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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 12:28

Par Jean Christophe Bataille.




http://best-of-high-tech.com/fr/wp-content/uploads/2009/11/photo-lingot-or.jpg

 

Certains analystes évoquent la possibilité d'une nette consolidation de l'or (taux de short sur le COMEX, surachat technique) et une reprise de l'euro donnant aux européens de bonnes opportunités d'achat sur l'or.

Je vais modérer cette opinion.

- L'or peut consolider certes, mais les acheteurs sont au coin du bois et les médias sont en train d'alimenter une prise de consience dans le public propre à alimenter un début de bulle.

- Les paliers d'accumulation que connait l'or depuis 2003 sont de plus en plus courts.

- Les banques asiatiques et américaines rachètent de l'euros pour empêcher une chute qui nuirait à leur balance commerciale.

- Si le dollar venait à baisser, il le ferait contre l'or pas nécessairement contre l'euro. La paire pourrait donc se stabiliser dans un range entre 1.20 et 1.25.


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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 06:56

Par Jean Christophe Bataille


Je dis souvent que le chemin qui nous mènera à la stagflation occidentale sera émaillés d'épisodes récessifs voire déflationnistes de courte durée liés à la défiance envers un système bancaire qui va naturellement continuer à être éprouvé par la crise de la dette. Hier terrassé par la dette privée américaine, aujourd'hui mis à mal par la dette souveraine européenne, il sera demain à nouveau chamboulé par la dette US. Observons le Ted spread qui est le taux qu'exigent les banques lorsqu'elles se prêtent des fonds en elles. Lorsqu'il monte, cela signifie que les banques se font moins confiance et demandent une rémunération du risque plus importante. Or cet indicateur est bel et bien sur une pente ascendante depuis la crise européenne traduisant une hausse de la méfiance interbancaire.



Ted-spread-18052010.JPG



Le risque de cette défiance est une contraction de l'octroi de crédit et une baisse la vélocité monétaire : les deux mamelles de la déflation. Je n'ai pourtant pas plus d'inquiétude concernant cette crise bancaire potentielle que pour celle de 2008. Elle sera résolue par la BCE qui, comme sa soeur située outre atlantique semble prendre goût à la planche à billets. J'ai donc la certitude qu'une spirale déflationniste ne sera pas enclenchée. Comme les subprimes, les dettes toxiques des états finiront dans le bilan des banques centrales. En revanche, cette émission de monnaie inévitable pour moi est une addiction lourde dont l'issue est l'overdose monétaire, c'est à dire l'inflation des prix. Une aubaine ! C'est le seul moyen de payer notre dette à un prix acceptable ...

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 14:00

Par Jean Christophe Bataille. 

 

Observons le graphe de l'or en UT Weeks :

 

 

Gold-LT-15052010.JPG

 

 

L'or atteint la borne supérieure de son canal ascendant long terme. C'est sur cette borne que le Gold index a buté lors de la crise de Dubai pour rechuter sous 1100 dollars. L'or arrivera-t-il à sortir par le haut de son canal cette fois-ci ?

 

Sur le plan fondamental, l'or a toutes les raisons de poursuivre sa hausse :

 

- L'euro est au plus bas et la solvabilité de certains états de l'Euroland est mise en question.

- Les monnaies émergentes manquent encore de crédibilité pour être des monnaies de réserves.

- La monnaie chinoise est arrimée au dollar et n'évolue pas de façon indépendante, même si ce lien devrait être amené à changer. Le dollar, aujourd'hui valeur refuge, a été émis sans frein, dans des volumes qui font redouter une dépréciation de sa valeur à terme.

- Les banques centrales conscientes du délitement des monnaies, achètent de l'or pour protéger et diversifier leurs réserves de change.

- Le déséquilibre du système financier mondial est patent et la suprématie du dollar devrait etre remise en cause. Une nouvelle monnaie de référence utilisant le principe des Droits de Tirage Spéciaux du FMI reposant sur un panier de devises devrait etre substituée au dollar à long terme.

- La sortie de la crise de la dette par une stagflation occidentale parait de plus en plus probable.

 

L'or pourrait monter jusqu'à ce que le rapport DOW /GOLD soit égal à 1 ou 2, ce qui pour une valeur du DOW à 10000 ferait monter le gold index au dessus de 5000 $. La question posée serait celle du pouvoir d'achat du dollar à ce moment là.

 

Techniquement et à plus court terme, l'or peut évoluer selon deux posibilités : soit rechuter après avoir inscrit un plus haut à 1250, soit poursuivre son ascension. Haussier à moyen terme sur le métal jaune, je suis plus circonspect sur le court terme et réticent pour l'acheter au niveau actuel pour plusieurs raisons :

 

- Ceux qui suivent régulièrement mes écrits depuis deux ans ont déjà acheté de l'or à bien meilleur prix.

- Le consensus acheteur sur l'or est fort. 98 % des opérateurs sont haussiers.

- Sur un plan strictement technique on note une baisse des volumes et une nette divergence baissière sur le RSI.

- L'or vient de faire le 14 mai un plus bas que le dernier plus bas (Dow théory) en UT 15 et 30 mn.

- Notre dernière tentative de swing au niveau de la borne supérieure du canal haussier s'est soldée par un échec lors de la crise de DubaÏ.

- Je ne suis pas certain que l'or sorte de son canal long terme et évolue de façon exponentielle tant que l'inflation ne s'est pas matérialisée réellement. Il faudra pour cela du temps.

- L'or est devenu extrèmement cher en euros.

 

En terme d'investissement, je propose donc à ceux qui n'ont pas d'or d'attendre une consolidation et un meilleur prix en euros, quitte à rater le coche d'une hausse supplémentaire. Il y a d'autres supports d'investissement à bon potentiel et il faut éviter de se cantonner à celui-là. Pour bien illustrer mon propos, l'or vallait autour de 400 $ l'once quand j'ai fait mes premiers achats en 2004, il vaut aujourd'hui 3 fois plus. La véritable bonne affaire était là. Ceux qui l'ont manquée ne rattraperont pas leur retard. La question à se poser aujourd'hui est quel l'actif permettra de faire fructifier au mieux son patrimoine à 5 ou 10 ans ? J'ai donnée ma réponse récemment : l'immobilier à crédit et à taux fixe.

 

En terme de trading, on attendra que le cours de l'or corrige en trend line de consolidation en UT longues pour se positionner sur franchissement.

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 20:06

Par Jean Christophe Bataille.



http://ccsmallbusiness.files.wordpress.com/2008/06/business-debt116.jpg




Je fais suite à mon article "La charge de la dette et l'impératif d'un euro faible"


Le FMI estime que le problème de la dette publique des pays avancés du G20 va en s'aggravant puisqu'elle passerait de 104,4 (en moyenne) du PIB en 2010 à 115,5% en 2014 (même si c'est inférieur aux 118,4% prévus en novembre dernier, chacun a bien conscience que les politiques d'austérité vont considérablement modifier la donne en alourdissant le poids relatif du service de la dette au cours des 3 prochaines années).


Les déclaration de Greg Ribbs traduites par contre info méritent de figurer dans un article de Futures :


Passer rapidement d’un déficit budgétaire à deux chiffres à un excédent - comme on l’exige aujourd’hui de la Grèce, soit dit en passant - provoquerait à tout coup une récession de grande ampleur, ou pire encore. Comme la plupart de ses confrères, l’analyste Greg Ribbs de la Royal Bank of Scotland, constate avec pragmatisme ce que les politiques semblent encore refuser d’admettre. La politique budgétaire ayant atteint ses limites, le monétaire, c’est-à-dire les banques centrales, devra prendre le relais. Le niveau de la dette publique - mais aussi privée - dans le monde développé est tel que son remboursement à sa valeur actuelle est inenvisageable, à moins de vouloir tuer le malade à coup de saignées en prétendant le guérir. Le précédent de l’apurement des dettes de la seconde guerre mondiale - bien supérieures - montre sans équivoque quelle est la seule issue possible hors défaut de paiement. Elle requiert un taux de croissance nominal du PIB supérieur au taux d’intérêt. Ce qui en clair signifie une augmentation sensible de l’activité accompagné par une inflation soutenue. Willem Buiter, l’a rappelé récemment : aux USA la dette a été ramenée de 121% du PIB en 1946 à 31% en 1974. Dans ce désendettement nominal la contribution du facteur inflation a été aussi importante que celle de la croissance. Plus encore, la contribution budgétaire a été négative. Durant ces 28 ans, 20 exercices ont été déficitaires. Bien que cette conception ait été évacuée de la pensée économique dominante, il est urgent de se rappeler que la monnaie est une fonction, et non une ressource en quantité limitée, imposant de l’extérieur ses contraintes au destin des sociétés. Suspectant la complaisance des politiques, la très vertueuse Europe s’est privée du bras armé de la politique monétaire, en déléguant la responsabilité de la création de la monnaie au seul privé - crédité contre toute vraisemblance d’un meilleur jugement et d’une plus grande prudence en la matière. Funeste erreur. En multipliant sans retenue les créances, qui sont une autre forme de la monnaie, les banques ont gravement compromis la valeur de celle-ci, bien avant que la crise n’atteigne sa phase aigüe. Nous sommes ces jours-ci tympanisés de discours se présentant comme empreints d’un épais bon sens sur la nécessaire rigueur, bien que le mot soit banni, afin de mieux faire passer la chose. Mais, comme dans les années 1930, cette rationalité n’est qu’apparente : en exigeant d’insupportables ponctions sur l’activité pour rembourser une dette odieuse, l’appauvrissement généralisé est garanti, aussi bien pour les débiteurs que pour les créanciers. Le sacrifice de la souveraineté monétaire que l’Europe s’est imposée n’est plus de mise. La seule solution raisonnable passe par un dégonflement de la dette en utilisant les outils - tous les outils - à notre disposition : une cible d’inflation modérée et soutenue, accompagnée et facilitée par la monétisation. Et lorsque ce sont des banquiers, cette fois dégrisés, qui nous l’affirment, il convient de tendre l’oreille


