est comme toujours dans la qualité du découplage des émergents et leur capacité à assurer seuls la pérennité de la croissance mondiale. On a vu en 2008 que ce découplage était déjà très important.


5. L'inflation va elle atteindre l'Europe comme les USA ?  Si on peut imaginer que les USA vont utiliser largement la printing press, qu'en sera-t-il des européens ?

Si Axel Weber prend les rennes de la BCE, il est possible que l'austérité gagne l'Europe dans un environnement plut^pt stable sur le plan monétaire avec un épisode récessif et une baisse importante du pouvoir d'achat apparent pendant plusieurs années, occasionnant de nouveaux conflits sociaux difficiles à soutenir. Le maintien de la zone euro en l'état va dépendre de l'attachement et de la générosité des pays européens solvables envers l'union européenne et sa monnaie. Je fais le pari que ces pays, en particulier l'Allemagne, ne lâcheront pas les pays en difficultés car ils auraient beaucoup plus à perdre qu'à gagner dans la destruction de la zone euro.


6. Sans l'Allemagne et ses satellites du nord, l'Irlande et le Portugal seraient déjà condamnés à dévaloriser leur monnaies pour venir à bout de leur dette, leur capacité d'autofinancement étant des plus altérées. Une sortie de l'euro de ces pays avec retour à leur ancienne monnaie très dévaluée et une restructuration de leur dette souveraine est-elle encore possible ? Que se passerait-il en cas d'aggravation de la situation de pays beaucoup plus importants comme l'Espagne, l'Italie ou même la France ?

Il n'est pour moi pas totalement impensable que la zone euro change de visage et perde quelques uns de ses membres les plus en difficulté pour essayer de conserver un noyau dur plus solvable en Europe comprenant la France, en conservant la monnaie unique. Cette sortie de la zone euro de certains pays européens très endettés pourrait renforcer significativement l'Europe résiduelle et la monnaie unique. Ce n'est cependant pas l'hypothèse que je privilégie, en sachant que diktat de l'Allemagne sur les budgets nationaux en contrepartie de son aide va s'exprimer avec beaucoup plus de force qu'à Maastricht ...


7. L'Amérique est-elle véritablement insolvable comme l'affirment certains ? Ou les USA sont-ils en meilleure posture que les pays comme l'Espagne, l'Italie ou même la France  ?

Pour répondre à ces dernières questions, voici un tableau essentiel à mes yeux :

 

Pays

Dette/PIB

Recette/PIB

Dette/Recette

France

77,6

48,0

161,7

Allemagne

73,2

44,3

165,3

Grèce

115,1

36,9

312,2

Irlande

64,0

34,1

248,4

Italie

115,8

46,6

187,5

Portugal

76,8

41,6

184,8

Espagne

53,2

34,7

153,2

Royaume-Uni

68,1

40,2

169,2

Etats-Unis (Gouvernement fédéral)

53,0

14,8

358,1

Source : Eurostat, CBO, Morgan Stanley Research

 

Notons que ces chiffres datent de 2009 avant le Quantitative Easing 2. Sans faire cocorico, je me permets de dire que la France est en meilleure situation que les USA, bien que l'agence Dadong, fer de lance de la contestation financière chinoise, les ait classés toutes les deux dans la même catégorie. La France, si elle est très endettée, possède une bien meilleure capacité à financer sa dette, par un ratio dettes / recettes deux fois supérieur. Notons que l'Espagne, l'Italie et le Portugal ont également un ratio beaucoup plus favorable que celui des USA. On constate en revanche que l'Irlande et la Grèce sont mal en point, mais qu'elles font tout de même un peu mieux que les Etats-Unis ... On remarque bien là toute l'hypocrisie des agences de notation américaines ... Bien sûr, chaque pays a ses spécificités. La France par exemple a un système social pléthorique qui creuse chaque année son déficit. De plus, les prestations de ce système augmenteraient avec l'inflation rendant impossible sa dilution dans l'expansion monétaire. Nul doute que dans ce cas, l'état providence serait amené à diminuer sa générosité. En contrepartie la situation bilancielle de la France est bonne. L'épargne des français est bien supérieure à la dette souveraine du pays. Ce qui n'est pas le cas des pays anglo-saxons.


8. A quel point les USA sont-ils surendettés ?

La dette affichée dans le tableau ne tient pas compte de l'endettement des collectivités territoriales qui sont pour certaines au bord de l'asphyxie. Si on tient compte de ce facteur, et sans avoir d'élément sur la fiscalité des états fédérés et des municipalités américaines, le ratio dettes sur recettes ne peut que s'aggraver. Pour contrer une évolution négative de leur situation d'endettement public, les américains doivent donc augmenter considérablement leurs impôts. Si on tient compte du tableau, ils doivent les doubler, avec toutes les implications récessives que cela suppose ! Je pense toutefois qu'ils ne le feront pas tant que leur endettement sera adossé à cette formidable machine à générer du cash qu'est la Chine.

Mais la Chine finira par se lasser de fabriquer des produits pour les Etats-Unis en échange de dettes qui seraient amenées à perdre de la valeur. Les américains ont tout intérêt à faire de l'inflation rapidement, avant que l'indépendance de la Chine soit totale.


9. L'Amérique peut elle un jour faire défaut sur sa dette ?

Ce n'est pas exclu si le découplage total avec la Chine progresse encore mais ce serait un aveu de faiblesse catastrophique qui ôterait tout leadership aux USA dans le monde et créerait une hyperinflation sur le dollar. C'est pourquoi, je persiste à penser que les USA feront tout, avant cette échéance, pour dévaluer leur monnaie et créer une stagflation car c'est la seule issue honorable pour eux.

 

10. Quand le yuan va-t-il rejoindre le système monétaire mondial de change flottant ?

Encore une incertitude de taille ! Mais le yuan va irrémédiablement s'apprécier face au dollar et il le fera dans des proportions importantes.

 

11. Un contre-choc récessif va-t-il faire baisser suffisamment les matières premières pour donner aux épargnants européens, après emballement des prix, une véritable opportunité d'achat sur ces ressources ?

Cela dépendra de la stabilité de l'euro, du mode de survenue de l'inflation. Il y a donc beaucoup d'incertitude ...


Les interrogations à plus long terme.


10. Quand l'évolution stagflationiste, si elle se produit, va-t-elle être contrée en occident par une hausse des taux courts et évoluer vers une nouvelle désinflation ?

Probablement pas tant que l'endettement occidental global, public et privé, ne sera pas arrivé à un niveau acceptable, c'est à dire dans plus de 10 ans. A moins que de grands pays, en dehors des PIGs, comme les USA, décident de faire défaut sur leur dettes. Ce n'est pas du tout mon scénario central. Dans tous les cas, l'or a de beaux jours devant lui en dollars ...


11. Quelle évolution économique à plus long terme ?

La poursuite de la mondialisation pourrait faire monter progressivement les salaires émergents à un niveau les rendant insuffisamment compétitifs, permettant le retour de certaines industries à moindre valeur ajoutée dans nos pays. Autant dire que dans ce cas, l'inflation aura fait rage en occident par l'association de la hausse des couts salariaux et de celle des coûts matières. Les coûts matières devraient en tout cas s'équilibrer avec les coûts salariaux mondiaux et installer une meilleure répartition géographique des richesses. Mais la rareté programmée de certaines matières premières et de l'énergie devrait engendrer un combat sans merci pour leur approvisionnement.

 

A venir : Où va l'économie mondiale à moyen-long terme ? - N°3

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 06:00

Par Jean Christophe Bataille

 

Forecast image type

 

J'ai beaucoup hésité et réfléchi avant de proposer cette série d'articles. L'exercice de la prévision économique à moyen long terme est en effet toujours périlleux. Je vais tout de même essayer de faire une prospective pour l'économie mondiale et d'expliquer pourquoi le patrimoine type du Forecast de Futures est pour l'instant pourvu en matières premières, en énergie, en actions émergentes que nous renforçons à la moindre baisse des marchés et pourquoi il accumule des actifs en monnaies potentiellement fortes : Yuan, dollar autralien et dollar canadien. Les idées avancées doivent être largement discutées car de nombreuses incertitudes existent sur les évolutions à venir.

 

Analyse

 

Les perspectives de valorisation des actifs occidentaux seraient sans doute très mauvaises sans les créations monétaires de ces dernières années et la déflation ferait rage. J'ai déjà dit combien je pensais que les mesures d'urgence prises par les banques centrales avaient été salutaires dans cette crise. Toutefois, nul ne peut vraiment savoir quand les mesures d'assouplissement monétaire vont s'arrêter et quelle sera l'issue de cette crise majeure. L'objectif atteint par ces mesures a été, à l'évidence, de resolvabiliser les acteurs économiques américains et européens en apportant de la liquidité et, si nous extrapolons sur les intentions actuelles de Ben Bernake, en essayant de créer de l'inflation. Cette inflation finira à mon avis par se produire mais les scénarios qui peuvent y conduire sont au nombre de quatre :


A. Une inflation importée liée, entre autres facteurs, à une montée excessive du prix des matières premières en dollars. L'inflation se ferait via les émergents. C'est la tendance actuelle et sans exclure les autres, ce serait pour moi le scénario le plus probable.

 

La séquence serait la suivante :

1. Le Quantitative Easing 2 se déverserait sur les matières premières pendant de nombreux mois.

2. Le prix des matières premières deviendrait encore plus élevé qu'aujourdhui du fait des liquidités créées. L'inflation monterait chez les émergents, ce qui est dejà le cas.

3. Y aurait-il un Quantitative Easing 3 ? Si c'est le cas, retour à la case 1.

4. Les émergents augmenteraient progressivemement leurs taux courts et taxeraient les entrées de capitaux pour protéger leur monnaie et éviter une dérive inflationniste. C'est ce qu'ils font déjà. Le risque le plus important pour eux est celui de l'inflation des produits alimentaires et des troubles sociaux qu'elle entrainerait (émeutes de la faim). Les chinois se souviennent parfaitement que les évènements de Tien an Men ont été provoqués par une inflation brutale des denrées alimentaires. La Chine subit déjà 60 % d'augmentation de ces produits et si la classe moyenne est devenu importante, il existe encore beaucoup de gens pauvres en Chine qui ne supporteront pas cette inflation, en tout cas pas sans hausse des salaires. Ce risque impliquerait une réaction très vive des autorités chinoises, indiennes et de façon générale chez tous les émergents. La Chine monte déjà ses taux et augmente les ratios de solvabilité de ses banques pour absorber la liquidité. Je parie qu'en cas de tension trop forte sur les prix, elle augmenterait ses taux cours de près de 200 points de base. Le Brésil a déjà commencé à taxer les capitaux étrangers qui pénétrent sur son territoire. La Corée en brandit la menace.

5. Le dollar créé en excès trouverait pourtant son chemin dans l'économie mondiale et cela n'empêcherait pas une appréciation des matières premières qui pourraient être suivie d'une montée des salaires émergents en monnaie courante. Cette solution médiane serait préférable pour la Chine à un coup d'arrêt de son économie par une hausse trop brutale des taux courts. Cette augmentation des salaires serait d'autant plus intéressante pour les émergents qu'elle développerait leurs marché intérieur et conforterait leur indépendance vis à vis du monde occidental. Ces évolutions devraient induire par l'exportation d'une hausse des prix des produits et des services, une poussée inflationniste par les coûts dans beaucoup de pays occidentaux. Reste à savoir lesquels seraient les plus vulnérables à cette inflation ... Nombreux seraient ceux qui ne pourraient pas ou ne souhaiteraient pas monter leurs taux courts pour lutter contre la dévalorisation de leur monnaie alors qu'ils auraient largement utilisé la planche à billets pour resolvabiliser leurs acteurs économiques et financiers. Le ressèrement monétaire serait de toute façon moins efficace contre l'inflation importée (celle des occidentaux) que contre l'inflation par la demande (celle des émergents). Le moyen de lutter contre l'inflation importée est d'avoir une monnaie forte conditionnée par une bonne situation financière (ratio recettes sur dettes raisonnable et masse monétaire stable). Ce n'est pas du tout le cas des USA, mais cela pourrait être l'atout de certains pays européens plus stables comme l'Allemagne qui feraient moins d'inflation que les Etats-Unis. Les mécanismes de cette inflation importée sont simples : plus le dollar chute, plus les importations de matières premières coûtent cher à l'Amérique et plus ses prix à la production sont élévés. Plus le dollar chute, plus les produits importés des pays émergents hors Chine lui coûtent cher et plus ses prix à la consommation augmentent. Plus l'inflation augmente en Chine, plus les coûts salariaux en yuans augmentent, plus les prix à la consommation augmentent aux Etats-Unis. Ce qui empêche l'inflation américaine aujourd'hui est la parité fixe Yuan Dollar puisqu'elle permet aux américains de consommer à bas prix (Walmart economy). On peut imaginer la mise en orbite des prix américains et occidentaux en général si les pays émergents disparaissaient d'un coup. Faut-il y trouver l'explication des exigences américaines sur la réévaluation du Yuan pour stimuler l'inflation aux USA ? Le Quantitative Easing 2 ne pourrait-il pas être une bonne façon d'augmenter la parité de change réelle Yuan / Dollar malgré une parité fixe très basse en nominal ? Enfin, si tous les prix à la consommation augmentaient fortement aux USA, je reste persuadé que les salaires seraient indexés sur les IPC, quel que soit le niveau du chomage. Cf. années 70.