Je suis en accord avec chaque mot de ce texte. Mon opinion est que les plans de rigueurs occidentaux, s'ils sont nécessaires, ne suffiront pas. La monétisation de la dette de pays comme la France ou l'Allemagne mise oeuvre en ce moment par la BCE montre que les banquiers centraux ont compris que la sortie de crise n'était possible que par une stagflation maitrisée. Les théories monétaristes et déflationnistes sont vouées à l'échec et dans l'état actuel des choses, elles aboutiraient à une destruction totale de l'économie occidentale et une domination sans partage des économies émergentes. Les dettes souveraines occidentales à taux fixe sont condamnées à se déprécier et il convient donc de les exclure de nos portefeuilles.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 15:59

Par Jean Christophe Bataille

 

J'ai déjà publié la courbe du pétrole texan WTI en dollars et en UT semaines. Observons là sur un an et demi :


 

WTI13052010.JPG



Fondamentalement.


La courbe du WTI se situe dans un canal ascendant assez bien matérialisé qui répond à deux tendances économiques de fond :

 

- Anticipation d'une croissance de la consommation énergétique en particulier chez les émergents.

- Dévalorisation du dollar par rapport aux actifs tangibles.

 

Or le cours du pétrole en dollars vient de chuter brutalement pour rejoindre la borne basse de ce canal. Ce mouvement correspond à des anticipations de valorisation du dollar et de baisse de consommation du pétrole. Cette dernière aurait pour origine un prochain ralentissement de la croissance lié à la rigueur imposée aux pays européens pour éviter une implosion de l'euro et la fin des effets des différents plans de relance mondiaux. Dans le meme temps le dollar serait destiné à s'apprécier pendant quelques temps car il est actuellement considéré comme la seule monnaie refuge. Convaincu du découplage des émergents et de la fragilité de la monnaie américaine, j'ai la certitude que le ralentissement serait temporaire au niveau mondial et que le dollar est destiné à se dévaloriser contre les monnaies émergentes et les actifs tangibles, mais cette anticipation à court terme de frein à la croissance est à prendre en compte car elle pourrait signifier comme évoqué dans le file trading N°2 de mai que les matières premières et les actifs risqués pourraient rebaisser dans les mois qui viennent

 

 

Il est donc fondamental de suivre cette courbe du pétrole texan WTI en dollar et en UT semaines car si la borne basse devait être franchie nettement dans les prochaines semaines, elle constituerait l'indicateur avancé d'un mouvement de baisse sur les marchés actions et il conviendrait alors d'attendre de meilleures opportunités pour investir dans nos catégories d'actions cibles. Inversement si le WTI rebondissait nettement, les marchés actions suivraient le mouvement à la hausse sans que le CAC ne repasse par les 3000 points.

 

A cette occasion, je rappelle que les allocations données aux actions dans le dernier forecast sont des cibles à atteindre dans les mois a venir. Les portefeuilles types contiennent encore beaucoup de cash aujourd'hui. Il ne faudra pas manquer l'occasion d'acheter des actifs risqués en plein pessimisme en cas de chute des marchés si celle-ci se produit (je le répète le pire n'est jamais certain)


Techniquement et à court terme sur le WTI.


On observe sur le graphique une mêche vendeuse sur le dernier chandelier semaine. Celle ci se matérialise malgré une chute conséquente des cours du brut. En UT plus courtes, on visualise un triangle de consolidation a potentiel baissier. La force vendeuse parait donc forte et un break out sur la borne basse du trend est possible avec toutes les conséquences décrites plus haut. On s'abstient donc pour l'instant de jouer le rebond sur la borne et on pourra spéculer sur une sortie du trend vers le bas si les deux ou trois prochains chandeliers semaines définissent une nouvelle tendance.


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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 08:44

Par Jean Christophe Bataille

 

 

http://images.businessweek.com/ss/06/06/student_debt/image/0get-rid-of-debt.jpg



En adoptant un plan massif de soutien à ses membres les plus faibles, les pays européens ont finalement montré au monde leur volonté de préserver l'Europe. Je ne pouvais imaginer que les allemands, à l'origine du processus d'unification, puissent abandonner l'idée de l'Europe et de sa monnaie unique. La cohésion européenne est pour moi acquise depuis dimanche.


Une fois prise cette décision politique à valeur historique, l'Euroland va devoir composer avec une dette considérable et les impératifs de produire suffisamment de croissance pour que le PIB européen progresse plus fortement que la charge financière de la dette. Tout sera fait pour que la locomotive allemande et le wagon français montent en puissance. Pour cela il faut résoudre une équation : le maintien d'un euro faible pour favoriser les exportations, des plans de rigueur suffisamment modérés pour ne pas freiner l'économie mais suffisamment conséquent pour réduire la dette. Cette équation n'a qu'une solution, la dévalorisation de l'euro et la monétisation de la dette des pays toxiques.


Je maintiens donc mes pronostics de baisse de la monnaie unique, d'inflation à moyen terme dans la zone euro et mes recommandations d'achat à crédit sur l'immobilier.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 17:00
Par Jean Christophe Bataille.


http://images.askmen.com/money/keywords/real-estate_965848.jpg

J'ai dit dans le dernier Forecast qu'il était temps pour les acheteurs à crédit de commencer à regarder le marché immobilier.

Les baisses de prix vont certainement se poursuivre en France cette année en créant de nouvelles opportunités. Les taux devraient rester encore relativement sages pour 2010. Il faut toutefois bien comprendre qu'une hausse brutale de ceux-ci, même si elle contribuait à faire baisser les prix des biens, pourrait rendre l'investissement plus coûteux à terme et faire perdre l'avantage de l'érosion monétaire à venir.

Retenez qu'un crédit sur 100 000 euros coûte 145 435 euros au taux de 4 % sur 20 ans et qu'il coute 200 545 euros au taux de 8 % sur 20 ans, et qu'il faut donc une baisse très significative des prix pour équilibrer une hausse des taux qui pourrait d'ailleurs être beaucoup plus importante en cas d'enclenchement d'une vraie spirale stagflationniste. Nous avons par exemple connu des taux de crédit à 14 % dans les années 70-80.

Il faut bien comprendre que la stratégie qui consiste à n'engager une opération d'achat que si les rendements sont au minimum à 8 % n'est pas une bonne solution si l'acquisition se fait à crédit car seul le différentiel de taux compte. Je m'explique : un rendement locatif de 8 % avec des taux d'intérêt à 10 % est moins rentable qu'un rendement locatif à 6% et des taux d'intérêt à 4% car le différentiel de taux passe de -2 (perte) à +2 (gain).

Le rendement locatif doit par ailleurs être ajusté de la taxation des revenus fonciers qui n'a cessé d'augmenter au cours des années. Bien sur, les opérations réalisées dans le neuf offrent une fiscalité plus avantageuse mais celle-ci est souvent incluse dans le prix de vente du promoteur qui est bien supérieur à celui de l'immobilier ancien.

La baisse des prix des deux ou trois années à venir en monnaie courante n'a donc d'intérêt, si les taux augmentent, que pour les acheteurs au comptant et dans la limite de l'évolution des indices des prix à la consommation et des salaires à l'horizon de quelques années car à cette échéance, les prix de l'immobilier pourraient à nouveau augmenter en monnaie courante.

Comme souligné précédemment, l'utilisation d'un PEL ou d'un CEL qui permet de remunérer son cash tout en garantissant son futur taux d'emprunt à un niveau raisonnable est une solution qui permet de se retrouver dans la situation d'un emprunteur au comptant et donc de pouvoir attendre une baisse supplémentaire des prix. Sinon le risque est grand de manquer l'opportunité d'un financement à bon compte.

Il faut donc commencer chercher de belles occasions dans l'ancien bien situé, en privilégiant le rendement. Pour les niveaux de taux actuels des rendements locatifs de 7 à 8 % en particulier si on utilise une cascade d'investissement avec travaux d'amélioration qui permettent de déduire et reporter du déficit fiscal foncier sur les années à venir, est attrayante. Les situations difficiles qu'engendre la crise peuvent être à l'origine de baisses importantes des prix en particulier sur les biens qui nécessitent des travaux. Il y a du 7 % de rendement dans des quartiers de qualité de quelques villes de province si on se donne la peine de chercher de bonnes affaires. Avec des taux à moins de 4 %, ca fait déjà 3 % de différentiel de taux. Le jeu, c'est de trouver des rendements locatifs de 8 %. Quand on n'est pas sur le marché, les bonnes affaires profitent à d'autres ...

Une autre régle : il n'y pas de bonne affaire dans le neuf. La loi Scellier fait grimper les prix et les promoteurs ont fait baisser leurs stocks.

Sachez également que dans le contexte de dévalorisation monétaire actuel, les financements doivent impérativement être réalisés à taux fixe.

Dites vous enfin qu'être en permanence à l'affût et avoir de bonnes relations avec les professionnels de l'immobilier est fondamental pour dénicher de bonne affaires.

Attention cette stratégie d'investissement n'a de pertinence que parce que nous pensons que les taux d'intérêt long terme finiront par exploser et que l'issue de cette crise est stagflationniste. Les rendements immobiliers monteront, mais pas à cause d'une importante baisse des prix de vente en monnaie courante mais parce qu'à terme, les loyers monteront plus vite que les prix de vente ... Le postulat est toujours le même, une hausse des taux freinera l'économie, mais n'empechera pas la dévalorisation monétaire.

J'expliquerai dans un prochain article pourquoi je pense que la situation occidentale est différente de la situation japonaise des années 90. En cas de déflation longue à la japonaise, il serait bien sûr urgent d'attendre mais le risque est grand pour l'investisseur immobilier de croire à cette issue aujourd'hui.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 05:07
Par Jean Christophe Bataille

Si l'or est condamné à former une bulle puis à s'effondrer dans quelques années, le prix du pétrole risque de poursuivre sa hausse et de façon beaucoup plus durable. Les dernières conclusions de l’Agence gouvernementale américaine de l’énergie (AIE)sur le Peak Oil sont révélactrices de la pénurie qui attend la planète dans les années à venir. Le monde aurait atteint la limite de ses capacités de production et celles-ci serait condamnées à décroitre même si les investissements nécessaires étaient réalisés. Or ceux-ci sont constamment retardés.

Les récentes données de l'International Energy Agency's World Energy Outlook 2009 sont intéressantes à plus d'un titre.

Pour les 20 prochaines années la demande occidentale devrait stagner du fait de la maturité des équipements des populations, de l'absence de croissance démographique et des efforts qui seront consentis pour développper les énergies nouvelles. En revanche la demande des émergents devrait exploser avec l'accès des populations aux différents éléments de confort que nous possédons.

Le rapport de l'AIE précise les prévisions de croissance de la demande pétrolière des différents pays est édifiant :




Selon la journaliste Maryann Bird "If by 2030 China and India alone were to achieve a per-capita [resource consumption] footprint equivalent to that of Japan today, together they would require a full planet Earth to meet their needs".

C'est dire si l'approvisionnement en pétrole va devenir difficile.

Le hyatus entre la production sur les gisements actuels et les besoins futurs est considérable. Contrairement à une idée reçue, les gisements en pétrole non conventionnels comme les schistes bitumineux ne pourront en aucun cas combler le déficit.

Rajoutons à cela l’AIE prévoit une hausse de 2,5 mb/j de la consommation mondiale à l’horizon 2011. Mais la production hors OPEP ne pourra satisfaire cette demande car l’offre de ce groupe, en augmentation de 410 000 b/j en 2010, devrait ensuite décliner de 140 000 b/j en 2011, en raison de l’épuisement des deux grandes sources traditionnelles que sont le Mexique et la mer du Nord. L’étude de l’EIA confirme à quel point le déclin des gisements ayant dépassé leur pic de production peut être rapide : le champ mexicain de Cantarell, l’un des plus grands au monde, ne produit plus que le quart du niveau atteint lors de son pic, en 2005. En mer du Nord, la chute est de 50% depuis 1999. La disparition de ces sources d’approvisionnement traditionnelles, qui ne seront que partiellement compensée par le Brésil et l’Asie Centrale, provoquera un déplacement du centre de gravité du marché mondial du pétrole, prévoit l’agence, entrainant la fin de relation commerciales bien établies, et renforçant le pouvoir de l’OPEP (source contre-info)

Il faudra donc reprendre de façon très active recherche et exploration actuellement réduites à leur minimum par la crise.






Ma conclusion est que les parapétrolières ont de beaux jours devant elles et que même achetées au prix actuel, elles sont une bonne affaire et seront beaucoup mieux valorisées dans quelques années. Le pétrole lui même est à un prix très inférieur à ce qu'il sera dans 10 ans.
J'ai acheté beaucoup de ces actions sous CAC 3000 jusqu'à CAC 2500 et les ai revendues progressivement ensuite jusqu'à CAC 3800. Je dois le confesser, je n'imaginais que les actions iraient au dessus de CAC 4000. Mon allocation actuelle en MP surtout en pétrole n'est que de 2% du patrimoine. Comme je l'ai déjà dit, une évolution vers le support de CAC 3400 voire 3600 serait pour moi l'occasion de commencer à procéder à des achats sans me soucier de l'évolution de ces titres à court terme tant leur potentiel me parait élevé

 

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 00:36
Par Jean Christophe Bataille.


http://www.linternaute.com/voyager/magazine/photo/japon-visages-de-la-metamorphose/image/japon-237242.jpg

Après lecture de certains messages ou articles, voici quelques idées sur la crise japonaise qui méritent une fois de plus d'être répétées :

Les déflationnistes affirment encore et toujours que la reflation forcée conduite actuellement par les autorités monétaires ne pourra pas venir à bout de la dette globale des pays occidentaux. L'exemple le plus souvent cité est celui de la déflation japonaise. La réponse que j'ai déjà donnée sur le sujet est qu'il ne s'agit pas d'apporter une contrepartie à l'ensemble de la dette mais d'équilibrer les pressions déflationnistes par une augmentation de la liquidité. Les acteurs économiques se désendettant très lentement, ce processus peut se poursuivre longtemps sans qu'il y ait spirale déflationniste puisque les autorités monétaires ont un droit de création sans limite de monnaie. On pourrait imaginer que les marchés sont capables d'interdire ce flot de création de liquidités par une hausse des taux obligataires mais l'augmentation du taux d'épargne des américains et la complaisance forcée des porteurs de Tbonds étrangers crée un flux de liquidités vers le compartiment des titres de créance qui empèche, en tout cas pour l'instant, cette réaction. L'apport des mesures non conventionnelles permet ensuite aux banques centrales de disposer d'une variable d'ajustement. On comprend alors que l'horizon de cette évolution est une stagnation de l'activité et une augmentation de la monnaie en circulation. Or on a jamais vu dans le passé une augmentation de la masse monétaire ne pas se traduire pas une réévaluation nominale des actifs tangibles en particulier les matières premières et l'immobilier.

La crise américaine est très différente de la crise japonaise à cause du timing de l'action gourvernementale  Les USA n'ont jamais laissé la déflation s'installer
depuis 2000. Le Japon a commencé à monétiser sa dette en 2001-2002 soit 15 ans après le début de la crise. L'amérique pratique au contraire une politique de stimuli et de reflation permanente depuis 2000. La différence entre les deux crises est évidente : l'évolution des prix à la consommation donne pour l'instant tord au déflationnistes. Seul le prix des actifs a subi une baisse comme dans tout épisode récessif mais la hausse récente de ceux-ci laisse présager une évolution stagflationniste. L'énorme inflation monétaire sous-jacente créée par la politique monétaire occidentale pourrait rester quiescente longtemps grâce à la diminution de l'octroi du crédit et à la baisse de la vélocité monétaire. C'est oublier l'évolution des émergents qui se recentrent sur leurs marchés intérieurs et dont la dette globale est tout à fait compatible avec un développement sain. Même s'il existe actuellement un début de bulle sur l'immobilier en Chine, les émergents ont un outil de production efficient et leurs populations sont avides de croissance. Leur développement très dépensier en ressources naturelles ne pourra que faire grimper le prix de ces dernières et enclencher un processus de dévaluation monétaire favorable au désendettement occidental qui ne devrait pas être combattu par une hausse des taux courts. Cette dernière n'aurait aucun intérêt pour les occidentaux car elle ferait rapidement replonger leur économie.