6. La hausse des taux courts des émergents, la baisse de l'investissement et la montée excessive du prix des matières premières finiraient par freiner la croissance des émergents et par ricochet celle des occidentaux déjà mal en point. On observerait alors une stagflation récession avec pentification majeure de la courbe des taux dans certains pays occidentaux incapables de lutter contre la dévalorisation monétaire sous peine de faire plonger gravement leur économie. On ne constaterait en revanche qu'un ralentissement appuyé chez les émergents dans un contexte de désinflation salutaire pour eux, comme durant la crise de 2008-2009. Cette stagflation en occident aurait cependant pour effet de nous désendetter à bon compte. C'est la solution qui a été mise en oeuvre par les américains pour apurer la dette de leur pays après la guerre de 1940.

7. L'appréciation des matières premières et des actions émergents très importante en monnaies occidentales pourrait se poursuivre pour atteindre des sommets et perdurer jusqu'à ce que la décision de ressérer l'étau monétaire soit prise. Autant dire que la bulle des matières premières devrait durer jusqu'à ce que l'endettement global occidental ait atteint un niveau plus raisonnable. L'annonce de la hausse des taux courts occidentaux devrait être le signal pour nous de l'arbitrage d'une partie de nos matières premières et de nos actions émergentes contre des produits de taux à échéance longue.

7. Le caractère très excessif du prix atteint par les matières et l'action conjuguée de la hausse des taux courts pourrait engendrer un contre choc et une nouvelle récession mondiale. Elle pourrait en revanche venir progressivement à bout de l'inflation. Les matières premières rechuteraient alors dans les monnaies fortes (yuan décorrélé du dollar ?, euro soutenu par une politique de rigueur à l'allemande, réal brésilien ? dollar australien ?) et baisseraient moins en monnaie courante pour les monnaies faibles (dollar, livre anglaise ?, yen ?, euro si l'allemagne perd son combat ?).

8. Ce serait alors le moment de renforcer les matières premières dans les portefeuilles en particulier si l'euro a tenu bon car celles-ci seront pour la plupart condamnées à regrimper fortement en tendance long terme.

 

B. Une fuite devant le dollar ou hyperinflation après un krach obligataire aux USA.

 

La séquence serait plus simple :


1. Les créanciers habituels de l'Amérique fuient actuellement le dollar. Leur désengagement sur la portion longue des taux devient préoccupant. C'est une des raisons de l'assouplissement monétaire N°2.

2. Si l'émission de dollars ex-nihilo se poursuivait, la demande venant de l'étranger pour la dette américaine risquerait de tendre vers zéro, les mesures non conventionnelles prenant le relais de cette fuite devant le dollar.

3. Les américains eux-même finiraient par prendre conscience que l'argent de leur épargne et de leur retraite par capitalisation serait en train de se déprécier fortement par dilution dans une émission monétaire sans rapport avec la progression des richesses créées.

4. Les fonds obligataires et les plans de retraite américains subiraient dans ce cas des sorties massives de capitaux, en déclenchant un krach obligataire avec ascension brutale des taux longs aux Etats-Unis mais aussi partout ailleurs.

5. Les capitaux iraient se réfugier sur les biens tangibles dont la valeur faciale augmenterait de façon considérable.

6. La seule solution pour éviter la désintégration des patrimoines serait de posséder des biens tangibles comme de l'immobilier, de l'or, de l'argent, des sociétés minières de matières premières, des actions à haut rendement pérennes, des oeuvres d'art de grande notoriété, des forêts, une voiture, un vélo, une pompe à vélo, etc  ... Tout bien tangible qui ne serait pas de la dette, du cash ou même des actions cycliques occidentales !

7. Les trackers baissiers sur les T bonds avec levier 2 ou les shorts CFD obligataires verraient leur valeur exploser. En posséder serait une énorme sécurité mais le coût du portage des CFD ou le béta slippage des trackers doivent nous conduire à un parfait timing d'achat. J'y réfléchis très sérieusement en produit d'assurance couverture contre l'hyperinflation .

8. Ce scénario serait dévastateur pour les monnaies occidentales. La couverture en or physique serait le meilleur recours.

 

Cette hypothèse n'est pas la plus probable pour moi bien qu'elle soit mis en avant par bon nombre de publications catastrophistes (GEAB en particulier). Le Japon a prouvé que les épargnants domestiques d'un pays pouvaient acheter pendant longtemps sa dette au delà des ratios de solvabilité. Si les rachats de nouvelles dettes par la FED se poursuivent et si les caisses de retraite US continuent à les acquérir, le krach obligataire américain pourrait se faire attendre encore un bon moment, surtout si une inflation par les coûts vient entre temps apurer progressivement la dette ...

 

C. Une fuite devant l'euro ou hyperinflation après un krach obligataire européen qui se généraliserait au monde occidental.


C'est la crainte nourrie par les marchés actuellement.

 

1. Les pays en difficulté comme la Grèce et l'Irlande contamineraient d'autres pays européens un peu moins fragiles et pousserait les taux de refinancement à long terme à des niveaux insupportables.
2. La montée des taux longs des PIGs ferait croitre leur dette sans perspective de sortie de crise obligataire.
3. L'euro poursuivrait sa chute jusqu'à ce qu'une décision politique soit prise.

4. La restructuration de la dette de certains PIGs serait mis en oeuvre et ces pays sortiraient de l'euro qui resterait la monnaie d'un noyeau dur comprenant la France. Autre scénario : la zone euro exploserait complètement et chaque pays retrouverait sa monnaie d'avant 2001. Cette deuxième solution me parait être la moins probable.

5. L'Amérique serait contaminée et la dette américaine ne tiendrait pas longtemps nous ramenant à l'hypothèse B. pour le dollar. La divergence actuelle entre le CAC 40 et le SP 500 devant le problèmes des dettes souveraines relève pour moi essentiellement de l'autisme américain.

5. L'or monterait en euros dans un premier temps pour rebaisser ensuite rapidement si une zone euro à quelques pays solides continuait d'exister. Dans ce cas, l'euro pourrait devenir une monnaie beaucoup plus forte que le dollar et serait sous la tutelle de l'Allemagne qui n'en est pas à son coup d'essai.


Cette hypothèse C dont la probabilité n'est pas négligeable, n'est pas mon scénario central car la crise est avant tout d'origine américaine et si on devait observer une fuite devant la monnaie, c'est ce pays qui devrait donner le top départ de la déflagration monétaire. Sa situation est à mon avis plus mauvaise globalement que la situation européenne si on exclue la Grèce et l'Irlande. Je m'en expliquerai dans le deuxième article de cette série.

 

D. L'inflation ne se déclencherait pas rapidement selon A B ou C car la montée des matières premières et la hausse des taux créeraient une récession par asphyxie de l'économie avec double dip mondial avant d'avoir pu relancer les prix. On observerait un cycle déflation-slumpflation.

 

C'est l'hypothèse dans laquelle pourraient se réfugier les déflationnistes après l'échec de la théorie de la déflation directe liée au deleveraging occidental. Ce serait la plus avantageuse dans un premier temps pour les rentiers obligataires, la pire pour la jeunesse et le futur de l'économie mondiale. La dépression ferait rage et l'endettement deviendrait chroniquement irrécouvrable en occident du fait de la chute du prix des biens, du plongeon des IPC et des salaires, et de la surévaluation croissante en monnaie constante du service de la dette. Les agents économiques endettés publics ou privés finiraient par faire défaut, ce qui engendrerait une hyperinflation beaucoup plus grave et assimilable à une slumpflation. C'est le modèle de ce qu'a subi l'Argentine en 1998. Dans un cadre beaucoup plus large, englobant de nombreux pays, le risque de conflits et de guerres civiles serait majeur. Cf la fin des années 30.

 

Cette hypothèse est pour moi la moins probable. Les émergents devraient continuer à tirer largement l'économie mondiale malgré une atonie très prolongée en occident. La hausse des taux longs devraient être contrôlée par les mesures non conventionnelles et les achats domestiques d'obligations souveraines pendant encore longtemps. L'histoire l'a prouvé, la récession et le contre-choc liés à la hausse des matières premières sont arrivés bien après la stagflation importée dans les années 70. Je ne vois aucune raison pour que le mécanisme s'inverse ce coup-ci. D'autre part, les grands états feront tout pour affaiblir profondément leur monnaie plutôt que de rendre leurs dettes irrécouvrables. C'est la voie choisie par les grandes banques centrales. Je l'ai déjà dit, c'est pour moi de loin le chemin le plus pertinent pour résoudre cette crise à long terme.

 

 

A venir : Où va l'économie mondiale à moyen-long terme ? - N°2

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 06:15

 

Par Bxx.

 

http://www.destinationjapon.jp/francais/patrimoines/071009_photo%5B1%5D.jpg

 

Vous connaisez certainement la définition que Mark Twain donnait d'une mine d'or : "Un trou dans le sol avec un menteur à l'entrée". Même si les choses se sont sophistiquées depuis, le père de Tom Sawyer et de son copain Uckleberry Finn ne serait pas loin de la vérité pour de nombreuses petites sociétés dont le cours repose plus sur le marketing et une tendance de fond favorable. Pour éviter ces écueils, je ne parlerai pas d'or mais d'argent et ne présenterai que des sociétés ayant,à mon humble avis, un avenir prometteur. Et ceci même si la hausse du métal ralentissait, voire s'arrêtait. 

Basée à Vancouver, Silver Wheaton tire l'essentiel de ses revenus de la vente d'argent, mais ne possède ni n'opère (les deux activités pouvant être séparées) aucune mine. Elle ne risque ni les déconvenues de l'exploration, ni l'effondrement d'une galerie, ni la grève soudaine d'une partie de son personnel. On range habituellement SLW dans la catégorie des sociétés de royalties. En réalité son business model est plus original. C'est une société de"metal streaming agreement".

Pour faire simple disons que SLW est en réalité une banque, la banque maison de son principal actionnaire, la major aurifère Goldcorp. En contrepartie du financement de diverses minières, dont la production essentielle n'est pas l'argent, elle conclut avec celles-ci des contrats d'achat de long terme de leur sous-produit, à un prix prédéterminé. Selon le contrat, elle peut acheter tout ou partie de la production d'argent. Production qui sera revendue au prix spot bien entendu ... Vous voyez l'intérêt dans une période où le cours de l'once a une certaine tendance à escalader de nouveaux sommets.

Par exemple, pour illustrer mon propos, Silver Wheaton a un contrat pour acheter 25% de la production d'argent de la mine d'or en développement de Penasquito (Goldcorp) au Mexique pendant toute sa durée de vie. Ainsi qu'une partie de celle de la mine Pascua Lama (Barrick Gold) sur la frontière entre le Chili et l'Argentine. De très gros projets, mais elle ne dédaigne pas de s'intéresser à des opérations de moindre envergure. Au 31 décembre 2009, 15 "long term purchase agreements" avaient été signés. Forte de sa vingtaine d'employés, SLW espère "produire" cette année 22,2M d'onces d'argent et 20 000 onces d'or (nul n'est parfait!) soit une production totale de 23,5 M d'onces équivalent argent (silver once equivalent). Grâce aux deux projets cités ci-dessus, essentiellement, cette production passera à 38 M d'onces d'argent et 59 000 onces d'or (40 M oz equivalent silver) en 2013.

Par ailleurs, Silver Wheaton investit directement dans des sociétés minières. Elle a pris 1,8M d'actions Ventana (19,8M $) plus un droit de "first refusal" sur toute la production d'argent des propriétés colombiennes de Ventana, y compris le gros projet de La Bodega. Elle détient aussi 15% de Bear Creek (250 M d'onces d'argent en l'état actuel de l'exploration,extensibles). Le coût d'acquisition de l'once d'argent tourne autour de 3,90$ ajustés de l'inflation. Le coût de production est de 5,19 $ par SEO. Selon les évaluations le coût total moyen par SEO (once équivalent argent) serait donc de 9$. Même avec une once retombée à 15$ cela laisserait à SLW une marge confortable. Alors à 30...

Pour résumer : Code ISIN [CA8283361076], pas de hedging qui fausse les prévisions, un actionnaire très solide, des coûts fixes réduits au minimum, un enregistrement aux îles Caymans donc peu d'impôts, une "production" prévisible et en forte hausse,et une présence dans les lignes de fonds de qualité comme ceux de Carmignac. Voici pour les points positifs.

 

Rien n'étant parfait en ce monde voici le point négatif et il est de taille :


 

Chacun jugera de l'opportunité de s'intéresser à SLW maintenant, mais attendre un repli qui finira bien par se concrétiser serait sûrement une sage précaution. A noter que les amateurs de sensations fortes voulant profiter de l'effet de levier peuvent s'intéresser au warrant [SLW.WT.B] 

 

En complément de la présentation de Silver Wheaton, voici un exemple concret de "silver stream agreement" que cette société a signé il y a quelques mois avec Augusta Resources dont le projet phare est la mine de Rosemont en Arizona.

Rosemont est un gisement de cuivre important qui pourrait produire 221 M de livres pendant 20 ans plus un peu de molybdène. A compter de 2 012,sa production pourrait représenter 10% du cuivre produit aux USA, à un coût de seulement 0,62$ la livre. Le coût du projet est estimé à 900M de $. Des coûts en dollars US,cela peut retenir l'attention.

Ce qui intéresse Silver Wheaton, ce sont les sous-produits de l'exploitation du métal rouge : 2,4 M d'onces d'argent et 15 000 onces d'or par an. Aux termes du "silver stream agreement" signé en février dernier, SLW s'est engagé, sitôt la licence d'exploitation accordée, à financer 230M de $ sur les 900 pour mettre la mine en production. En retour SLW pourra acheter à un prix fixe de 3,90$ par once d'argent et 450 $ par once d'or 100% des deux sous-produits et ce pendant la durée de vie de la mine estimée à au moins 20 ans. Pour SLW,cela représente environ 63 M de SOE (silver ounce equivalent) en tout, pour un coût d'acquisition de 3,65$ l'once. En tenant compte du coût de financement initial, les 230M de $ correspondant au coût de production, cela donne un coût total de 8,84 $ par SOE. Du low cost si les cours ne retombent pas! 

En général, les prix fixés dans les contrats sont assortis d'une clause d'indexation, non sur l'évolution du prix de l'once mais du taux de l'inflation globale, infime. De quoi s'assurer une multiplication des profits si le cours de l'once continue sur sa lancée. Mais l'inverse, que je crois peu probable pour le moment est vrai aussi.

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 06:27

Par Jean Christophe Bataille

 

http://aamcollectibles.com/yahoo_site_admin/assets/images/silver_bullion.112100847.jpg

 

Les véhicules accessibles aux particuliers pour investir dans l'argent métal sont principalement au nombre de six :

 

1. L'argent physique sous deux formes :

 

a) Les pièces d'argent.

 

Les pièces françaises :

1897 - 1920 1/2 Franc - semeuse: 2,5000 gr x 0,8350 = 2,0875 gr = 0,0671 oz
1898 - 1920 1 Franc - semeuse: 5,0000 gr x 0,8350 = 4,1750 gr = 0,1342 oz
1898 - 1920 2 Francs - semeuse: 10,0000 gr x 0,8350 = 8,3500 gr = 0,2685 oz
1960 - 1969 5 Francs - semeuse: 12,0000 gr x 0,8350 = 10,0200 gr = 0,3222 oz
1929 - 1939 10 Francs - Marianne: 10,0000 gr x 0,6800 = 6,8000 gr = 0,2186 oz
1965 - 1973 10 Francs - Hercule: 25,0000 gr x 0,9000 = 22,5000 gr = 0,7234 oz
1929 - 1939 20 Francs - Marianne: 20,0000 gr x 0,6800 = 13,6000 gr = 0,4372 oz
1974 - 1980 50 Francs - Hercule: 30,0000 gr x 0,9000 = 27,0000gr = 0,8681 oz

 

Les pièces américaines :

1916 - 1945 Dime - Mercury: 2,5000 gr x 0,9000 = 2,2500 gr = 0,0723 oz
1946 - 1964 Dime - Roosevelt: 2,5000 gr x 0,9000 = 2,2500 gr = 0,0723 oz
1916 - 1930 Quarter - Standing Liberty: 6,2500 gr x 0,9000 = 5,6250 gr = 0,1808 oz
1932 - 1964 Quarter - Washington: 6,2500 gr x 0,9000 = 5,6250 gr = 0,1808 oz
1916 - 1947 Half - Walking Liberty: 12,5000 x 0,9000 = 11,2500 gr = 0,3617 oz
1948 - 1963 Half - Franklin: 12,5000 gr x 0,9000 = 11,2500 gr = 0,3617 oz
1964 - 1964 Half - Kennedy: 12,5000 gr x 0,9000 = 11,2500 gr = 0,3617 oz
1965 - 1970 Half - Kennedy: 12,5000 gr x 0,4000 = 5,0000 gr = 0,1608 oz
1921 - 1935 1 Dollar - Peace: 26,7300 gr x 0,9000 = 24,0570 gr = 0,7734 oz
1986 - 20xx 1$ American silver eagle: 31,1035 gr x 0,9990 = 31,1035 gr = 1,0000 oz


b) Les lingots d'argent.

Lingot d'argent de 10 onces = 310 grammes (fabrication Nothwest Territory
Lingot d'argent de 5 onces = 165 grammes (fabrication Northwest Territory)
Lingot d'argent de 100 onces = 3.100 grammes (fabrication Pan American Silver)
Lingot d'argent d'un kilo = 1.000 grammes (fabrication Perth Mint)
Lingot d'argent de 10 onces = 310 grammes (fabrication Nothwest Territory)
Lingots d'or de 100 grammes
Lingot d'argent de 100 onces = 3.100 grammes (fabrication Johnson Matthey)
Lingot d'argent de 5 onces = 165 grammes (fabrication Nothwest Territory)
Lingot d'argent de 1.000 onces = 31,103 kilos

Source http://metauxprecieux.blogspot.com/

 

La grande difficulté de cet investissement en argent physique est la liquidité, le commerce de l'argent n'étant pas aussi organisé que celui de l'or. Il semble difficile de revendre des pièces ou des lingots à hauteur de la cote. Ebay et les numismates paraissent être les canaux les plus accessibles. Un petit exemple sur ebay


2. Les CFD argent métal contrats sur 500 ou 5000 oz pour une spéculation sur quelques jours ou quelques mois. Formule intéressante car très peu chargée en frais. Le prix d'un contrat de 5000 oz est de 2671 et le spread est de 3. Frais : 0.11 %. Certainement beaucoup moins chargé qu'un ETFs. Le coût de portage est fonction des brokers. On ne parlera pas des contrats à terme futures et options plutots réservés aux professionnels.

 

3. Les turbowarrants Silver

Emis pour la plupart par la commerzbank, ils sont essentiellement destinés à la spéculation.

 

4. Les ETFs Silver.

L'un d'eux est intéressant car à la manière Bulllion Vault, il garantit en dépot dans ses coffres une contrepartie physique aux souscriptions de ses clients. Il est émis en suisse par la banque cantonale de Zurich. Quelques infos et des numéros de téléphone pour aller plus loin : http://www.six-swiss-exchange.com/listing_notices/200809/CH0045602940_ln.pdf.

Si un lecteur de Futures résidant en Suisse et parlant le suisse allemand pouvait donner un coup de fil pour nous informer ...

Pour répondre à un point évoqué en commentaire. Ne choississez pas nécessairement tous vos placements en fonction des avantages fiscaux. Deux raisons à cela : le PEA ou l'assurance vie limitent l'échantillon des supports de placement et les avantages fiscaux risquent d'être largement amputés dans le futur. Pour l'argent, un ETF sécurisé sur un compte titre ne me pose personnellement pas de problème. Une plus-value un peu plus taxée est toujours préférable à l'absence de plus-value.

Sinon il reste la possibilité d'investir dans les fond communs de placement commodities dans le cadre de l'assurance vie :

 

5. Les fonds communs de placement spécialisés sur les commodities et les métaux précieux. Il n'existe pas de fond spécifique à l'argent, mais diversifier ses avoirs dans les fonds métaux précieux est peut être le moyen le plus simple de jouer l'argent métal si on a un petit patrimoine. On peut citer Dynamic Precious Metals A qui marche très fort.

 

6. Les mines d'argent sont peu nombreuses en pure player. On peut citer Fresnillo et une junior attractive Fortuna Silver (source Bxx), des juniors comme Great Panther, First Majestic, U.S. Gold Corp, Endeavor Silver (source Yojaf), ou d'autres mines comme United Mining Group, South American Silver, Rye Patch Gold (source FabCH), toutes étant à évaluer en fonction de l'évolution de leur cours.


Un substitut pure player très intéressant fera demain l'objet d'un article signé de Bxx, un des brillants contributeurs de Futures.

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 06:04

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.etftrends.com/wp-content/uploads/2010/06/Ben-Bernanke2.jpg

 

Ben Bernanke, comme tous les décideurs américains, redoute la déflation plus que tout. Il sait toutefois qu'une évolution déflationniste ne peut s'enclencher qu'avec une nouvelle crise systémique financière. La vraie raison du Quantitative Easing 2 n'est pas une hypothétique relance économique mais bien la pérennité financière des banques et des états fédérés en faillite. Bernanke critiqué récemment sur l'inflation qu'il allait créer a répondu très laconiquement : "je sais ce que je fais". Je crois qu'effectivement il sait ce qu'il fait et qu'il ne peut pas faire autrement. Tant que la liquidité est maintenue, la déflation ne peut pas se développer. Il faut pour le comprendre analyser très précisément le deleveraging à l'oeuvre aux USA.

Les pressions déflationnistes observées là bas sont essentiellement liées à l'insolvabilité d'une importante partie des dettes. L'insolvabilité est en effet obligatoirement destructrice de monnaie. Pour appréhender cela, il faut savoir qu'un crédit n'est qu'une création de monnaie puisque le système des réserves fractionnaires permet aux banques de prêter de l'argent dont elles possèdent à peine le huitième, parfois beaucoup moins. Elles le font avec la bénédiction des banques centrales tout en restant tributaires des critères de Bâle. Les banques de crédits sont donc devenues de fait des agents de création monétaire auprès du client final en étant seuls juges de la solvabilité de celui-ci. Elles ont par conséquent la responsabilité de la qualité de la monnaie créée. Les ratios prudentiels ayant progressivement été modifiés dans le sens d'une moindre sécurité, la crise des subprimes a fait irruption dans la planète finance en entrainant les insolvabilités privées, commerciales ou territoriales que l'ont connait. Bon nombre de crédits contractés se sont révélés irrecouvrables et ont occasionné une destruction massive de dollars. Cette disparition d'un important contingent monétaire à créé mécaniquement une appréciation des dollars en circulation, faisant baisser le prix des actifs par effet de rareté. Cette chute de la masse monétaire a été largement potentialisée par le caractère massif des défauts de paiement. L'insolvabilité des dettes privées a fait baisser encore plus profondément la valeur des biens acquis du fait de la  multiplication considérable des biens à vendre et a décuplé ainsi le phénomène de destruction monétaire. La mécanique déflationiste enclenchée, cette chute des prix pouvait alors remettre en cause la solvalbilité d'autres crédits montés en refinancement hypothécaire et créér un contexte dépressif lié à la contamination par l'insolvabilité de l'ensemble des acteurs économiques. Ce marasme de l'activité pouvait lui-même induire une nouvelle baisse des prix et des salaires rendant d'autres dettes irrecouvrables ...