Un autre élément à prendre en compte est la structure du PIB des pays actuellement endettés. Les pays occidentaux, à part l'Allemagne et le Japon, sont des pays importateurs dont la croissance est assurée par la consommation. La caractéristique de ces économies est la facilité avec laquelle elles vont importer les troubles monétaires. Un pays comme les USA importera l'inflation des prix chinois avec la remontée du Yuan, l'ascension du prix des matières premières ou la revalorisation des salaires chinois. Le Japon au contraire n'a jamais pu bénéficier d'une reflation de ses prix à la consommation par l'import car son économie était trop fortement tourné vers l'export. Cette structure du PIB a été un élément facilitateur de la spirale déflationniste japonaise.

Enfin le dollar est une monnaie ouverte. C'est la monnaie de réserve de tous les échanges internationaux alors que le yen est une monnaie domestique. Tant qu'un nouveau système monétaire ne verra pas le jour, elle n'échappera donc probablement pas à la tendance de fond mondiale qui est celle de la raréfaction des matières premières et la réévaluation progressive des salaires chez les émergents.

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 01:02
Par Jean Christophe Bataille.



http://www.linternaute.com/savoir/economie/dossier/crise-economique-ce-qui-s-est-passe-en-1929/image/crise-economique-325756.jpg




Au risque de me répéter, je voudrais rappeler quelques éléments sur le mécanisme intime de la déflation monétaire car j'ai encore lu ici et là des affirmations qui me choquent.

Il faut rappeler trois règles fondamentales sur lesquelles Bernanke assoit sa politique à mon avis tout à fait pertinente :

- A l'échelle élémentaire, il n'y a pas de pression déflationniste s'il n'y a pas disparition d'un crédit en cours à la suite d'un défaut de paiement
. C'est la disparition d'une dette qui supprime de la monnaie et la réévalue mécaniquement. Si la dette insolvable est rachetée par de l'argent crée ex nihilo il n'y a pas déflation monétaire.

- Il n'y a pas de pression déflationniste, si l'accès au crédit est maintenu et la cinétique monétaire est stabilisée car l'équation 
d'Irving Fisher P =  MxV/T  modélisant l'inflation monétaire reste équilibrée (P le niveau des prix, M la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie et T le nombre de transactions pendant une période donnée).
 
- Une spirale déflationniste ne peut pas s'installer si les autorités monétaires réagissent promptement aux défauts de paiement et à la contraction du crédit car les prix  sont stoppés dans leur chute tuant l'espoir de prix plus bas.

Et une règle accessoire :


- Les pressions déflationnistes sont aggravées dans les pays fortement exportateurs car ils sont incapables d'importer l'inflation des prix régnant à l'extérieur (un des handicaps du Japon avec l'absence de réaction immédiate à la baisse des prix).

Il faut absolument distinguer les 52000 milliards de $ de crédit US, chiffre colossal dont l'effet est dépressif mais pas déflationniste, et les créances insolvables qui sont elles déflationnistes et doivent être traités par les banques centrales pour maintenir les flux d'octroi de crédit.

En revanche, le règlement du capital restant dû des crédits en défaut avec de la monnaie crée ex nihilo contient un potentiel inflationniste latent s'il s'avère que le total des crédits toxiques "racheté" se révèle au fil du temps inférieur à celui des actifs douteux, en d'autre terme, si on a sous évalué la solvabilité des emprunteurs ou si pour des raisons moins avouables, on a créé de la monnaie en excès.

Rappelons également que la montée des déficits public qui n'est pas liée aux politiques non conventionnelles de Bernanke présente également un potentiel inflationniste liés à la baisse de crédibilité des monnaies.

Il n'y a donc aucun besoin, comme on semble l'affirmer ailleurs, de pratiquer une expansion monétaire à hauteur de la dette globale US pour éviter une déflation. Cela n'a
aucun sens.

Il est en revanche probable que la FED doive, dans les deux années à venir, élargir encore son bilan à hauteur de 1000 ou 2000 milliards de $ pour absorber les actifs douteux restants (chiffres hautement variables en fonction des interprétations)

Que les choses soient bien claires, l'action de Bernanke ne correspond en rien à une fuite en avant du crédit mais une politique conduite contre la déflation qui a permis d'éviter une catastrophe économique. Elle n'empêche pas la stagnation de la croissance, ni l'augmentation du taux de l'épargne des ménages. Le désendettement des états, quant à lui, ne dépend pas des banques centrales mais de la bonne volonté de ces mêmes états. A moins que les banques centrales émettent de la monnaie en excès et favorise la survenue d'une inflation facilitant le désendettement. De ce coté, les USA ont un handicap certain car le financement par l'étranger de leur dette a réduit progressivement les maturités longues diminuant ainsi les effet positifs d'une éventuelle inflation.
 
A l'inverse, les plans de relance par le budget peuvent être considérés comme inappropriés bien que satisfaisants pour l'opinion publique, s'ils augmentent encore la dette globale sans se substituer aux stabilisateurs sociaux. C'est le cas des plans de relance à la consommation auxquels je ne souscris pas.

Ceci ne veut pas dire que la déflation n'aura pas gain cause, bien que je le crois pas, mais cela veut dire que le jugement porté sur Bernanke par certains ne correspond pas à la réalité de son action. 

La confusion est donc grande sur le net ou l'on mélange le keynésianisme et les politiques de reflation monétaire tout en prônant un libéralisme sans limite (je ne parle pas nécessairement d'un blog en particulier mais de toute la communauté déflationniste). Le nombre de gens qui prennent pour argent comptant certaines affirmations contre l'opinion des meilleurs économistes mondiaux continue à me sidérer et motive une nouvelle fois ce type de billet.


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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 08:34
Par Jean Christophe Bataille


http://www.infiniteunknown.net/wp-content/uploads/2009/06/china-yuan.jpg


Rien n'arrete la hausse des actions en bourse.  L'explication tient en un mot : les taux d'intéret. Tant que ceux-ci seront bas les titres de créance à court moyen ou long terme ne rapporteront rien, les actifs tangibles que sont les actions auront tendance à s'apprécier.

Si les taux courts ou longs venaient à monter dans le monde, la prime de risque normalement exigée par les investisseurs pour s'intéresser plus aux actions qu'aux actifs sans risques chuterait mécaniquement. Les acteurs économiques devraient d'autre part accorder des taux d'intérêt plus importants aux créanciers, ce qui ralentirait obligatoirement la progression de l'économie. Enfin une montée des taux courts américains détruirait les mécanismes du carry trade qui diminueraient les flux de capitaux et les investissements chez les émergents, et feraient monter le dollar par les rachats d'urgence de positions débitrices dans cette monnaie. Autant dire que les bourses subiraient un accès de baisse à mettre à profit pour revenir de façon plus importantes sur les actions des émergents et les commodities.

Il devient donc très intéressant de chercher les causes possibles d'une montée des taux courts ou longs et d'en deviner le calendrier.

La mécanique des taux est rendu complexe par la circulation des flux de capitaux et les impératifs politiques qui viennent systématiquement fausser la donne monétaire.

Les chinois ont commencé hier à augmenter leurs taux courts de 0.8 %. Ce resserrement monétaire dont le but est de limiter le flot du crédit pour éviter la formation d'une bulle est plutot salutaire. A-t-il des conséquences sur les flux de capitaux débarquants en Chine ? Je serais tenté de dire oui car le mécanisme du carry trade envoie les capitaux en direction des projets, des entreprises chinoises et probablement sur les produits de taux chinois à maturité longue. Si les taux courts chinois montent en freinant la surchauffe, les capacités de production aujourd'hui absorbées facilement par la croissance comme le montre l'étude de Le Coz risquent de ne plus l'être et de créer une désinflation forte qui pourrait mécaniquement horizontaliser de la courbe des taux en faisant baisser les taux longs chinois et en réduisant les spreads avec l'occident. Cela me fait dire que la croissance chinoise est beaucoup plus saine que celle de l'Inde sur le plan monétaire. Les titres de créances chinois à maturité longue sont très intéressants aujourd'hui car cette appréciation des obligations se doublerait d'une hausse du Yuan dès que celui-ci quitterait la parité fixe avec le dollar. C'était ma reflexion du dernier Forecast.

Inversement le potentiel des actions chinoises diminuerait mais pas totalement car le financement par les taux longs se ferait dans des conditions plus favorables et pourrait compenser la montée des taux courts. Ma plus grosse incertitude en terme d'investissment réside actuellement dans le potentiel court terme des actions chinoises que j'ai progressivement vendues et sous pondérées dans mon patrimoine personnel entre CAC 3000 et CAC 3800. D'un coté, je crois au potentiel énorme de la Chine, de l'autre je suis sorti de ce poste en imaginant un découplage plus lent. Le marché commence toutefois à être cher et les hausses continues et fortes comme celle de 2009 appellent toujours une correction en bourse. Par ailleurs les futurs déboires occidentaux ne manqueront pas d'affecter les bourses asiatiques. Le meilleur argument en faveur de cette évolution est que l'Europe qui a pourtant un PIB supérieur a celui des US et qui est autonome depuis des siècles singe en permanence le marché américain. Le découplage le plus tardif pour les émergents sera peut être bien celui des bourses.

Les taux courts occidentaux vont rester durablement bas car la croissance ne sera pas suffisamment forte pour que les banques centrales prennent le risque de faire replonger les économies. En revanche contrairement à la Chine, les taux longs occidentaux subiront des pressions fortes à la hausse et la monétisation des gigantesques besoins budgétaires par les banques centrales ne suffira pas si les émergents, le Japon et les pétroliers lachent le dollar. Or la Chine découple et la croissance de la consommation petrolière est assurée actuellement essentiellement par la Chine d'après les dernières données de l'AIE. Celle de l'occident stagne voire régresse. La Chine va-t-elle continuer à soutenir longtemps un dollar utlisé comme arme économique alors qu'une baisse de celui-ci et un yuan dans le change flottant rendrait mois cher son approvisionnement en ressources ? On peut se dire qu'elle le fera d'autant moins que les matières premières montent en dollar et donc en yuan.

L'autre éventualité est que les US conscients du risque de perte de légitimité de leur monnaie remontent un peu leur taux si la reprise occidentale est suffisante pour autoriser un resserement monétaire. Cette hypothèse n'est pas totalement impossible si on tient compte de la capacité étonnante de certain émergents à tirer l'économie mondiale.

Le prix des matières premières, s'il continue à grimper va de toute façon jouer les troubles fêtes et limiter le potentiel de croissance de tous les pays à monnaie faible, ce qui n'est potentiellement pas le cas du Yuan, du Real ou du dollar australien.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 09:12
Par Jean Christophe Bataille.







Je dis souvent que le découplage des émergents et son délai d'apparition conditionnent en grande partie l'évolution monétaire mondiale, le prix des matières premières et par voie de conséquence nos stratégies d'investissement. Les prises de position patrimoniales moyen long terme sont effectivement radicalement opposées selon que la planète entre en déflation longue ou évolue vers une stagflation.

Je cite à nouveau une analyse d'Eric le Coz responsable de la recherche économique chez Carmignac :

Les ventes de détail aux États-Unis ont atteint un record de 380 milliards de dollars par mois en novembre 2007. Aujourd’hui, le rythme mensuel est plutôt de 345 milliards. Dans le même temps, les ventes de détails en Chine sont passées d’un rythme de 110 milliards de dollars par mois à 150 milliards aujourd’hui.
Ainsi, la consommation chinoise est loin d’être équivalente à la consommation américaine, mais sa progression (+40 milliards), a plus que compensé la défaillance du consommateur américain (-35 milliards).

et celle-ci plus récente :

Concernant la Chine, la croissance des crédits planifiée pour l’an prochain est de 15 %, soit près de 7 000 milliards de Yuan, contre une croissance de 30 % cette année. Le risque n’est pas trop de crédits mais trop peu. Pour financer les projets qui seront en cours en 2010, il ne faut rien de moins que cela, sans quoi des projets seront abandonnés (ce qui aurait pour effet d’augmenter les prêts défaillants) et aucun nouveau projet ne verrait le jour. D’où la demande du gouvernement chinois faite aux banques pour relever le niveau de leurs fonds propres, pour faire face à la croissance future de leur encours de crédit.
Dans le cas de la Chine, une croissance trop faible des crédits aurait ainsi des conséquences négatives plus importantes qu’une croissance trop rapide aurait en termes de mauvaise allocation des ressources. Là encore évitons les jugements hâtifs. En début d’année, l’industrie automobile chinoise affichait une sur-capacité d’environ 30 % par rapport au volume annuel des ventes. Avec l’aide des baisses d’impôt, des subventions et de la croissance, les ventes d’automobiles auront finalement progressé de 38 % sur l’année effaçant l’intégralité de la surcapacité initiale et même un peu plus. De la même façon, le stock de logements invendus en fin d’année dernière paraissait énorme. Grâce aux mesures en faveur de ce secteur, les ventes ont progressé de 79 % depuis le début de l’année, par rapport à l’an passé, ramenant le stock de logements offerts à la vente sur les niveaux les plus bas de ces dernières années et conduisant à de nouvelles hausses de prix dans l’immobilier résidentiel. Quand l’économie chinoise deviendra une économie mature, la question des surcapacités se posera.

Une étude très récente de Natexis montre que les exportations de la Chine vers les Etats-Unis + UE à 15 + Japon ne représentaient en 2007 que 17.17 % en valeur en % du PIB . Le Brésil, quant à lui, est très peu tourné vers le marché occidental avec un pourcentage de 5.25 %. Quelques chiffres :

Pays Exportations vers OCDE en % du PIB en 2007
Corée 12.24
Tawan 18.31
Singapour 48.14
Malaisie 35.51
Chine 17.17
Thailande 23.79
Indonésie 11.26
Philippine 17.01
Vietnam 37.46
Roumanie 18.19
Bulgarie 17.68
Hongrie 56.50
Pologne 26.57
Tchèquie 61.69
Lettonie 2.92
Estonie 39.36
Lituanie 29.73
Slovénie 45.31
Slovaquie 69.98
Turquie 8.43
Ukraine 6.26
Mexique 23.39
Argentine 5.74
Chili 19.27
Brésil 5.25
Uruguay 6.58
Colombie 7.47
Equateur 18.57
Pérou 11.36

Source Natexis


Natexis ne livre pas les chiffres indiens mais les estiment inférieurs à ceux de la Chine. Seuls les pays d'Europe de l'est comme la Tchéquie et la Slovaquie ou la communauté Singapourienne sont véritablement vulnérables à la dépression occidentale.


Un autre graphique explicite encore mieux la situation :

Chine-production-manufacturiere.JPG
On peut constater que les exportations globales de la Chine en produit manufacturés sont actuellement de 34 %. Si on considère que la chine exporte très peu de services, on peut en déduire que les exportations de la Chine vers les autres émergents représentent à peu près 17 % de son PIB (34 % - 17,17 %), soit presqu'autant que les exportations vers les pays de l'OCDE. Le marché des émergents serait donc aussi important pour les chinois que l'ensemble des pays occidentaux réunis Japon compris.

La courbe grise objective une montée de la production manufactière l'an dernier alors que la courbe rouge montre une baisse très nette de l'export (tous pays confondus). Où va cette production si ce n'est vers le marché intérieur chinois ? ...

Considèrons enfin les exportation totales des pays asiatiques (en incluant le Japon) avec les USA  :

Export-Asie.JPG

Nous constatons que les exportations de l'Asie vers les USA ont chuté en 8 ans de 43 à 23 %. Si on considère que l'export vers l'Europe subit la même décroissance, on est obligé d'admettre que les échanges commerciaux  entre les pays asiatiques et émergents en général sont en nette croissance.

Enfin la Chine est aussi l'un des plus gros importateurs de la planète. En net, les exportations ne représentent que 1,1% du taux de croissance de la Chine enregistré sur la période 2000-2008. Le plus gros de sa croissance est assuré par les investissements et la consommation intérieure, soit les quelques 7 % restants !

Tout cela permet de relativiser largement le mythe d'une Chine et d'émergents dépendants de l'OCDE.

Ces chiffres sont fondamentaux et nous amènent à réfléchir. Les affirmations de Petties me semblent de moins en moins crédibles. Le découplage chinois ne correspond pas à une date précise, il est en route et se fait progressivement. De fait, le niveau de ce découplage permet déjà de maintenir la consommation mondiale après ce premier accès de la crise (étude de Le Coz) . Que se passerait-il en cas de rechute de l'économie en occident. La Chine souffrirait temporairement, c'est évident mais pas tant que cela car le carry trade continuerait à soutenir l'investissement. Certes la Chine est en état de suchauffe actuellement et, c'est vrai, de nombreuses bulles se forment en particulier sur l'immobilier à Shangaï ou à Shenzhen, mais le potentiel de croissance reste intact, et le profil budgétaire et le potentiel de consommateurs de la Chine est excellent. La seule limite à cette croissance sera le prix de matières premières et de l'énergie. Attendez vous à ce que la Chine lâche le dollar ...