 

La création monétaire mise en oeuvre par Bernanke pour contrer cette appréciation monétaire - déflation des prix - dépression économique a été, selon moi, relativement efficace jusqu'à présent car elle a évité une crise majeure qui aurait probablement été plus grave que celle de 1930, et le système monétaire est encore debout. Mais elle crée de l'inflation car elle ne repose sur aucune création de richesse. Elle pousse donc progressivement les investisseurs avertis à se détourner du dollar. Cette fuite devant la monnaie se fait lentement avec l'achat progressif de biens tangibles par les investisseurs qui se débarrassent peu à peu de leurs obligations dans un contexte de taux maintenus artificiellement bas. La FED instille donc une inflation qui, petit à petit, compense les effets de l'insolvalbilité mais déprécie, à l'avantage des débiteurs, le cash et la dette encore solvable puisque les taux d'intérêt réels deviennent négatifs. Cette inflation monétaire ne crée pas de montée des prix à la consommation, du moins officiellement car elle est dimensionnée pour ça. En revanche, elle augmente la valeur faciale des biens tangibles hors USA selon un mécanisme d'inflation monétaire rampante qui explique parfaitement la hausse des matières premières en monnaie courante. Si les porteurs d'obligations ne se lassent pas de la manoeuvre et ne se précipitent pas tous ensemble sur les valeurs refuges en fuyant les obligations, cela peut durer encore très longtemps. Or les porteurs principaux des bonds américains sont les caisses de retraites manifestement au moins aussi accomodantes que les créanciers chinois, japonais et moyen orientaux. C'est sur ce point que l'on peut dire que la crise américaine ressemble un peu à la crise japonaise : les porteurs d'obligations ne se rebiffent pas ... L'hyperinflation panique me parait donc peu probable car personne ne semble avoir intérêt à ce qu'elle se produise, en tout cas pour l'instant ... QE2 a finalement pour seul effet d'agacer profondément les partenaires commerciaux de l'Amérique sans que les taux longs ne s'élèvent d'un point de base. Tout au plus observe-t-on une dévaluation compétitive des devises et une montée du protectionnisme. Comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, je crois que la véritable spirale inflationniste susceptible de faire grimper l'or au sommet ne pourra demarrer que par les coûts. Le protectionnisme pourrait en être un des facteur prépondérants. Pour l'instant, le prix des matières premières est encore trop bas pour la générer mais le poison monétaire répandu par la FED conjugué à la montée en puissance des émergents finira par le faire exploser en poussant l'or au zénith.


Inversement si Bernanke n'arrivait pas à éviter une crise systémique avec crédit crunch aux Etats-Unis, cela signifirait que le système monétaire mondial qui repose sur le dollar serait immédiatement en péril. L'or servirait alors de bouée de sauvetage et ne se dévaloriserait que le temps d'une course au cash pour remonter très vite ensuite. L'amérique et ses citoyens seraient obligés de restructurer la totalité de leurs dettes car la revalorisation du dollar rendrait cette dette irrecouvrable.


Et là n'en déplaise aux partisans de la déflation et de la destruction créatrice, le monde entier en subirait les conséquences. Comme je l'ai expliqué, un pays en déflation monétaire devient tout simplement incapable de payer ses dettes, au public comme au privé. Les biens ou les services objets de la dette se dévalorisent, les salaires, les recettes fiscales et les prix baissent en monnaie courante alors que dans le même temps, les mensualités ou les annuités de remboursement des particuliers, des entreprises, des collectivités territoriales et de l'état restent constantes. C'est un puit sans fond ... Je renvoie les lecteurs de Futures à un billet que j'ai écrit il y a un an : http://futures.over-blog.com/article-la-deflation-n-est-pas-la-solution-38998419.html

La restructuration de toutes les dettes serait inévitable ramenant les USA au rang de l'Argentine en 2002 avec des conséquences beaucoup plus graves sur la croissance, le système financier et les équilibres monétaires mondiaux. 

Une piqure de rappel destinée aux monétaristes de la blogosphère, supporter du tea party, pour leur expliquer les ravages de la déflation argentine de 98 me parait nécessaire :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_%C3%A9conomique_argentine

Cela permet de mieux comprendre ce que produirait une déflation monétaire et une restructuration de la dette américaine : une cascade de faillites bancaires sur toute la planète.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 16:43

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.lesfrancs.com/francais/5f1874fh.jpg

 

Nombreux sont les épargnants qui s'interrogent sur le potentiel de l'argent métal. Le sentiment sur ce sujet est un peu différent en Europe, aux USA et en Asie. Pour les européens, l'argent reste encore une matière première. Pour les autres continents, l'argent est en train de retrouver son caractère monétaire et s'apprécie plus vite que l'or désormais considéré comme trop cher. L'explication de cette dichotomie pourrait se trouver dans le peu d'appétence des européens pour les métaux précieux et la très forte pression de l'Allemagne pour le maintien d'un euro fort. La prime de risque négative sur le napoléon est pour moi très significative de ce phénomène et illustre bien la désaffection actuelle pour l'or physique des européens quand les asiatiques et les américains se ruent sur les pièces pour fuir les réserves en dollars pour les uns et protéger leur pouvoir d'achat pour les autres.

Pour évaluer ce marché, j'ai repris les données apportées par Yodaf, contributeur sur Futures et fin connaisseur du Silver. Un grand merci à lui.

 

L'argent physique dans le monde

La production mondiale de l'or et de l'argent depuis les débuts de l'humanité jusqu'en 2004 serait de 44,55 milliards d'onces d'argent (1 385 505,56 tonnes) et de 4,25 milliards d'onces d'or (132 189 tonnes). Le ratio de production de ces deux métaux est donc de 10,5. L'argent, contrairement à l'or, n'est pas totalement recyclé en particulier dans ses utilisations industrielles et une bonne quantité de l'argent produit se perd dans la nature. Il resterait donc actuellement disponible un total théorique de 24,99 milliards d'onces d'argent (777 275 tonnes). Le ratio des volumes disponibles de ces deux métaux est de 5,88, bien inférieur au ratio de production. Selon les publications du site Silverinstitute (World Silver Survey 2004), la quantité identifiable de lingots sur les marchés est de 671 millions d'onces, soit 20 870,44 tonnes constituée par les réserves des banques centrales et les avoirs des investisseurs.
Les 756 405 tonnes qui représentent la différence entre les 777 275 tonnes disponibles théoriquement et les 20870 tonnes de réserve, sont détenus par les particuliers sous forme de bijoux, argenterie et pièces de monnaie. Il est communément admis que le prix de l'argent à partir duquel les particuliers commenceraient à céder leur argent pour le mobiliser en direction du marché d'investissement serait de 50 euros.

 

L'offre

L'exploitation minière.

Selon Thomas Chaize, la production d’argent dans le monde en 2009 est estimée à 21 400 tonnes, soit 688 millions d’onces d’argent métal par an. La production d’argent représente les 8/10ème de l'offre et augmente de façon continue depuis 2005. Ainsi depuis 2006, elle bat ses records de production. Elle augmente pendant que la production d’or baisse, alors que les pays producteurs d’or sont deux fois plus nombreux que ceux producteurs d’argent. La production d’argent est plus complexe que la production d’or car elle est beaucoup plus liée à d’autres métaux. Plus de la moitié de la production d’argent dans le monde provient de mines de zinc et de cuivre, il est donc normal que la production d’argent suive principalement la production de ces deux métaux alors que celle de l’or déclinante ne représente qu’un huitième de la production d’argent. Le prix de l’argent a tendance à suivre celui de l’or par contre sa production évolue en fonction de la production du cuivre et du zinc.
Pour les producteurs d’argent dans le monde, le prix du cuivre, du zinc, du plomb ou de l’or est plus important que celui de l’once d’argent. La part la plus importante de leurs revenus provient du cuivre, du zinc ou de l’or. La production d’argent dépend finalement plus du prix de la livre de cuivre ou de zinc que du prix de l’once d’argent. Tout comme la production de platine est indissociable du palladium, celle de l'argent est indissociable de la production des métaux industriels que sont le cuivre, le zinc et le plomb. Ainsi les cinq premiers pays producteurs d’argent appartiennent au top 5 des producteurs de  cuivre, de zinc, de plomb et d’or.

Le recyclage.

Les 2/10 restants de l'offre proviennent du recyclage. Le déclin des pellicules argentiques et la hausse de l’utilisation industrielle sur des petits supports difficiles à traiter fait que ce recyclage est en diminution.

Vente des banques centrales.

Il faut savoir enfin que les ventes d’argent des banques centrales déclinent fortement et sont négligeables.


La demande

 


http://www.silverinstitute.org/images/stories/silver/demand10.jpgsource : http://minerals.usgs.gov/

 


Elle était pour moitié industrielle en 2009.

Les propriétés physiques de l’argent: ductilité, conductivité, malléabilité, font que son utilisation industrielle augmente chaque année. Il est utilisé pour ses qualités de conductivité dans l’électronique de qualité : téléphones portables, circuits imprimés, cellules solaires. L’argent est meilleur conducteur d’électricité que le cuivre ou bien que l’or. L’argent est aussi utilisé pour ses propriétés bactéricides (vêtements, pansements, réfrigérateurs, purificateurs d’eau, amalgame des dentistes ...). L’argent est enfin utilisé comme catalyseur, pour le brasage ou la soudure, dans la fabrication de pile, de miroir.

Le bijou est la seconde source de consommation d’argent avec un petit quart de la demande.

Le dernier quart de la demande vient de la photographie, des pièces de monnaie et des médailles d’argent. Le demande d'argent physique sous forme de monnaies et de lingots ou d'ETF silver pour investissement est en train d'exploser actuellement.

Le total des avoirs mondiaux en ETF argent s'élève désormais à 448.997.000 millions d'onces dont 326 millions onces détenues par l'iShares Silver Trust seul, selon le Silver Institute.
L'actif net de l'iShares Silver Trust a totalisé 7,8 milliards de dollars au 29 Octobre 2010.

 

Les flux

Le marché fonctionne finalement à flux tendus, on vend la production minière annuelle de plus ou moins 20 000 tonnes, et on pioche le reste dans la réserve identifiable de 20 870 tonnes de lingots.

En 2010, avec une production de 19300 de tonnes, et une demande à 25200 de tonnes, les réserves sont sous pression.

 

Le prix

Aspects financiers

Le prix de l'argent métal est fixé par les marchés : LBMA à Londres pour l'argent physique et COMEX à New York pour les contrats. Les supports échangés sont essentiellement des lingots d'argent ou des contrats pour livraisons futures.
Les ventes à nu qui consistent à céder des contrats pour une livraison future sans posséder l'argent physique réalisées sur par les grandes banques d'investissement, totalisent 350 millions d'once à honorer (10 866 tonnes), ce qui permet, comme pour l'or, de déprimer le prix du métal argent et promet une explosion du prix de l'argent en cas d'emballement du système.
De meme, la création des ETF ou trackers sur l'argent en 2006 conduit ce marché comme celui de l'or au meme risque d'emballement à court terme puisque certains fonds opèrent sans réserves pleines ... Ces produits financiers totalisaient fin 2009 près de 12000 tonnes de métal argent.

La remonétisation de l'argent pourrait donc faire grimper fortement son prix dans les années à venir.

Sur un plan fondamental

Dans un article très intéressant, Thomas Chaize constate que le Gold / Silver ratio évolue de façon cyclique et qu'un haut de cycle aurait été atteint en 1990 :


http://www.dani2989.com/gold/goldsilverratioprice.gif

 

Il constatait également avec étonnement en 2004 que le prix de l’argent avait beaucoup baissé dans les années 2000 alors que la production croissait moins vite que celle de l’or. Il notait également que la production annuelle d’argent dans le monde n’influençait pas de façon directe le ratio or et argent, puisque la production d’argent grandissait moins vite que celle de l’or. Pourtant son prix baissait par rapport à l’or. Cette anomalie est en train de disparaitre avec la remonétisation de l'argent et le Gold Silver est aujourd'hui autour de 55.
Il est très étonnant de découvrir cette divergence entre le ratio du prix de l’or et de l’argent et le ratio de la production depuis 1900.


http://www.dani2989.com/gold/goldsilverratioproduction.gif

 

Le prix de l’argent serait selon lui, le résultat de sa disponibilité et non de sa rareté (il est aujourd’hui 5 fois moins rare que l’or mais il se paie 60 fois moins cher). Cela nous amène à parler des réserves disponibles.