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 09:51
Par Jean Christophe Bataille

Puit-petrole.jpg

Mes niveaux d'intervention pour les matières premières sur Futures sont en train d'être réévalués à la hausse. Il me parait important d'expliquer pourquoi. Nous constatons au travers de divers indicateurs que même si la dette occidentale reste colossale, la machine économique repart. Ce redemarrage de l'activité est faible mais réél. Il est beaucoup plus important chez les émergents qui affichent une santé insolente. Avant que cette reprise ne se tasse en occident, il peut se passer un bon moment durant lequel les émergents ont tout le temps d'assoir une croissance pérenne en découplant encore un peu plus leur économie et en faisant monter les matières premières au delà du seuil d'intervention que nous nous sommes fixés. Alors bien sur, nous pouvons partir du principe que l'occident n'a en rien réglé le problème de sa dette et qu'il refera plonger ses indices actions dans un délai plus ou moins long. Mais les actions occidentales ne font pas partie de ma stratégie d'investissement puisqu'elles sont destinées à se déprécier en monnaie constante. Notre cible principale étant résolument celle des matières premières et des actions de pays en croissance, quel sera le niveau des actions des émergents en pleines trente glorieuses dans une ou quelques années ? C'est toute la question ... Subiront-elles une baisse conséquente ou découpleront-elle leur indices au meme titre que leur économie. L'importance de leur population me pousserait à croire à la deuxième hypothèse. L'effet de levier de cette pléthore d'individus avides de croissance, extremement flexibles au niveau du travail placés dans le contexte de stimuli économiques répétés financé cash par l'accumulation presque inépuisable de réserve de change (le phénomène Wallmart se poursuit malgré la dépression) est probalement considérable. Ceci d'autant que les chinois ont pris des positions stratégiques extrèmement intelligentes pour sécuriser autant que faire se peut leur approvisionnement en matériau et en énergie. Quels seront les prix du pétrole ou de l'uranium dans un ou deux ans ? Concernant le pétrole le phénomène est aggravé par la discipline exemplaire de l'OPEP qui controle parfaitement sa production et régule les prix. Voilà pourquoi, en apparence, plus les marchés progressent dans le temps sans rechuter, plus nos niveaux d'intervention sur notre cible d'investissement vont devoir grimper. Si nous considérons le problème de façon purement boursière, la montée des cours de ces 6 derniers mois correspond exactement à ces anticipations de gain d'autonomie des émergents. Ce qui veut dire que les gens qui ont tenu jusqu'à présent ce type de raisonnement ont beaucoup acheté et l'ont fait dans l'esprit de conserver long terme. J'ai de mon coté acheté dans la perspectives d'une revente à plus court terme car l'importance de la crise du crédit m'a toujours convaincu que l'économie occidentale ferait un double dip, évoluerait en W et serait suivie dans sa chute par les émergents. La question posée est désormais de savoir si les gens qui croient encore à une rechute vont rejoindre le camp de ceux qui pensent que les cours ont atteint leur point le plus bas en mars 2009 faisant ainsi monter encore les cours et nous éloignant de nos cours cibles.
Voila pourquoi je pense que si les émergents se rapprochent de l'autonomie, nos ambitions concernant les niveaux d'achat doivent être revues à la baisse et les cours à la hausse. A écouter des gens comme Petties, ne risquons-nous pas de rater le coche du pétrole et de l'uranium ? Ma priorité reste donc de surveiller la bonne santé de la Chine et de ne pas hésiter à acheter des matières premières essentielles ...

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 19:11
Par Jean Christophe Bataille

Examinons les marchés baissiers des 3 grandes crises du crédit des 100 dernières années en utilisant des données ajustées de l'inflation selon les IPC officiels. Nous observons que si nous sommes à la 9eme année d'évolution de la crise, le SP 500 a rejoint les courbes des grands bears markets. Nous sommes à 42 % de baisse en monnaie constante.



http://dshort.com/charts/bears/mega-bear-2000-extended.gif

Maintenant observons ce qui se passe si nous considérons les données en nominal non ajustées de l'inflation :


http://dshort.com/charts/bears/mega-bear-2000-nominal-extended.gif

Le SP 500 n'est qu'à 28 % de baisse par rapport au début de la crise en 2000. Nous constatons que la courbe du SP 500 évolue plus haut et avec plus d'amplitude. Quelle autre raison peut-on invoquer pour expliquer cette évolution à part l'action puissante et immédiate des autorités monétaires qui contrent systématiquement les forces déflationnistes issues de l'endettement depuis 2000 ? La dépression en cours n'a-t-elle pas moins valorisé le dollar que dans les dépressions précédentes ? Cela parait évident puisqu'il faut beaucoup plus d'argent pour acheter les indices après 10 ans de crise. Force est de constater que l'action de Greenspan et de Bernanke a réussi à contrer en partie les dépréciations d'actifs en monnaie courante. La puissance de l'action des autorités monétaires s'est fortement accrue en 2008-2009 avec le crise du crédit. Ce dernier point nous autorise à penser que la baisse des actifs sera au moins aussi limitée en nominal par l'inflation monétaire sous-jacente. C'est ce qui me fait dire depuis un an que le CAC aura énormement de mal à baisser sous 2400 voire éventuellement un seuil plus élevé désormais, les dernières mesures non conventionnelles et les effets du carry trade occasionnant une dévalorisation monétaire supplémentaire. Si on considère que la valeur du CAC de 1991, date que l'on peut considérer comme étant le tout début de la bulle actuelle du crédit, soit 1500, équivaut à un CAC à 2000 ajusté de l'inflation en 2007, on peut imaginer que le CAC de 1991 équivaut après les productions monétaires récentes à un CAC à 2400 en 2010.

Pour répondre à une question qui m'a été posée récemment, le secteur des actifs les plus tangibles et rares comme l'or, le pétrole et certaines matières premières, va voir ce phénomène largement amplifié et nous permettre des niveaux d'intervention à l'achat encore plus élevés en nominal, autour de CAC 3000-3400. Ceci d'autant plus que ces acquisitions sont sécurisées par leur fort potentiel de croissance à long terme.


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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 08:00
Par Jean Christophe Bataille

On a beaucoup parlé de déflation ces deux dernières années dans les milieux alternatifs de l'Internet. Si la tendance à l'appréciation temporaire des monnaies liée au deleveraging a été réelle, celle-ci sera de courte durée. Nos monnaies papiers n'ont cessé de se dévaloriser depuis 50 ans.

Intéressons nous à l'évolution des prix depuis le début du siècle dernier et étudions le graphique suivant :



Que constatons-nous ?

1. Il n'y a eu aucun épisode déflationniste depuis les années 50 mis à part celui que, selon les sources officielles, nous serions en train de vivre.

2. En 2008-2009, l'indice des prix n'a pratiquement pas baissé par rapport à ce qui a été observé lors des véritables déflations de 1870 à 1950.

3. Si on utlise la méthode de calcul de l'indice des prix en vigueur avant les années 82 (courbe grise), il n'y a pas eu de déflation en 2008-2009 mais une simple désinflation.

La conclusion est évidente. Nous vivons depuis 50 ans dans un monde profondément inflationniste. L'abandon des réserves pleines pour les réserves fractionnaires n'a fait qu'accentuer le phénomène. Chacun d'entre nous a été surpris de la hausse des prix consécutifs à l'avènement de l'euro sur un bon nombre de produits de consommation de base alors que les chiffres officiels de l'indice des prix annoncaient un taux d'inflation annuel autour de 2%. Cette divergence tient au fait qu'en fonction de la pondération des différents éléments composant l'indice des prix, on peut tout dire et son contraire.

Si nous considérons l'évolution intuitive des prix en Europe. Avons nous le sentiment que les produits de consommation courante sont moins chers qu'hier ? Non. Tout au plus observe-t-on un arret de la hausse des prix.

Observons les prix du pétrole depuis 2000 en or, en euros et en dollars :





Si on prend le métal comme référence de la stabilité des prix, il apparait là encore très clairement que le dollar et l'euro se déprécient beaucoup plus par rapport à l'or que ne le montrent les indices des prix officiels A l'évidence, la pente moyenne calculée du dollar par rapport à celle de l'or est bien supérieure à 2%.

Nous vivons donc dans un monde profondément inflationniste. La raréfaction des ressources énergétiques non renouvelables, l'accès au developpement des pays émergents et l'accentuation de l'excès de production monétaire initiée pour contrer les effets du désendettement en cours sont amenées à aggraver considérablement cette tendance. Une fois les effets de la désinflation actuelle effacés, nous assisterons à une montée des prix puis des salaires qui va laminer les avoirs de tous les créanciers à taux fixe et à une stagnation de la croissance qui dévalorisera les actifs en monnaie constante.

Le blog Futures est stagflationniste. Nous pensons que toute stratégie patrimoniale déflationniste est condamnée à l'échec à moyen terme. Les conditions monétaires du début du XXeme siècle n'existent plus. Renforcer or, pétrole et certaines matières premières à la baisse dans les portefeuilles est devenu absolument fondamental.



Crédits : dshort.com - ShadowStats.com - Bloomberg

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 08:52
Par Jean Christophe Bataille.





J’ai lu il y a quelques temps un commentaire sur un blog accusant une fois de plus les banques centrales d'avoir injecté de la monnaie dans l’économie sans obtenir le moindre effet positif sur la crise actuelle. Les différents soutiens au système bancaire porteraient atteinte à une doctrine libérale poussée à l'extrème selon laquelle l’action de l’état doit être réduite à sa portion congrue. Le FMI serait l'un des bras armés d’un interventionnisme forcené qui réclamerait une régulation financière inutile et injustifiée.

Il s'agit d'un débat qui commence à dater mais ces affirmations encore renouvelées me laissent perplexe. Imaginons un instant que les banques centrales et les états n’aient pas alimenté en liquidités le système bancaire après la chute de Lehmann Brother …  L’ensemble des banques américaines et européennes aurait fait faillite. Ce qui veut dire que les créanciers chirographaires que nous sommes, hormis ceux qui déposent leur argent à la poste en même temps que leur courrier, auraient perdu tous leurs avoirs.  Nous aurions donc eu le plaisir de voir l’économie s’effondrer dans un grand brasier séculaire ! Une apurement quasi instantané de toutes les dettes ! Mais à quel prix ... Comme en 1930, des queues interminables se formeraient devant les banques de dépôts, trouver un job serait impossible et la consommation pourrait se réduire, en cas de crise majeure, à sa plus simple expression dans des villes colonisées par de nouveaux pillards qui n’auraient plus rien à perdre. Le contexte social actuel et l’état des banlieues occidentales s’accommoderait très mal de cette descente aux enfers, avec toutes les conséquences que cela implique dans des sociétés où la violence a parfois du mal à être contenue …  Pour les gens encore debout, obtenir un crédit serait incongru et les détenteurs de cash, vautours de ce charnier monétaire, achèteraient des biens de qualité en triple solde en disant merci à Schumpeter pour l’établissement de cet ordre nouveau.

Les déflationnistes parlent de faillite organisée des banques. J'avoue ne pas comprendre. Quand on fait faillite on disparait, on lèse clients et founisseurs. Sinon on est ni plus ni moins dans la configuration actuelle. A ceux qui souhaitent un vrai « credit crunch », je conseille la lecture ou la relecture des « raisins de la colère » de Steinbeck pour bien comprendre ce qu’a été la période déflationniste des années 30.

Qu’observons-nous aujourd’hui ? Les passants que nous croisons dans la rue ont-ils l’air malheureux ? Non ! Car l'effondrement de l’économie par disparition du système bancaire à fort heureusement été évité. Et je gage que ce système continuera à être soutenu quel qu’en soit le coût pour les monnaies. On parle souvent de la crise japonaise et de la décennie perdu mais le Japon n'a fort heureusement pas subi ce qu'ont vécu les américains dans les années 30. Les mesures prises ont évité l'effondrement total de l'activité japonaise même si la BOJ a fait des choix discutables et à tardé à élargir son bilan. Dans la crise actuelle, l'ampleur de la dette globale maintiendra la croissance à un niveau anémique en occident mais l’économie ne repartira pas de zéro et les émergents finiront un jour par découpler. Les acteurs privés occidentaux épargnent et ont entamé un désendettement qui devrait être facilité par une dépréciation salutaire des monnaies sanctionnant une époque durant laquelle les conditions régulant les échanges commerciaux, les distorsions de change et les parités fixes avec la monnaie chinoise n’ont généré que délocalisations industrielles et endettement insupportable en Europe et aux USA.
 
Je ne dis pas non plus que tout est rose. Les hommes politiques nous ont aussi gratifiés de leur lot de bêtises ou de compromissions. Que faut-il regretter ? A mon sens, que les banques n’aient pas été nationalisées temporairement. Le contribuable serait sorti gagnant du bail out et un système de régulation orientant l’argent injecté plus directement vers l’économie aurait été mis en place. Ensuite les plans de relance à la consommation ne servent à rien et reportent une rechute de l’activité que nous ne manquerons pas de constater à l’échéance de six mois ou un an.

On peut être libéral, mais pas à n’importe quel prix. Je continue de croire que l’état a son rôle à jouer. La communauté des nations doit amener certains émergents en bonne santé à réévaluer rapidement leur monnaie et à rejoindre le système de change flottant. Et si les années à venir promettent d’être difficiles, si le désendettement se réalise très lentement, si les mutations nécessaires sont douloureuses, les états et les banques centrales ont tout de même évité l’apocalypse prôné par certains.

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 23:32
Par Jean Christophe Bataille




L'once d'or a atteint 1192 $ hier soir. Combien valait 1192 $ en 1980 année de la bulle de l'or : 492 $.

En sachant que l'or est monté en 1980 à 850 $ pour redescendre le mois suivant à 682 $, cela voudrait dire que l'or pourrait monter en cas de bulle similaire à 2230 $ pour redescendre le mois suivant à 1789 $.

Quel aspect avait la courbe de l'or à 492 fin 79 ? Plutot assez proche de celle d'aujourdhui à 1192 $ son équivalent en monnaie courante comme le montrent les deux cercles sur le graphique.

Bien évidemment l'histoire bégaie mais ne se répète pas mais si la bulle de l'or est enclenchée, il est possible que nous atteignons des sommets en un mois ou deux.

Tout le problème est de savoir si l'ascenseur est en marche ou si au contraire il risque de caler. L'effet d'entrainement de la montée rapide des cours relayée par les médias et le rachat de panique des shorts accumulés sur l'or rend en tout cas cette issue possible. Regardons le graphique que je vous ai montré dans mon article précédent sur l'or mais dans sa partie la plus récente.




La courbe est plus horizontale car nous utilisons une échelle de temps plus courte. Mais nous constatons que le prix de l'once atteint le sommet de son canal ascendant long terme. Nous sommes en droit de penser que si la borne haute de ce canal est nettement franchie et que si l'or ne consolide pas, la bulle attendue sur l'or est en cours de formation. Dans le cas inverse, l'or va consolider puis continuer à évoluer dans son range long terme pour encore quelques temps.

Quelle stratégie pourrions nous mettre en place pour ne pas rater l'occasion de prendre l'ascenseur de l'or ?

Le Gold index finit la journée à 1188.90 $. Le niveau de 1192 $ apparait donc comme une résistance graphique claire à sa progression. Nous allons voir demain si celui-ci se confirme. Si c'est le cas et si ce niveau est franchi en clôture dans les jours suivants, il pourrait devenir très intéressant d'investir la partie spéculative de ses avoirs en turbo call Gold en placant un stop loss serré vers 1175 $. En levier 3 ça ne fait jamais que 5.55 % de perte acceptée.

Bon trade !

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 18:35
Par Jean Christophe Bataille





Je parle depuis plusieurs mois de tendances et explique fréquemment qu'un investissement ou une spéculation a plus de chance de réussir dans la tendance que contre elle, ceci quelle que soit l'unité de temps. Ca ne veut pas dire que chercher à identifier un retournement est une activité sans intérêt. Cela signifie que cette dernière forme d'investissement ou de spéculation a moins de chance de réussite. C'est ce que les anglo-saxons résument par le postulat "Trend is your friend". La question que vous vous posez, une fois ce principe admis est celle de savoir dans quelle tendance se situe un marché. Au risque de déplaire à bon nombre d'analystes techniques, dès que je veux définir une tendance moyen long terme, mon instrument préféré n'est pas le panel d’indicateurs exhibés régulièrement dans les différents articles sur la bourse mais le simple bon sens. Cette conviction m'est venue au fil du temps : trop de technicité tue l'intuition et la réflexion. L'indicateur ne vaut que pour les informations qui ont servi à l'élaborer, pas pour le chiffre qu'il fournit.
Pour exemple, étudions une tendance longue :

La tendance longue de l'or.

On me demande souvent pourquoi je suis haussier sur l'or à long terme. Je fournis alors une première réponse : parce que ca fait 8 ans que ça dure ! Vous voyez, c'est plus simple qu'on ne le croit et c'est imparable ! La tendance est haussière, c'est un fait. Quand va-t-elle s'arrêter ? On s'en fiche pour l'instant car la tendance longue est définie. Je peux donc investir avec des véhicules long terme comme l'or physique dans cette tendance et j'en profiterai tant que celle-ci durera. Là encore, c'est très simple.