Les réserves d'argent exploitables dans le monde serait selon l'USGS http://minerals.usgs.gov/, de 420 000 tonnes. En considèrant que la consommation de 20 000 tonnes par an ne peut que croitre, si l'on ne découvre pas de nouvelles ressources disponibles, les mines seront épuisées avant 2030 et le seul argent métal disponible se trouvera dans le recyclage. Ce qui pourrait amener son prix à fortement grimper à long terme 

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 06:00

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.chine-informations.com/images/upload2/Shanghai%20Center%202.jpg

Le Shanghai center

 

La hausse récente des taux chinois est un signal fort des autorités. Elle montre le souhait des instances monétaires de contrôler la surchauffe économique et donner à la croissance chinoise un caractère vertueux. La diminution des réserves de main d'oeuvre bon marché a déjà propulsé les coûts salariaux vers le haut dans l'empire du milieu et le risque d'inflation justifie pleinement une hausse des taux courts. Celle-ci est une garantie pour la stabilité voire la baisse des taux longs sur le jeune compartiment obligataire chinois. Elle traduit également la volonté des chinois de laisser progressivement le yuan s'apprécier et sortir d'un modèle économique basé sur les exportations. Dans ce contexte, la sous évaluation chronique du Yuan et l'importance des réserves de changes de la Chine pourraient donner à sa monnaie le statut de réserve de valeur au même titre que l'or. Le tableau n'est toutefois pas entièrement rose en Chine car l'inflation réelle y est déjà forte et les taux courts encore trop bas. Les taux d'intérêt réels en monnaie locale pour les chinois (-3%) y sont plus négatifs  qu'aux Etats-Unis. La Chine sera donc amenée à augmenter à nouveau ses taux courts pour développer l'épargne sur d'autres supports que l'immobilier et l'or physique, pour freiner la surchauffe économique et la spéculation immobilière.

La stratégie pour profiter de ces évolutions consiste à acheter des titres de créances chinois en monnaie locale à échéance courtes sans couvrir le risque de change. Le choix du monétaire ou des échéances courtes a pour objectif d'éviter de prendre le risque d'une montée des taux longs en cas d'évolution trop inflationniste. Il faudra les arbitrer pour des actions chinoises lorsque le Yuan et les taux courts auront atteint un niveau suffisant pour faire atterrir l'économie de l'empire du milieu.

Lors des accords de Plazza en 85, le Japon avait fini par accepter la réevaluation de sa monnaie sous la pression des américains et les menaces de protectionnisme, pour voir son activité diminuer de moitié les années suivantes et décider ensuite de faire chuter ses taux courts pour faire repartir son économie de plus belle en créant une des plus grosses bulles spéculatives immobilières de l'histoire. La Chine devrait suivre peu ou prou le début de cette trajectoire.

L'appréciation du Yuan et son intégration dans le système de change flottant paraissent inéluctable. La suite sera probablement plus compliquée qu'au Japon dans les années 80 car le jeu des pénuries de matières premières et de l'inflation par les coûts viendront probablement changer la donne à plus long terme.

Je donnerai prochainement une piste pour profiter des évolutions monétaires du Yuan et des actions chinoises.

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 07:00

Par Jean Christophe Bataille

 

http://www.gold101.com/blog/wp-content/uploads/2009/09/gold-money-22.jpg

 

L'or qui n'a pas beaucoup évolué en euros ces derniers mois s'est en revanche beaucoup apprécié en dollars. L'annonce d'une reprise du quantitative easing aux Etats-Unis est la cause principale de la récente flambée du métal.

Le Gold Index a atteint récemment un sommet en s'approchant de très près de la barrière des 1400 dollars l'once. Le surachat était manifeste en dollars et l'indice avait besoin de souffler. La tendance haussière de l'or à long terme reste pour moi très solide et je conserve toutes les positions acquises depuis des années. La question posée aujourd'hui est de déterminer le prochain point bas de l'or en euros pour que les investisseurs européens qui en ont peu ou pas, puissent débuter ou renforcer leur position en or. La réponse passe par l'anticipation du prix de l'or en dollars et celle-ci est une fois de plus politique :

- Si l'élection de mi-mandat aux USA se solde par une victoire d'Obama, il est très probable que dans la continuité de la politique actuelle, la monétisation reste très importante.

- Si l'élection de mi-mandat aux USA se termine par une victoire des républicains, le quantitative easing risque d'être revu à la baisse tout en sachant qu'une partie du programme de monétisation est inévitable et incompressible du fait des risques que fait peser l'insolvabilité de certains acteurs publics et privés sur l'économie américaine.

Dans le premier cas, le métal jaune va peu consolider, les opérateurs anticipants une érosion monétaire très conséquente et un maintien très prolongé de taux réels négatifs aux Etats-Unis.

Dans le deuxième cas, l'or risque de se replier en dollars autour de 1250 voire plus bas mais j'ai la certitude que même en cas de changement radical de la politique américaine, il ne peut descendre en dessous de 1030-1050 dollars l'once, overlap historique. Cette consolidation ne remettra pas en cause le potentiel haussier de l'or car aucune politique US ne peut aujourd'hui réparer les dégats monétaires accumulés au cours des 20 dernières années.

Quid du prix en euros ? La logique voudrait qu'en l'absence de nouvelles décisions de politique monétaire européenne, l'or en euros reste stable. La rigueur allemande imposée à l'Europe maintient aujourd'hui l'once nettement en dessous de 1000 euros et l'euro autour 1.39 dollars. Tant que les problèmes des PIGS ne ressurgissent pas dans les médias, il serait logique que ce prix de l'or en euros reste à son niveau. Donc si l'équipe d'Obama sortait gagnante le prix de l'or ne baisserait pas en euros. Si les républicains américains remportaient les élections, le dollar se trouverait temporairement renforcé par rapport à beaucoup de monnaies, l'or baisserait en dollars et la paire EUR USD baisserait en corrélation avec le Gold index, maintenant également le prix de l'or en euros. Mais dans ce dernier cas, l'équilibre serait plus précaire car une chute importante de l'or en dollars pourrait, par contagion, se traduire également par des prises de bénéfices sur l'or en euros. Cela donnerait l'occasion aux épargnants disposant de peu d'or de renforcer leur position.

 

Reste à arbitrer entre mines d'or et or physique.

 

Or physique -  Napoléons

Comme je l'ai dit dans un précédent article, si le cours actuel du Napoléon est relativement protégé par les corrélations Gold-EUR-USD, il l'est également par un niveau de prime proche de zéro. Une baisse en euros de l'or physique pourrait donc être de courte durée car la prime sur le Napoléon augmenterait rapidement devant toute velléité de reprise du métal jaune, freinant ainsi la chute de la pièce. L'or physique d'investissement a pour  caractéristique d'être le plus souvent acheté pour le long terme. Les incertitudes sur l'or papier décrites dans l'excellente enquête de Jef sur la backwardation n'engage pas non plus à la revente de l'or physique. De fait, il n'est pas facile de dire à partir de quel niveau les épargnants se précipiteraient sur les Napoléons en cas de chute de l'or en dollars mais celui-ci ne devrait pas être inférieur de beaucoup au niveau actuel, sauf si la politique monétaire européenne se durcissait encore plus, au risque de replonger le continent dans la récession.

 

Mines d'or

L'effet d'une baisse de l'or en dollars pourrait être plus net sur la valeur des mines. Le levier joue à la baisse comme à la hausse et c'est peut être dans ce compartiment qu'il serait le plus logique d'investir. Il faut donc surveiller attentivement le cours des actions et des FCP aurifères pour saisir la meilleure occasion. Un ratio peut nous aider, il s'agit du rapport du prix spot de l'or sur celui des mines. L'indicateur habituellement utilisé est le ratio Gold index / Philadelphia Gold and Silver Index.

Vous pourrez calculer ce ratio sur StockCharts.com en tapant : $GOLD:$XAU

 

GOLDXAU-22102010.JPG

 

Ce ratio est aujourd'hui à 6.75. Toute hausse significative de ce ratio doit conduire les investisseurs à préférer les mines d'or à l'or physique.

 

Enfin, en cas de chute importante des métaux précieux, l'argent pourrait également être un investissement intéressant mais il fera l'objet d'un autre article.

 

 

Pour information le Philadelphia Gold and Silver Index est composé des mines suivantes :

Barrick Gold Corp.     21.98%
Goldcorp Inc.     14.92%
Newmont Mining Corp.     14.13%
Freeport McMoran Copper & Gold Inc.     12.92%
Kinross Gold Corp.     7.37%
AngloGold Ashanti Ltd.     6.55%
Agnico-Eagle Mines Ltd.     4.65%
Gold Fields Ltd.     3.98%
Yamana Gold Inc.     3.47%
Harmony Gold Mining Co. Ltd.     3.13%
Randgold Resources Ltd.     2.34%
Pan American Silver Corp.     1.10%
Royal Gold Inc.     1.09%
Silver Wheaton, Inc.     1.05%
Coeur D' Alene Mines Corp.     0.77%
Silver Standard Resources Inc.     0.56%

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 15:09

Jef a poursuivi son enquête sur les bizarreries du marché de l'or papier et sur les spécificités de fonctionnement du COMEX. Afin de clore ce chapitre passionnant dont l'aspect prédictif quant à l'avenir des monnaies est loin d'être négligeable, voici ses conclusions finales qui résument bien les différentes évolutions possibles du métal jaune :

 

http://www.etftrends.com/wp-content/uploads/2009/09/gold-bars-636.jpg

 

1) Gold Backwardation 3 suite et fin par Jef

En introduction et pour ceux qui veulent vraiment comprendre comment fonctionne les marchés à terme sur les matières premières voici des explications claires de la SG :

http://www.sgbourse.fr/fileadmin/contenus/brochures/Produits_de_diversification/Backwardation.pdf

Ce qu'il faut intégrer avec le principe des futures, c'est qu'il y a 2 forces en mouvement quasiment dans le même temps : la courbe des prix à terme (1, 2, 3 mois…1, 2, 3 ans… ) et le prix spot (immédiat). Quand la courbe sur les prix à terme s'inverse, situation de Backwardation très fréquentes lors de problèmes soudains de stocks trop faibles sur une MP "consommable", les prix spot sont eux aussi poussés à la hausse, ils "rattrapent" leur retard sur les prix à terme. Cette hausse a une incidence immédiate (les jours suivants) sur la courbe des prix à terme qui repart doucement ou brutalement dans l'autre sens, car, normalement, la remontée des prix à terme dans cette situation est moins puissante que celle des prix spot et petit à petit la courbe revient vers une situation normale de Contago. Donc, la fenêtre de temps du roll positif (trading possible…) expliqué sur le lien SG est en règle générale courte. Quand on a bien intégré le fonctionnement des futures on comprend mieux pourquoi la base du gold ne peut pas se retrouver en situation de Backwardation. Peu de volume pour une valeur très forte, une très grande mobilité, une couverture mondiale, peu de coût de stockage et un stock inépuisable à la vente. Si un jour on tombe en situation de gold Backwardation, ça vaudrait tout simplement dire que ceux qui possèdent du physique et qui pourraient faire un gain quasi immédiat en le troquant contre de l'or papier moins cher à échéance de livraison 1 mois pour retrouver leur physique (donc seulement 1 mois plus tard et X% moins cher) ne le font pas. Pourquoi ne le feraient-il pas ? Et bien tout simplement parce qu'ils penseraient que le risque qu'ils ne soient pas livré serait trop fort. L'attrait, pourtant irrésistible, d'un gain garanti serait supplanté par le risque du papier, une pénurie non pas de stock mais de CONFIANCE... Dans ces conditions, le papier gold dans son ensemble perdrait sa valeur car sa contrepartie physique se serait évanouie, la base (du marché du gold papier) aurait disparu. C'est pour cela qu'il faut bien suivre à la fois le volume des "gold future contracts" en "open interest" et le GOFO sur les 2 mois qui viennent. Mais, malgré tout, rien pourrait ne se passer sur cette fin d’année même si les demandes de livraison deviennent record, pourquoi ?


2) EFP, la fausse monnaie du Comex.

Je me suis souvent demandé la raison pour laquelle, depuis maintenant 2 ans, alors que la demande physique fait flamber les cours de l’or, la courbe des prix à terme sur le gold ne s’était jamais remise en situation de Backwardation. On a l’impression que les prix à terme sont « pilotés » pour rester faibles sans être inférieurs au prix spot. Ma première réflexion a été la suivante : et bien parce que les demandes de livraison n’ont jamais été assez fortes et donc que le GOFO bien que proche de 0 (cf 1er article) n’était jamais repassé dans le négatif. Donc, direction la « Delivery Notice » du Comex (cf 2em article) depuis, par exemple, le début de l’année :

http://www.cmegroup.com/delivery_reports/MetalsIssuesAndStopsYTDReport.pdf

Regardez la page 7, vous avez le cumul mensuel de la demande de livraison physique des propriétaires de futures. Et là grosse surprise, la demande est très importante, voir par exemple sur juin, plus importante encore que celle de l’épisode de novembre et décembre 2008 quand l’or s’est retrouvé en base négative. En effet, 20831 contracts x 100 ounces chacun, ça nous fait une demande de plus de 2 millions d’once et je vous rappelle que les stocks de la Comex sont de moins de 3 millions. Comment est-ce donc possible ? Et bien la réponse m’a été donnée par Adrian Douglas. Se faisant la même réflexion il a tous les jours et pendant 6 mois comparé les « flux entrants » et les « flux sortants » de gold physique au Comex

https://marketforceanalysis.com/index_assets/COMEX%20Inventory%20Shows%20Alarming%20Trend.pdf

et s’est rendu compte qu’il en sortait plus (demande de livraison) qu’il en rentrait dans les propres magasins du Comex (remise à niveau des stocks) !!! Mais comment le Comex pouvait-il faire ? Avait-il découvert le moyen, recherché depuis la nuit des temps, de fabriquer de l’or ? Et bien non, il fait plus simple ! Adrian a été fouiller dans les statuts du Comex et à découvert que cet établissement respectable pouvait, à sa convenance, lorsqu’un investisseur demandait à être livré, lui livrer non pas de l’or physique, mais une promesse, un papier, un Exchange of Futures for Physicals, un EFP.

https://marketforceanalysis.com/published_articles_assets/The%20Alchemists3.pdf

J’imagine la tête de l’investisseur qui pensant se retrouver avec du physique se retrouve avec un autre papier… Alors le Comex use-t-il de ce subterfuge ? Et bien oui et pas qu’un peu… Sans rentrer dans le détail ces EFPs sont ensuite noyés dans les statistiques des ETF ce qui contribue à augmenter le flux du papier gold. Ainsi, lorsque notre propriétaire demandera là par contre la contrepartie de son EFP, en vrai de vrai de vrai… physique et bien ce sera noyé dans la masse de ceux qui le font sur les ETF traditionnels et ainsi cela ne provoquera pas de perturbation immédiate sur les prix des futures à terme et donc le prix spot. Ce tour de main du Comex fait dire à nombre d’opérateurs que les détendeurs de futures gold se font livrer non par la « porte de devant » mais par la « porte de derrière ».

Pour les ETF dont l'évolution négative de l'encours depuis juin serait sensée anticiper une chute des prix qui ne vient pas, peut être faut-il analyser cette baisse comme une traduction de perte de confiance dans le papier, des rachats détournés (type EFP) et donc de recherche de physique. Si le gold fait record sur record c'est quand même bien qu'il y a une forte demande physique, certes pas des particuliers traditionnels (en France et tout cas, cf prime) mais des personnes très fortunées ou avisées (comme vous maintenant) voir de certains « zinzins » et grosses sociétés pour leurs propres réserves. Les banques centrales ne peuvent le faire en direct, cela perturberait trop le marché. En fait, ce qu’il faut retenir de ce petit feuilleton, est que ces montages « intelligents » ne contribuent qu’à repousser les problèmes et à accumuler un montant énorme de papier qui fragilise l’ensemble de l’édifice. Un peu comme un barrage qui pourrait de plus en plus facilement se fissurer en cas de fortes pluies soudaines et céder brutalement, inondant le système d’un flot irrésistible de demande de physique. Si vous voulez vous protéger avec une valeur refuge ou diversifier une partie de votre patrimoine sur du gold, évitez le papier.

 

3) En conclusion de ces articles sur l’investissement Or, je vois trois types de scénarios possibles. Attention, là on entre dans le subjectif…

Déjà le premier à avoir en tête reste que les cours de l'or et de l'argent peuvent très bien chuter fortement. Quand des sous jacents sur des marchés aussi étroits ont fait x fois 100% en quelques années ils peuvent très bien repartir dans l'autre sens vite et fort. Il suffirait que les Billion Banks en aient la volonté et jouent en sous main sur les dérivés (comme vous le constatez, tout est possible, car tout n’est que fausses promesses…) ou même, plus simplement, que les banques centrales décident, ensembles, de redevenir vendeuses nettes (par exemple pour sauver le système $…), ou que la FED choisisse d'affronter la réalité en faisant entrer les US dans une politique d'austérité inédite depuis WW2 (théorie des déflationnistes) et fasse rentrer le monde en dépression (la croissance mondiale reste pour l’instant largement positive). Une inversion réelle de la hausse des cours du gold serait une forme d’alarme avancée donnant du crédit à cette hypothèse. Ce n'est, selon moi et depuis 2 ans, pas la situation la plus probable mais c'est possible.

On pourrait aussi avoir un scénario intermédiaire et qui ne serait ni plus ni moins que la continuité de ce que l'on voit sur le gold depuis plusieurs années : une croissance irrésistible (avec quelques consolidations) due à un statut de valeur refuge que l’or avait perdue depuis la consécration du roi $. En quelque sorte, l'or deviendrait à nouveau le seul référent monétaire de stockage et non d'échange qui ne bouge pas en constant mais qui s'apprécie en courant par rapport à des devises qui perdent globalement de la valeur suite au développement hétérodoxe des masses monétaires en circulation et des politiques de fuite vers l'avant. Je penche pour celui là en ce moment.

Enfin, on pourrait avoir un 3eme scénario qui serait celui d'une backwardation soudaine (fin d'année ?) puis permanente (aie) et là attention. Le sujet ne serait plus le prix spot du gold car il n'aurait plus de prix. La demande serait énorme et il n'y aurait plus d'offre, plus de base et le papier gold perdrait sa valeur car le barrage aurait cédé. La perte de CONFIANCE se propagerait aux autres papiers et quand je vois la réaction dans les stations services en ce moment, j’imagine la situation aux guichets des banques. Ensuite, panique, suspension des cotations, tous les processus de fixation des prix seraient perturbés, les taux Ibor exploseraient, le marché monétaire se figerait, le commerce international serait gravement impacté et dans cette situation extrême, le politique démagogue courrait derrière le social et là... Aujourd'hui les prix ne se définissent que par rapport aux marchés et aux dérivés, la perte de confiance dans le papier pourrait avoir des conséquences difficilement imaginables, un Lehman puissance x, un vrai gros risque systémique. Pour en revenir au gold, le seul marché "spot" serait celui du marché noir en attendant de retrouver un nouvel équilibre monétaire. Bon, c’est un scénario actuellement peu probable (pourtant le cheval de bataille du LEAP) car l’élastique CONFIANCE ne me semble pas encore tendu à se rompre (il n’y a qu’à observer la faible volatilité des marchés actions) et l’imagination des financiers semble sans limites.

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 08:55

Par Jean Christophe Bataille

 

http://n.b5z.net/i/u/10002441/i/money_wheelbarrow.jpg

 

 

Les habitués de la blogosphère économique et financière savent qu'actuellement le pourcentage de cash détenu par les gérants est historiquement faible aux Etats-Unis. Ce manque de liquidité devrait être un frein puissant à la hausse des actions. J'ai pronostiqué il y a plusieurs jours un retournement de tendance des indices et un retour dans le range 3800-3350 pour le CAC car les conditions graphiques en base hebdomadaire étaient en faveur d'une rechute. Le VIX instantané commencait à atteindre des niveaux propices au short des marchés actions. Force est de constater que le CAC ne suit pas pour l'instant l'évolution prévue, comme si l'action de la FED apportait une impulsion contradictoire. Etonnamment le VIX a stagné le 13 octobre alors que le SP 500 s'appréciait significativement. Cette divergence n'est pas normale.

En dehors de l'aléa accompagnant toute opération spéculative, l'action des Permanent Open Market Operations (achats direct d'actions par les primaries dealers) déjà décrite dans ce blog et surtout la perspective d'un assouplissement quantitatif constituent probablement de puissants freins à la baisse des indices actions. Le mécanisme anticipé par le marché est le suivant : la FED injecte des liquidités dans le compartiment obligataire par l'achat des dettes souveraines nouvellement émises. Ces liquidités sont recyclés par les gérants qui vendent de l'obligataire plus ancien pour garder une pondération obligataire identique dans leur portefeuille. Le cash dégagé est évidemment utilisé pour acheter des actions le plus souvent de pays émergents ou de producteurs de matières premières. Ensuite la FED injecte des liquidités dans un système bancaire primaire devenu quasi institutionnel afin que celui-ci augmente son allocation en actions américaines par la procédure des Permanent Open Market Operations.

Les bourses occidentales actuellement épargnées par les médias singent (plus ou moins) Wall Street en faisant grimper leurs indices. Ce type d'évolution produit une hausse du prix des actions de tout poil (biens tangibles) par inflation monétaire stricte et une protection artificielle des taux longs (dette). Dans ce contexte, l'analyse graphique, les indicateurs de sentiments perdent une partie de leur sens car il faut intégrer en permanence l'inflation monétaire dans l'évolution des cours. On peut observer le même phénomène avec l'évolution du prix des matières premières et des métaux précieux en dollars. Le pétrole monte depuis l'annonce de nouvelles mesures conventionnelles aux USA alors que la consommation n'a pas significativement augmenté. L'or culmine à 1390 $ en sortant de façon très étonnante de ses bornes graphiques alors qu'il n'y a pour l'instant aucune évolution vers une hausse des prix à la consommation. La dimension monétaire devient un élément fondamental dans l'analyse des valorisations.

J'en tire deux leçons sans préjuger de l'évolution des indices la semaine prochaine qui peuvent prendre le chemin de la baisse comme de la hausse :

- La première répétée cent fois sur Futures : les actions se dévaloriseront en monnaie constante même si elles peuvent s'apprécier en monnaie courante dans le futur. Celles concernant l'or, les matières premières, les émergents et les actions à fort rendement pérenne se dévaloriseront dans une bien moindre mesure et constituent des placements de mise à l'abri.

- La deuxième répétée encore plus souvent à Wall Street : "don't fight the FED".

Nous attendrons donc probablement l'élection de mi-mandat US pour reprendre le trading en UT longue afin d'évaluer la quantité de dollars injectée sur un mode non conventionnel. Je ne crois pas, contrairement à ce qu'on entend, qu'il sera limité. Les échéances des crédits ARM et commercials, les centaines de milliers de saisies qui sont remises en cause par la justice américaine, la quasi faillite de certains états US sont probablement les vraies raisons du prochain Quantitative Easing. La Fed a certainement compris bien avant tout le monde que l'assouplissement quantitatif ne relançait pas l'économie mais permettait d'éviter les faillites en série, qu'elles soient publiques ou privées, en produisant de l'argent gratuit.

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 07:40

Par Jef.

 

http://www.sharelynx.com/chartstemp/charts1/kitco2aulrates.php

 

En 2008, lors de la première backwardation structurelle sur le Gold, quelle était la situation ? La delivery notice (cumul de demande des livraisons effectives des propriétaires de contrats futures sur l'or) du 28/11/2008 du Comex (1er jour de demande possible des livraisons physiques pour décembre 2008) faisait apparaitre en GC (Gold Future Contracts) un montant global de 8 600. Un contrat pèse 100 ounces. Donc 8 600 x 100 représentent 860 000 onces de Gold à livrer. Le 3 decembre, la situation a empiré avec 11 759 demandes de livraison soit plus d'un million d'onces ...

http://www.marketoracle.co.uk/Article7577.html

Les stocks du Comex sont de l'ordre de 3 Millions et il leur est impossible pour des raisons techniques de livrer rapidement. Donc, ce qu'il convient de suivre, c'est le nombre de contrats qui sont en Open Interest sur une échéance donnée puisque, même si ce n'est pas le but, ces contrats pourraient être demandés à la livraison si leurs propriétaires ne les annulaient pas par des prises de positions inverses (ventes) ou ne les roulaient pas sur des échéances futures (ce qui est le plus souvent le cas). L'échéance la plus redoutée, car la plus importante de l'année, c'est décembre. Qu'en est-il donc le 12 octobre 2010 ? Le montant des contrats (GC) en Open Interest pour le mois de décembre est de 434107 ! C'est un record. A l'extrême, cela veut dire que 434107 Gold Contracts de 100 onces chaque soit plus de 44 millions d'once d'or sont potentiellement en cours de livraison sur décembre. Bien sûr, ce ne sera pas le cas, mais il suffit d'ici fin novembre, que le dixième seulement de ces contrats soit toujours là (problème de confiance sur le dollar par exemple...) et qu'il soit demandé en livraison physique pour que le Comex doive sortir plus de 4 millions d'once. Or il ne les a pas ...