Vous aller me dire qu'il est fondamental de savoir combien de temps nous devons rester positionnés. Effectivement mais la question à se poser n'est pas de savoir quand la tendance va se retourner mais quelles raisons pourraient la pousser à changer parce que bien évidemment nous ne faisons pas partie des décideurs planétaires et en l'occurrence, c'est d'eux que dépend ce changement, pas de nous. Toute prévision de temps et de niveau est donc extrêmement difficile à appréhender car cela consisterait à prédire les décisions que pourraient être amenés à prendre des gens dont on ne connait pas les intentions. En revanche, on peut assoir nos prévisions sur l'intérêt qu'ils ont à prendre certaines décisions ou les contraintes qui peuvent les conduire à telles ou telles actions .

Raisonnons sur les faits. L'or grimpe parce que de la monnaie a été émise en excès sous forme de crédits. La monnaie doit être produite proportionnellement à l'évolution de l'activité économique. En cas de création monétaire excessive, le prix des biens monte artificiellement et la monnaie se déprécie. L'or qui est l'actif tangible par excellence, est réparti un peu partout dans le monde et son volume global évolue très peu. Son antique caractère monétaire et son identité de métal précieux en font un des recours principaux avec les matières premières contre cette dévalorisation lente des monnaies. Quand la tendance haussière sur l'or disparaitra ? Tout simplement quand les raisons que je viens d'exposer disparaitront, c'est à dire quand les décisions des hommes politiques et des banques centrales iront dans le sens d'une revalorisation des monnaies fiduciaires. On peut en lister quelques unes : montée des taux courts, arrêt des mesures non conventionnelles, retour d'un système monétaire à réserve pleine, réduction des injections de liquidités dans le système bancaire, arrêt des soutiens à la croissance, etc ... Je pense personnellement que la bonne décision à prendre serait de réduire les distorsions paritaires puisque ce sont elles qui sont à l'origine de la surproduction de monnaie en occident, mais ce n'est pas le débat. Je fais le pari que tout ça n'est pas pour demain puisque cette valorisation normale des monnaies implique une déflation, c'est à dire une dévalorisation faciale de tous les biens. Je fais ce pari que l'inflation monétaire va se poursuivre parce qu'il y a beaucoup plus de biens que de cash dans le monde et que les décideurs sont dans l'immense majorité des cas des possédants. Rajoutons à cela que comme beaucoup de gens, ils se sont endettés et que pour eux une spirale déflationniste, ce sont des mensualités qui restent fixes, un revenu qui baisse et la valeur faciale du bien acquis qui s'effondre. Je fais enfin ce pari parce que l'histoire a prouvé, en particulier dans les années 30, que le malheur des riches ne faisait pas le bonheur des pauvres, au contraire ! La baisse d'activité qui accompagne une déflation est terrible. Comment imaginer dans ces conditions que les décisions politiques vont changer ?
Voila comment je définis la tendance longue de l'or : par une réflexion basique, sans étude de courbes compliquées ni indicateurs sophistiqués. Je ne sais pas si c'est la meilleure mais c'est celle qui me convient. Et je sais qu'historiquement toutes les grandes crises se terminent avec des monnaies dans un tel état que l'once d'or vaut presque le Dow Jones. C'est l'horizon que je me suis fixé.

Si nous raisonnons sur une unité de temps plus courte, la tendance haussière de l'or peut être émaillée de replis. Il faut alors reprendre le même type de raisonnement pour en déduire les causes et les échéances approximatives. Celles-ci sont bien évidemment différentes de celles évoquées à échéance plus longue.

Pour les lecteurs qui veulent bien se prêter à ce jeu dominical, quelle tendance imaginez-vous pour les indices actions l'an prochain et quel raisonnement vous permet de la définir ?

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 14:21
Par Jean Christophe Bataille






Charles Gave a mis en avant tout récemment le caractère élevé du ratio Cash Flow cumulé / PNB et la bonne santé de bon nombre d'entreprises américaines. C'est en effet cette capacité des sociétés à conserver leurs marges d'autofinancement qui rassure les investisseurs. Pour Wall Street la reprise économique est faible et va probablement continuer à etre soutenue par les banques centrales des pays du G7 qui vont maintenir leurs politiques monétaires accommodantes. "Compte tenu de l'affaiblissement des systèmes bancaires, le processus de reprise a besoin d'une hausse des prix des actifs pour que la dynamique fonctionne", écrit JPMorgan AM. Cette situation risque d'être entretenue par les décideurs politiques et bancaires aux USA. L'inflation est peu élevée pour l'instant et les marchés du travail sont peu porteurs. Tous ces éléments constituent, pour les opérateurs de Wall Street, un environnement favorable à de nouveaux gains de productivité et une nouvelle poussée d'appréciation des marchés actions des grandes sociétés internationales dont les structures s'adaptent au nouveau contexte.

La santé financière des entreprises s'appuie cependant sur des dégraissages massifs et une adaptation rapide au contexte depressif. Cela n'empechera pas les déconvenues lorsque les chiffres d'affaires diminueront si, comme nous le pensons, nous nous acheminons vers une dépression en  L ou en W. Les volumes de ventes resteront au mieux stables et au pire décroitront. La préservation des marges ne suffira pas. Le cercle vicieux du chomage, le nécessaire désendettement des acteurs privés et des états, la hausse inévitable de la pression fiscale et la baisse d'activité qui risque d'en découler ne peut alimenter la croissance des volumes d'affaire des sociétés. Que l'on soit déflationniste ou stagflationniste, force est de constater que le potentiel de croissance économique occidental n'est pas bon. Les émergents ne disposent pas aujourd'hui d'un niveau d'activité apte à faire grimper les PIB occidentaux par leurs achats. Ceci d'autant que leur volonté actuelle est de développer leur marché intérieur. Tout au plus parviendront-ils à augmenter la consommation de matières premières et à en faire grimper les prix après des années de sous-investissement.

Dans un premier temps la stagnation ou la baisse des chiffres d'affaires empechera toute velleité de franchissement du niveau 4200 par le CAC et 1250 pour le SP 500 mais tant que les investisseurs n'anticiperont pas une nouvelle baisse des PIB mondiaux les cours ne plongeront pas. Ce moment pourrait toutefois survenir plus tôt qu'on ne le croit.




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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 22:19

Par Jean Christophe Bataille

 

 

 

Le fait que le métal jaune monte sans discontinuer surprend bon nombre d’analystes et suscite parfois des regrets chez les épargnants qui n’en ont pas acheté auparavant. Il faut se rendre à l’évidence, depuis quelques mois, l’or consolide très peu et ne laisse aucune occasion aux investisseurs d’acheter ou de renforcer leur position à bon prix. Les banques centrales des pays émergents se ruent sur le métal jaune dès la moindre baisse pour trouver un substitut au dollar dans leurs réserves de change. L'or a retrouvé son statut de monnaie et évolue désormais comme tel.

Y aura-t-il un meilleur point d'entrée sur l'or ? Au risque de me tromper, je pense qu'une consolidation significative peut se matérialiser bien que l'évolution récente des cours ait fait exploser les résistances les unes après les autres. La première raison est que la plupart des opérateurs sont longs sur l'or et shorts sur les obligations. L'histoire boursière nous apprend que le consensus est souvent pris à contre pied. L'esprit contrariant y trouvera une raison d'attendre pour acheter à meilleur compte. Ensuite, il y a de fortes chances pour qu'une baisse importante des marchés actions avec renforcement du dollar et montée violente de l'aversion au risque surviennent et fasse trébucher l'or temporairement. Il parait en effet peu probable que les marchés actions ne corrigent pas franchement dans les deux ans. La fenêtre de tir sera toutefois étroite et l’or ne retrouvera pas ses plus bas de 2008. Si nous pensons que le CAC a un potentiel de baisse maxi autour de 2400 points, l’once d’or peut sans doute redescendre vers 900 dollars voire moins. Bien évidemment, rien n'est jamais certain et si le gold index ne redescend pas sous les 1000 dollars, les épargnants qui n'en ont pas acheté ne profiteront pas de l'évolution future du métal jaune. Mais faut-il acheter de l'or actuellement quand ceux qui s'y sont interessés tôt l'ont acheté entre 300 et 400 dollars l'once ? Et si l'or ne consolide pas, n'est-il pas préférable de profiter de son cash dans une éventuelle chute des marchés pour acheter d'autres actifs moins bien valorisés comme les valeurs pétrolières et parapétrolières que d'acheter le métal au prix fort ?  A chacun de faire son choix : prendre le train en marche ou changer de train ...

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