Alors, quelle serait l'incidence d'une évolution de ce type ? Il faut imaginer notre réaction si notre banque nous disait, "désolé, on ne peut pas vous verser sur votre compte courant, l'argent de votre livret d'épargne car on ne l'a pas ..." Les propriétaires de papier Gold, ETF et consorts, ne pourraient qu'avoir une réaction de panique. Et là serait beaucoup plus grave car, comparé aux Gold futures, les montants en jeu sur ces papiers sont énormes. On navigue, déjà, et avec pourtant peu de demande depuis 2 ans, sur une mer très agitée (cf niveau du GOFO dans l'article N°1).

La fin de l'année sur le Gold représente donc une échéance vraiment délicate. Ceci dit, ce n'est qu'un risque systémique de plus. Nous dirons que celui là est de ... 4 sur une échelle de 5. Je pense qu'il faut en être conscient et s'en inquiéter raisonnablement.

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 17:38

Par Jef

 

http://www.sharelynx.com/chartstemp/charts1/kitco5aulrates.php

 

Jeudi, détente du volume des futures gold et silver ! Qu'en est-il réellement ?

Jeudi : Gold -1.01% et... enfin une baisse des futures à échéance décembre 2010 de 3407. http://www.cmegroup.com/daily_bulletin/Section62_Metals_Futures_Products_2010194.pdf

Ouf ! Pourrait-on dire. Mais dès vendredi, gold +0.88% avec un dollar stable à 0.04% (comme quoi...) et résultat des courses, solde des futures Gold dec10 : http://www.cmegroup.com/daily_bulletin/Section62_Metals_Futures_Products_2010195.pdf avec un nouveau record de 441169 !

Pourquoi est-ce si important et pourquoi depuis 1 mois insisté-je sur ce sujet barbare ?

Pour les MP traditionnelles, les fluctuations de la base, les situations de contango et de backwardartion ne sont fondamentalement pas très importantes et, comme l'a déjà dit Jean Christophe, elles se produisent fréquemment. Elles traduisent simplement des problèmes réels ou des craintes d'approvisionnement ou de stocks comme cela a été récemment le cas suite aux déclarations de la Russie sur le blé.

En ce moment, il y a quelques MP en backwardation,Copper, Corn... Pour le Gold et le Silver, c'est très différent. Pourquoi ?

Il existe plusieurs raisons à cela :

Tout d'abord parce que les stocks d'or sont énormes car très peu consommés. Ils ne devraient ainsi jamais tomber en base négative. L'or représente donc une alternative crédible en tant que valeur refuge depuis la nuit des temps.

Ensuite pour une raison plus fondamentale et pourtant peu connue car complexe et "réservée" à ces initiés que sont les décideurs et les intervenants. Peu de gens savent que les banques centrales rémunèrent leurs réserves de Gold en les louant aux Billions Banks qui, elles-mêmes, créent la liquidité du marché du papier Gold en les relouant aux investisseurs. En contrepartie, elles placent les liquidités qu'elles reçoivent pour leurs comptes à un taux très proche du Libor. Pour ceux à qui ça parle : Gold Lease Rate = Libor - Gold Forward rate.

En simplifiant, un des intérêts que trouvent les banques centrales dans ce deal, est le "rate" de la location de ces réserves. Or quel est ce rate ? C'est le GOFO, peut être avez-vous déjà vu ces 4 lettres dans quelques articles incompréhensibles et en plus tout le temps (ou quasi...) en anglais. Le GOFO signifie : "Gold Forward Rate" qu'on pourrait traduire par taux d'intérêt à échéance des options Gold. Donc ce GOFO n'est ni plus ni moins que le spread de taux entre le prix spot (marché au jour le jour) et le prix des futures du Gold papier. Il est donné quotidiennement par la "London Billion Market Association" ou LBMA, organisme qui alimente souvent les articles des spécialistes de la théorie du complot sur ces sujets obscurs. Pour exemple, voici le suivi des situations journalières depuis le début de l'année : http://www.lbma.org.uk/pages/index.cfm?page_id=55&title=gold_forwards&show=2010

Ces explications sommaires n'ont qu'un seul but : vous sensibiliser sur l'importance du suivi des situations de diminution des spreads sur les futures qui pourraient anticiper une situation de GOFO négatif plus connu sous les noms de Gold Backwardation ou "Gold Red Backwardation". Ce serait effectivement un scénario très Red...

Une backwardation sur l'or sur les échéances 1 mois à un an impliquerait plusieurs choses dont 3 principales :

1) Que les banques centrales deviendraient perdantes sur la location de leur réserves. Pour conserver la fluidité du marché du papier, elles seraient pourtant obligées de continuer à le faire, ce qui rendrait une gold backwardation longue impossible à assumer.

2) Que l'explosion de la demande des livraisons due à la perte de confiance induite montrerait que la contrepartie du papier Gold ou Silver n'existe pas puisque qu'aujourd'hui pour un montant de 100 en circulation, il n'existe que 1 en contrepartie physique.

3) Les banques centrales et les Bullions Banks seraient obligés de dévoiler la réalité de leurs réserves qui n'ont jamais fait l'objet d'audits indépendants. On ne peut légitiment en attendre que de mauvaises surprises. Bref ce phénomène montrerait que "le roi est nu" ou très peu couvert... et provoquerait une perte de confiance dans le système de fonctionnement des dérivés et de la monnaie papier qui ébranlerait le fondement même du marché monétaire tel qu'on le connait aujourd'hui. Or, ce marché monétaire mondial, qui s'est développé de manière exponentielle sur ces dernières décennies alors que le dollar papier devenait le seul référent, est la base du développement et du maintien du commerce international.

Conclusion : diversifiez une partie non négligeable de votre patrimoine sur des biens tangibles et méfiez-vous du "tout cash".

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 07:17

Par Jean Christophe Bataille.

 

http://www.economiesolidaire.com/images/bebes-chinois.jpg

 

En 2014, selon les projections du FMI, la Chine comptera pour 15% du PIB mondial, l'Inde 5%, le Brésil 2,8%, la Russie 3,4%. L'économie américaine ne pèsera plus que pour 18% du PIB mondial.

La Chine, c'est une démographie égale à 10 fois le Japon. C'est un rattrapage technologique bien plus rapide favorisé par une politique de transfert que n'a pas connu le Japon. C'est une direction politique très centralisée qui brule les étapes et gère les infrastrucures de façon cohérente. Ce qu'il faut savoir pour ceux qui ne connaissent pas la Chine, c'est que contrairement aux pays qui se sont developpés plus lentement dans le passé, la Chine rase une grosse partie de son environnement urbain dans les grandes villes. Le Pekin et le Shanghai de 1990 n'existent plus. Une grande partie de ces villes a été rasée puis reconstruite. Seuls les quartiers ayant une valeur historique ont été conservés. La vitesse de développement est considérable et repart sans frein avec des infrastructures adaptées et des rues très larges.

La population veillit mais est loin d'être au niveau du Japon ou de l'Allemagne. Une population agée n'est pas nécessairement un handicap. Il suffit de voir la puissance économique de l'allemagne actuellement. Il est des populations jeunes dans l'histoire qui ont conduit les plus sinistres politiques : les khmers rouges. Il est des populations jeunes possédant de grandes richesses en matières premières incapables de se développer aujourd'hui : l'Algérie.

Je me suis amusé avec ma calculatrice financière à composer les taux de croissance présumés de la Chine sur 25 ans et ceux des US sur la meme durée Le résultat bien que shématique est sans appel :

En 25 ans avec un taux de croissance de 10 %, la Chine multiplie son PIB par 10 alors que les USA par 1,85 !

Bien sur, ce taux de 10 % est shématique et la Chine finira pas ralentir. Mais l'évolution des PIB illustre bien la différence entre pays émergents et pays développés. Ce calcul ne tient d'autre part pas compte des effets d'echelle qui doivent nous conduire à appliquer à la Chine une surpondération démographique tenant compte du fait que la Chine est 5 fois plus peuplée que les USA. Cette avantage devrait en effet lui offrir un immense marché captif à même de propulser fortement son économie et lui permettre d'assoir une véritable domination monétaire, économique et militaire.

Je ne rajoute pas à l'équation l'Inde, la Russie et le Brésil. Nul doute pour moi que les USA pèseront beaucoup moins que l'ensemble des BRICs dans seulement 10 ans.

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 13:05

Par Jean Christophe Bataille.

 

http://aktien-blog.com/wp-content/uploads/goldbarren.jpg 

 

L'or est en train d'atteindre son sommet historique. J'ai fixé dans le premier file trading du mois d'août un objectif de 1285 $. Il est en passe d'etre atteint.

Paradoxalement, l'or en euros a plutot baissé ces deux dernier mois : 978 euros l'once, et le napoléon est à 185 euros aujourd'hui.

 

L'explication est double :

- L'euro a nettement progressé cet été augmentant notre pouvoir d'achat sur l'or. L'or ne progresse pas, c'est le dollar qui se dévalorise.

- La prime à l'achat sur le napoléon s'amenuise car après une importante vague d'achat, les français sont redevenus plus frileux devant la montée de l'or en dollar.

 

Nombreux sont les gens qui me demandent actuellement s'il est encore temps d'acheter de l'or. J'ai aujourd'hui tendance à répondre oui si la quantité d'or détenu dans le patrimoime est insignifiante. Mais il ne faut pas le faire à n'importe quelle condition. Il me semble interessant d'attendre car :

- Je reste haussier à court terme sur l'euro.

- Le gold index va toucher des niveaux qui devraient obligatoirement l'amener à consolider.

Le prix de l'once en euros a donc un potentiel de baisse non négligeable. Les objectifs que l'on pourrait se fixer pour revenir sur le poste Gold serait un prix de l'once sous 1200 $ et un EUR USD à 1.33 minimum, 1.37 étant le meilleur point d'entrée si nous l'atteignons. La clé de ce point d'entrée n'est pas le prix de l'or, mais l'évolution de l'euro.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 13:04

Par Jean Christophe Bataille

 

http://dshort.com/charts/CMI/Consumer-Metrics-GI-GDP-SPX.gif

 

Une étude du site Dshort reprise par le site Daily Bourse retient particulièrement l'attention. Cette étude montre que selon les données du Consumer Metric Institute, l'index cotoie dangereusement les points bas enregistrés en plein coeur de la crise financière de 2008. Elle peut signifier une augmentation du taux d'épargne privée aux USA, indicateur que nous suivons tout particulièrement chez Futures. En 2008, la courbe de l'index a anticipé de quelques mois la chute du PIB US et celle des marchés actions. Elle pourrait donc préfigurer une nouvelle baisse importante des marchés. Après la récente remontée des cours, l'élastique baissier pourrait être à nouveau tendu et rendrait possible une chute importante des indices. Sans prendre véritablement position sur le point bas à venir dans la chute qui a débuté vendredi et en l'absence d'élements pouvant conduire à plus d'optimisme, nous conservons précieusement nos produits dérivés baissiers et restons peu investis en actions.

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 08:31

Par Jean Christophe Bataille

 

http://images.businessweek.com/ss/05/12/eco_predictions/image/inflation.jpg

 

 

L'essoufflement de l'économie américaine fait craindre une nouvelle baisse du PIB des pays de l'OCDE pour les trimestres à venir. La croissance est faible un peu partout en occident et les marchés ont repris la direction du sud. Si le scénario de double dip est possible, quelle va être l'évolution des monnaies occidentales ? Vont-elle se valoriser dans le cadre d'une déflation ou poursuivre leur dévalorisation par l'inflation. L'inflation régne en maitre depuis 50 ans dans les pays développés sauf au Japon. Nous pensons que la tendance à la contraction de la masse monétaire qui pourrait survenir aux USA en cas de nouveau plongeon de l'activité ne peut être que de courte durée. Quatre raisons essentielles :

 

1. Le monde est inflationniste

 

Depuis la disparition de l'étalon or et l'avènement des réserves fractionnaires, la monnaie perd constamment de sa valeur. Les gains de productivité, l'apport des coûts de production très bas des émergents ces dix dernières années, l'importante crise de l'octroi du crédit et la chute de la demande de 2008 n'ont pas pu interrompre ce phénomène. Seul un retour à un système monétaire à réserves pleines pourrait bloquer cette tendance. Je renvoie une fois de plus mes lecteurs à cet article écrit l'an dernier : Le monde est inflationniste.

 

2. Le taux d'épargne et le deleveraging ont un effet limité

 

En 2010, les prix à la consommation ne baissent toujours pas malgré l'important deleveraging à l'oeuvre dans certains pays occidentaux comme les USA, l'Angleterre ou encore l'Espagne. L'Angleterre au contraire souffre d'une inflation trop importante. La formidable injection de monnaie réalisée par les banques centrales et la bonne tenue des pays émergents désormais dynamisés par leur consommation intérieure et leur capacité à financer leur croissance en fond propre constituent bien sûr des supports évidents à cette stabilité des prix.

Certains analystes comme ceux de Natexis pensent que l'augmentation du taux d'épargne des ménages et des entreprises pourrait alimenter une possible déflation. Je n'y crois pas pour deux raisons :

- La montée du taux d'épargne des ménages dont souffre l'occident n'affecte en aucune façon les pays émergents qui au contraire vont tendanciellement dans le sens d'une diminution de leur épargne.

- L'augmentation du taux d'épargne des entreprises génére, quant à elle, un effet inverse sur les prix car les industriels en freinant leurs investissements organisent les sous-capacités de production à venir. Toutes les informations que je recueille sur le terrain dans l'industrie se recoupent : pour maintenir leurs prix, les industriels du monde entier cultivent la pénurie en terme de capacité et n'investissent pas dans leur appareil de production si ce n'est pour améliorer leur productivité. Les entreprises privilégient donc leurs marges en ne cherchant pas à augmenter leurs volumes de vente. L'objectif est évident : ne pas pas être en surpacité en cas de baisse inattendue de la demande. Les leçons de la crise de 2008 ont porté ... Ce phénomène est évident dans le domaine du pétrole où l'investissement diminue comme peau de chagrin mais il touche désormais de nombreux secteurs économiques comme celui de l'electronique. Coté clients, la demande augmente fortement chez les émergents même si elle stagne chez les occidentaux et, au global, reste en croissance. Les surcapacités de production avancées par nombres d'analystes pour justifier une possible future baisse des prix sont donc en train de fondre comme neige au soleil.

 

3. L'inflation importée est inéluctable.

 

Nul doute pour moi que l'augmentation des coûts de main-d'oeuvre chez les émergents et la montée du prix des matières premières vont arriver massivement en occident par cargos interposés. Le glas de la stabilité des prix sonnera le jour où le pétrole commencera son ascension. Les salaires occidentaux suivront obligatoirement la montée des indices officiels des prix à la consommation par une indexation à laquelle les employeurs ne pourront pas se dérober, quel que soit le taux de chomage. 

Dans les pays qui, comme la France, ne sont pas soumis à un fort deleveraging, les prix de l'immobilier, même s'il sont susceptibles de subir une brève correction en cas de double dip, devraient continuer à augmenter en monnaie courante, protégeant ainsi partiellement le capital, mais ils devraient, à terme, baisser en monnaie constante pour réintégrer sur le très long terme le canal de Friggit.

 

4. La fuite devant la monnaie

 

L'issue programmée de l'augmentation des prix par la montée du coûts des salaires et des matières premières pourrait être accélérée par un autre phénomène beaucoup plus dangereux celui-là : la fuite devant la monnaie. Un certain nombre d'initiés savent aujourd'hui que l'émission massive de monnaie de ces dernières années a dilué de façon considérable la valeur de celle-ci. Ce raisonnement simple est pour l'instant porté par quelques investisseurs qui essaient de se prémunir de cette dévalorisation par la vente d'actifs monétaires et l'achat de biens tangibles : depuis 2003, achat d'or physique ou papier, de matières premières et depuis peu, achat de biens immobiliers cash avec des fonds auparavant placés en euros ou en obligations. Cette fuite du cash vers les biens tangibles de peur de voir la monnaie se dévaloriser pourrait gagner la masse des épargnants qui prendraient conscience à leur tour de la récente accélération du délitement des monnaies. L'effet mécanique de cette perte de confiance serait de faire monter le prix de tous les biens puis ceux des produits de consommation courante.

Nous n'en sommes pas là, mais l'augmentation récente des prix de l'immobilier en France correspond à une montée en puissance de ce phénomène de défiance monétaire.

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 09:08

 

Par Jean Christophe Bataille

 

Voici un graphe tiré de Dshort.com que j'apprécie particulièrement et que j'ai déjà présenté dans Futures. Il compare l'effondrement du Dow à partir de 29, la chute progressive du Nikkei et la crise actuelle visualisée à travers le SP 500. Ce premier graphe est ajusté de l'inflation et exprime les indices en monnaie constante :

 

http://dshort.com/charts/bears/mega-bear-2000-extended.gif

 

 

Le graphe suivant montre les trois mêmes crises avec les valeurs réelles des indices sans ajustement en fonction de l'inflation.

 

 

http://dshort.com/charts/bears/mega-bear-2000-nominal-extended.gif

 

 

On note d'emblée que l'inflation monétaire dissocie les 3 courbes alors qu'elles évoluaient de façon assez superposables sur le graphe ajusté de l'inflation. Le point bas de 2009 était en particulier relativement proche de celui de autres courbes au bout de 9 ans. Cela signifie pour moi que si ces courbes évoluent de concert en monnaie constante, l'action de Bernanke et de Trichet sur les masses monétaires a induit une très significative modification de l'évolution des indices en monnaie courante. On peut noter en particulier la forte hausse des indices liée à l'expansion du crédit durant les années 2000. Autrement dit, les indices iront probablement moins bas que dans les 2 autres crises mais la monnaie qui sert à les évaluer perd et perdra régulièrement de la valeur. C'est tout l'intérêt de posséder de l'or métal aujourd'hui car il permet de compenser cette dévalorisation monétaire entamée dans les années 2000. Notons que l'or n'a pris que 63 % entre 1929 et 1933 alors qu'il a été multiplié par quatre depuis le début de la décennie.

 

Si les injections massives de monnaies se poursuivent, ce dont je ne doute pas tant la tolérance des créanciers de l'Amérique semble être sans limite, la courbe bleue va se dissocier de plus en plus des deux autres courbes. Dans la crise japonaise et la crise de 29, l'action des banques centrales a été beaucoup moins appropriée et surtout beaucoup trop tardive pour limiter les forces déflationnistes. Par ailleurs, la tension sur les monnaies liées à l'inflation importée (montée des salaires émergents, surchauffe des émergents, sous capacité de production des MP, distorsion de changes) n'était pas sur le point d'exploser comme aujourd'hui.

 

L'analyse de ces courbes et les éléments que je viens de citer me conduisent à penser que si les indices subissent les effets du deleveraging lié à l'endettement des secteurs publics et privés en occident, les valorisation d'actifs iront beaucoup moins bas que dans les deux autres crises précédentes. En terme d'investissement, cela signifie qu'un CAC à 3000 points est déjà un bon niveau d'achat pour nos actions cibles et que 2400 points est une limite maximum à la baisse pour nous sur le marché des actions françaises.

 

Je reprends ce que j'écrivais en décembre 2009 :

C'est ce qui me fait dire depuis un an que le CAC aura énormement de mal à baisser sous 2400 voire éventuellement un seuil plus élevé désormais, les dernières mesures non conventionnelles et les effets du carry trade occasionnant une dévalorisation monétaire supplémentaire. Si on considère que la valeur du CAC de 1991, date que l'on peut considérer comme étant le tout début de la bulle actuelle du crédit, soit 1500, équivaut à un CAC à 2000 ajusté de l'inflation en 2007, on peut imaginer que le CAC de 1991 équivaut après les productions monétaires récentes à un CAC à 2400 en 2010.

Pour répondre à une question qui m'a été posée récemment, le secteur des actifs les plus tangibles et rares comme l'or, le pétrole et certaines matières premières, va voir ce phénomène largement amplifié et nous permettre des niveaux d'intervention à l'achat encore plus élevés en nominal, autour de CAC 3000-3400. Ceci d'autant plus que ces acquisitions sont sécurisées par leur fort potentiel de croissance à long terme.

 

L'immobilier remonte d'ailleurs significativement en France, preuve s'il en est que la monnaie se dévalorise et que nous sortirons probablement de cette crise par l'inflation des prix à la consommation.

 

 

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 06:06

Par Jean Christophe Bataille.



http://www.stunningglobe.com/paradise2/germany/12%2520Bremen%2520Alte%2520Stadt%5B1%5D%20%5BDVD%20(PAL)%5D.jpg


 

L'analyste de la Société Générale, Albert Edwards met en avant la possibilité d'une déflation à la japonaise en particulier en Europe devant la volonté des allemands de vouloir conserver la valeur de l'Euro et de payer la dette globale occidentale rubis sur ongle. Quelques réflexions dans le contexte d'un G20 dans lequel les Etats Unis et l'Europe sont loin de parler d'une même voix :

 

Les restrictions budgétaires ne manqueront pas de freiner l'économie européenne mais les exigences allemandes ne pourront être suivies que partiellement car la récession qu'elles occasionneraient empêcherait la plupart des pays occidentaux de combler leur déficit   par manque de recettes. Si l'Allemagne a un vrai potentiel de désendettement comme l'eut le Japon via une balance commerciale très positive, ce n'est pas le cas de nombreux pays de la zone euro. Il est ensuite admis que si le Japon a pu réduire de façon significative sa dette privée, sa dette souveraine n'a fait que croître au fil des ans.

 

Ensuite l'inévitable inflation importée attendue avec la montée des émergents va occasionner des tensions sur les prix. Si les salaires ne suivent pas en monnaie courante, les états seront bien incapables d'appliquer la pression fiscale nécessaire aux programmes de désendettement dans les pays où la consommation est prépondérante dans le PIB. De la même manière, une montée des taux courts, si elle était mise en oeuvre pour lutter contre la hausse des prix, pourrait renforcer sérieusement le frein économique lié aux restrictions de budgétaires.

 

Enfin la montée de la monnaie unique face à un dollar qui ne possède pas la même culture anti-inflation ne manquerait pas de réduire la compétitivité des entreprises allemandes et leur capacité à exporter.

 

Il faudra donc faire un choix : faire exploser l'Europe ou admettre plus de souplesse dans la gestion des finances publiques au prix d'un certain niveau d'inflation.

 

Je fais le pari aujourd'hui que l'Allemagne ne quittera pas l'Europe.

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 20:12

Par Jean Christophe Bataille.



http://www.finot.com/bateaux/batmonotype/60piedsopen/sodebo/vmi/vmi_stichelbault_tempete.jpg


L'Euribor à 3 mois est en hausse constante depuis mars. Il dépasse depuis hier le taux d'intervention de la BCE et les banques ne se prêtent à nouveau plus entre elles ... En Espagne, les banques ont acheté une large part de la dette domestique et sont désormais isolées. Partout en Europe, les établissements détiennent des parts importantes de dettes grecques, portugaises, espagnoles et hongroises. En dépit de leurs réserves, de nombreuses banques européennes ont participé aux récentes procédures d'allocation à court terme par la BCE et se sont jetées sur les liquidités en dollar. Le Ted Spread américain n'est pas en reste et s'approche des 0.5 points. Si la BCE maitrise la situation en injectant des quantités massives de liquidités dans le système bancaire et en rachetant ou en garantissant les obligations toxiques, l'inquiétude monte sur l'état de santé de nos banques. Certes les émergents nous permettent d'anticiper une croissance mondiale largement positive pour le moyen terme mais les turbulences bancaires n'autoriseront pas un retour rapide du marché haussier. Or si la croissance américaine fléchit ou fait mine de ne pas être aussi forte qu'attendue, un nouveau coup de grisou est à prévoir sur les indices.

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Jean Christophe Bataille

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